Kia Rio, surprenant!

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2009

Les Russes sont venus pour apprendre en 1972 et nous montrent aujourd’hui à jouer au hockey. Les Coréens ont fait la même chose en 1984 en présentant la Pony mais ont appris depuis et ne feront plus de gaffes, il en va de leur réputation. Comme pour tous les produits Kia (qui appartient à Hyundai), la qualité n’est dorénavant plus une option et la Rio n’y échappe pas, car on a maintenant droit à une voiture fiable qui rivalise habilement avec les produits japonais. L’actuelle crise pétrolière aidant, les ventes devraient progresser au cours des prochaines années pour cette sous-compacte.

Impressionnant

Difficile de comparer une Rio à une Lexus, il ne faut pas trop en deman der. La conception est bien différente et le prix de vente également. Celui qui paie plus de 50 000 $ pour sa voiture s’attend à un produit de qualité optimale. Par contre, ça ne veut pas dire que moins on débourse d’argent pour une voiture, plus sa fabrication est bâclée. Et c’est précisément ce que se sont dit les gens des chez Kia : « Malgré son prix de vente, la voiture sera de la plus grande qualité possible ». Et c’est ce qui se dégage de la Rio. Le design extérieur est fort réussi, autant pour la berline que pour la hatchback. L’utilisation de plastique n’est pas outrancière et la finition s’avère de haut niveau pour la catégorie. Il faut dire que depuis quelques années, les produits Kia et Hyundai ne cessent de s’améliorer. Pas étonnant que la Rio ait remporté le prix de la meilleure qualité initiale décerné par J.D. Power & Associates.

Autant vous dire tout de suite que notre essai de la Rio ne suscitait pas tellement notre intérêt. Étant habitués à piloter des bolides beaucoup plus intéressants et avec beaucoup plus de technologies embarquées, la petite Rio ne nous attirait pas tellement... Honte à nous car aussitôt assis derrière le volant, la surprise fut de taille. Les
matériaux utilisés s’avèrent de qualité et sont harmonieusement présentés. La finition intérieure est presque irréprochable alors que le niveau d’équipement surprend. On semble avoir également misé sur une équipe dédiée exclusivement à l’ergonomie tellement l’instrumentation est bien disposée. L’espace intérieur est généreux autant à l’avant qu’à l’arrière. La position de conduite se trouve aisément malgré les réglages basiques du siège. L’assise autant que le support latéral se situent dans la moyenne et ne déçoivent en aucun cas. On est loin des sièges de course mais la voiture n’a évidemment pas cette vocation !

La Rio arrive en deux configurations : la berline et la 5 portes, portant respectivement les noms de Rio et Rio5. Les deux modèles offrent des versions de base et Convenience. Cette dernière ne fait qu’ajouter des options esthétiques au véhicule. Quant à la Rio5, elle peut être commandée en livrée Sport qui comprend des roues de 15 pouces, des phares auxiliaires, un toit ouvrant et des freins ABS en plus des coussins gonflables latéraux. Toutes les versions présentent cependant le même moteur, soit le quatre cylindres de 1,6 litre. Jumelée de série à cette motorisation, on retrouve une transmission à 5 rapports et, en option, une quatre vitesses automatique.

Bruyant

Et c’est au moment de faire l’essai de la Rio que nous sommes revenus à nos esprits car à ce prix, il fallait bien que la voiture ait quelques défauts ! Aussitôt en pleine accélération (le champignon au fond), le bruit du moteur est omniprésent dans l’habitacle qui jusqu’à dernièrement nous avait paru très bien insonorisé. Situation qui se produit également lors des reprises 80-120 km/h. Évidemment, avec un si petit moteur, les chevaux rugissent en même temps pour livrer le maximum de puissance ! Les arrêts d’urgence auront aussi été un point faible de la Rio. Et ici il ne faut pas croire que la sous-compacte n’est pas en mesure de faire un arrêt d’urgence, en fait elle le fait très correctement. Sauf qu’elle le fait de moins en moins bien après quelques d’essais. Heureusement, ces défauts ne sont pas irritants et n’affectent la voiture qu’en situations extrêmes, justement là où la majorité des gens n’amèneront pas la Rio.

Malgré ces petits écarts de conduite, cette Kia tire fort bien son épingle du jeu avec des temps d’accélération raisonnables et des reprises dans la moyenne mais qu’on aurait aimé un peu plus rapides. Les freins sont efficaces et l’ajout du système ABS sur la version Sport de la Rio5 vient procurer un élément de sécurité manquant à la version de base. Le châssis rigide de la voiture élimine totalement les bruits de caisse ce qui laisse une impression de solidité. La direction est précise mais l’assistance est mal dosée ce qui la rend lourde, surtout lors des manoeuvres de stationnement. On doit également une fière chandelle aux ingénieurs qui ont réussi à régler la suspension adéquatement pour ce genre de véhicule.

Elle est effectivement très confortable et absorbe très bien les imperfections de la route. La force de la Rio reste son rapport qualité/prix qui s’avère un des meilleurs de la catégorie. Affichées sous les 14 000 $, les versions de base sont les plus intéressantes d’autant plus que l’équipement inclus est assez complet. Par contre, en choisissant certaines options, cet avantage se perd alors que bon nombre de concurrents offrent une fiabilité supérieure et une valeur de revente nettement plus avantageuse. Cependant, avec la garantie de 5 ans et les récurrents incitatifs à l’achat, opter pour une Rio représente un excellent filon.  

FEU VERT

Prix des versions de base
Qualité de finition
Équipement de base complet
Solidité du châssis

FEU ROUGE

Moteur bruyant
Système audio décevant
Embrayage mou
Pneumatiques médiocres

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