Volkswagen Touareg, les temps sont durs

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2009

Il n’y a à peu près pas une page de ce guide qui ne parle pas des prix de l’essence à la hausse. Normal, quand on sait à quel point notre économie est basée sur ce précieux liquide… Et plus son prix augmente, plus on se rend compte que notre budget familial est en grande partie, lui aussi, tributaire de l’essence. Un premier réflexe a été de modifier notre façon de conduire. L’autre moyen d’économiser est de changer de véhicule pour un plus petit. Le problème, c’est qu’en étant le plus gros véhicule d’un manufacturier, il y a un fort risque d’être délaissé.

Le Touareg est le plus gros véhicule, en terres nordaméricaines, de Volkswagen. Et il n’a plus la cote. D’autant plus que cette année, le Tiguan, un VUS compact, se montre fort réussi et peut être une belle solution de rechange. Pire. À moins d’avoir à franchir des obstacles vraiment imposants ou d’avoir à remorquer des charges très importantes, la Passat familiale 4Motion peut très bien faire l’affaire dans la majorité des cas.

V6 TDI à la rescousse

On comprend donc que le Touareg ne fait plus le poids, malgré ses 2 350 kilos bien pesés. Cette année, pour pallier très rapidement à la situation, Volkswagen a pris la sage décision de ne plus offrir le modèle à moteur V8 qui, de toute façon, n’était pas vraiment intéressant par rapport au V6 et qui commandait autant de liquide que les chutes Niagara. D’un autre côté, et il semblerait que ce soit bien vrai cette fois-ci, le Touareg renfermera un V6 TDI dès le printemps prochain. Ce moteur est un 3,0 litres déjà existant en Europe. Il n’est pas des plus puissants avec ses 225 chevaux mais, comme tout diesel, il propose un couple très élevé de 406 livres-pied dès 1 750 tours/minute. Associé d’office à une boîte automatique à six rapports et à un rouage intégral efficace, ses capacités de remorquage et en hors route doivent s’élever à des niveaux de compétence très élevés. Nous parlons au conditionnel, n’ayant pas encore en main, au moment d’écrire ces lignes, les dernières données techniques.

Pour l’instant, le V6 de 3,6 litres continue sa route avec nous. Sa puissance et son couple lui permettent de fournir des performances très, très correctes pour la catégorie car cette grosse machine effectue le 0-100 en moins de neuf secondes ! Souple et silencieux, ce V6, bien que moins soiffard que feu le V8, n’en est pas moins très doué pour le lever du coude. En conduite normale, il engloutit volontiers son quinze litres d’essence super tous les cent kilomètres. Quelques essais d’accélérations et de reprises ont tôt fait de lui stimuler davantage le gosier ! Ce V6 est couplé à une transmission automatique à six rapports au fonctionnement sans reproches sauf, peut-être, une certaine brusquerie lorsqu’elle rétrograde en montant une côte. Elle est munie d’un mode manuel qui autorise des montées en régime pour assurer plus de compression et ainsi économiser les freins quand une remorque est tirée. D’ailleurs, le Touareg peut tracter jusqu’à 3 500 kilos (7 716 livres).

À l’usine, il reçoit un rouage intégral des plus compétents. Bien qu’il ne puisse se mesurer aux Land Rover, Hummer et Jeep de ce monde sur les sentiers parsemés de gros cailloux, il peut tenir son bout de chemin bien plus longtemps que plusieurs autres VUS de la même catégorie. Par ailleurs, dans le sable, il est sans égal. Et il s’avère encore plus redoutable s’il est équipé de la suspension pneumatique… qui vient avec un groupe d’options de plus de 8 000 $ ! Pour obtenir le différentiel arrière bloquant, ajoutez un autre petit mille dollars. Tant qu’à aborder ce sujet, crevons l’abcès tout de suite. Si on se laisse tenter par toutes les options qui sont proposées, on risque fort de se retrouver avec un véhicule de plus de 65 000 $, qui ne devrait pas trouver preneur facilement dans quatre ou cinq ans… La location, pendant qu’elle est encore offerte chez Volks à un taux abordable, pourrait être une solution.

Plaisirs interdits

Sur la route, le Touareg est l’un des véhicules les plus plaisants à conduire, toute catégorie de VUS confondus. La puissance est toujours là, sous le pied droit. Dans les courbes, cette grosse masse affiche une prestance étonnante. Même en mode confort, la suspension ne s’écrase pas à la vue de la première courbe. Alors, imaginez en mode Sport ! Même à ce moment, le confort est préservé. Il ne faut toutefois pas croire que la différence entre les deux modes soit très marquée. La direction, digne de Volkswagen — précise et correctement dosée — permet un rayon de braquage très court. Les freins, de leur côté, sont solides et n’ont pas peur du travail. Seul l’accélérateur demande un certain temps d’accoutumance. L’habitacle est silencieux, confortable, spacieux et très bien fini. Dans l’un de nos Touareg d’essai, l’intérieur se parait de cuirs et plastiques de couleur crème du plus bel effet. Mais ils se salissaient juste à les regarder !

L’instrumentation qui fait face au conducteur est complète et très lisible tandis que la visibilité ne cause aucun problème majeur, si ce n’est des grands rétroviseurs latéraux, parfaits lorsqu’on tire une remorque mais qui peuvent bloquer la vue, en tournant un coin de rue, par exemple. Les sièges avant font preuve de confort mais le douillet auteur de ces lignes a trouvé ceux d’en arrière un tantinet trop durs. Aussi, leur accès est plus ou moins facile, gracieuseté de puits de roue proéminents. Quant au coffre, il offre beaucoup d’espace et la qualité des matériaux qui le recouvrent est excellente.

FEU VERT

V6 bien adapté
V6 TDI à venir
Capacités hors route relevées
Habitacle confortable
Bien adapté à nos hivers

FEU ROUGE

V6 très gourmand
Prix des ensembles très élevé
Obèse (et aucun régime en vue)
Fiabilité améliorée mais toujours incertaine

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