Super Cruise de Cadillac : on découvre la prochaine étape de la mobilité

QUÉBEC, Québec – Je file à 110 km/h sur l’autoroute 20 Ouest à la hauteur de Kamouraska, dans le Bas-St-Laurent. C’est un jeudi après-midi comme les autres, avec un peu de pluie pour bien faire.

Mais contrairement à ce que vous êtes en train d’imaginer, mes mains ne sont pas sur le volant et mes pieds ne touchent à aucune pédale. La Cadillac CT6 2018 dans laquelle je me trouve se déplace toute seule en suivant le rythme du trafic.

Pendant deux heures, passant par Saint-Jean-Port-Joli, L'Islet-sur-Mer et Montmagny, la voiture n’a qu’un but : rester au milieu de sa voie d’autoroute en gardant une distance sécuritaire avec les autres véhicules. Si l’expérience est surréelle, le système de conduite semi-autonome de Cadillac, appelé Super Cruise, est bien réel.

Super Cruise, c’est quoi au juste?

Cadillac propose le Super Cruise avec sa berline porte-étendard CT6 (de série en version Platinum, optionnel en version Haut de gamme Luxe), mais selon Harry Ng, directeur des produits de la marque au Canada, il sera disponible avec l’ensemble de la gamme ainsi que dans d’autres véhicules de General Motors d’ici 2020.

Il s’agit du premier véritable système de conduite mains libres de l’industrie, du moins pour les déplacements sur l’autoroute. C’est comme un régulateur de vitesse super intelligent appuyé par un système de maintien dans la voie et des caméras couvrant 360 degrés. Il y a ensuite une caméra de surveillance du niveau d’alerte du conducteur et une technologie cartographique LiDar bonne pour tout le continent nord-américain. Super Cruise va au-delà des autres systèmes de conduite semi-autonome sur le marché, dont le pilotage automatique de Tesla, l’Assistant de régulation de distance DISTRONIC actif de Mercedes-Benz, ProPILOT Assist de Nissan et Pilot Assist de Volvo.

Pour l’activer, c’est simple. Une fois embarqué sur une autoroute à accès limité et l’icône de volant blanc affichée sur l’ordinateur de bord, on appuie sur le bouton Super Cruise qui se trouve sur le côté gauche du volant. Ladite icône devient verte, tout comme la partie supérieure du volant. Quand le système est en marche, il analyse la route et ses environs sur une distance allant jusqu’à 2,4 kilomètres afin de pouvoir négocier les courbes et les côtes. Si un changement de voie est requis, on signale notre intention et on effectue manuellement l’opération. Le volant s’illumine alors en bleu et il passe à nouveau au vert quand la voiture se stabilise dans la nouvelle voie, indiquant que le Super Cruise fonctionne et qu’on n’a plus besoin de toucher aux commandes.

Tel que mentionné plus tôt, on doit quand même rester attentif à la route, puisqu’une caméra infrarouge au-dessus du volant suit les mouvements de notre tête pour s’assurer que les yeux sont dirigés au bon endroit. Par contre, il n’y a pas de durée limite : tant qu’on se conforme au système, on peut rouler des heures sans rien toucher.

Si l’on penche la tête pour regarder notre cellulaire, par exemple, la barre lumineuse sur le volant se mettra à clignoter en vert, puis en rouge si on ne réagit pas. Même chose si l’on se tourne vers notre copilote pendant plus de quatre secondes… comme si la voiture devenait jalouse. Devant un refus d’obtempérer, un signal sonore retentit ou le siège à alerte de sécurité vibre. J’ai fait le test et je peux vous dire qu’on ressent à ce moment un mélange de peur, de confusion et de fascination.

Quelles sont les limites?

Plusieurs programmes conçus pour démontrer le fonctionnement de la conduite semi-autonome ont lieu sur un circuit fermé, mais celui-ci s’est déroulé sur de vraies autoroutes grâce à la cartographie en 3D. En passant, l’autoroute en question doit avoir plusieurs voies et un marquage visible; autrement, le système se désactive et nous avertit en faisant clignoter la lumière sur le volant et en envoyant une vibration.

Il peut y avoir un problème lorsque les lignes sur l’autoroute changent sans qu’on s’en aperçoive. De plus, le système détecte si notre tête est bien orientée vers la route, mais il ne peut pas savoir si on est vraiment attentif ou si on est perdu dans nos pensées. Pourra-t-on réagir à temps advenant un obstacle ou encore si le système se désactive avant une courbe? À quelques reprises, j’ai fait exprès de regarder le fossé, mais le fossé ne m’a pas averti en clignotant.

Nonobstant ces brefs moments d’inattention, le Super Cruise de Cadillac a rempli sa promesse de me faire voyager de façon confortable et sécuritaire, et ce, pendant les deux heures où il est resté en fonction. Les seules pauses ont été provoquées par des chantiers de construction et un marquage effacé. Je ne l’ai jamais désactivé en appliquant les freins et la voiture a ralenti d’elle-même quand la circulation s’est densifiée à l’approche de la ville de Québec. Bien que j’aie pu relâcher les bras et les jambes, mon esprit est quand même resté passablement occupé, craignant que le volant se remette à clignoter et le siège, à vibrer.

En a-t-on besoin?

Tout ça pour dire que le système Super Cruise n’est pas aussi relaxant que les gens de Cadillac Canada veulent nous faire croire. Il faut demeurer attentif à la route en tout temps, alors la grande question se pose : est-ce vraiment utile?

La réponse, évidemment, est non. Mais combien de gadgets à bord des voitures le sont de nos jours? Les constructeurs automobiles rivalisent pour mener la prochaine étape de la mobilité urbaine et leurs systèmes de conduite semi-autonome font avancer la technologie jusqu’au jour où les véhicules pourront communiquer entre eux et avec les infrastructures, ce qui permettra de sauver bien des vies sur les routes.

Il y aurait un danger pour ceux qui textent ou parlent au téléphone au lieu de se concentrer sur la route, mais au moins avec le Super Cruise de Cadillac, la voiture nous alerte de manière visuelle, auditive et physique quand on détourne notre attention et ne réagit pas, pouvant même freiner jusqu’à l’arrêt complet et aviser un conseiller OnStar.

Le système n’est pas parfait, mais l’humain derrière le volant non plus. Cadillac se positionne comme un chef de file de la conduite semi-autonome avec le Super Cruise en y allant de redondances pour maximiser la sécurité. Il ne se fait rien de mieux dans l’industrie à l’heure actuelle et les choses vont encore s’améliorer d’ici 2020 quand d’autres véhicules de GM emboîteront le pas.

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