Chevrolet Impala, les vertus de la sobriété

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2009

Il ne faut pas avoir suivi de très longues études de marketing pour constater que la sobriété se vend mal. Outre la Société des alcools du Québec, on ne voit pas qui pourrait bien vanter les mérites du « moins, c’est mieux ». Quel intérêt à acheter une gomme qui ne fait pas fondre les gencives tant elle est forte ? Pourquoi acheter de l’eau si la bouteille n’est pas jolie ? Dans une telle société de consommation, comment une voiture comme la Chevrolet Impala peut-elle survivre ?

L'Impala a connu ses beaux jours durant les années 60 et 70. Ensuite, elle a mal survécu à la période du downsizing, alors que les manufacturiers américains s’ingéniaient à réduire considérablement la taille et le poids de toutes leurs voitures (ce qui risque fort d’arriver à nouveau et dans un délai assez court…). En 2006, la berline intermédiaire de Chevrolet était entièrement revue. Désormais plus moderne, elle passe toujours inaperçue, sauf lorsqu’elle est équipée de gyrophares !

On ne peut toutefois pas dire que la carrosserie de l’Impala soit ratée. Elle est sobre, certes, mais elle a au moins l’avantage de ne pas se démoder rapidement. La preuve, elle n’est pas plus moche qu’il y a quatre ans ! L’habitacle est du même moule. Le tableau de bord, d’une sobri été exemplaire, n’en est pas moins agréable à regarder. Les commandes du chauffage et de la radio se retrouvent dans un module placé au centre de la planche de bord tandis que les jauges sont placées dans une nacelle, juste devant le conducteur. La qualité des plastiques s’avère, tout comme le design, assez ordinaire, merci. Les espaces de rangement sont à peu près inexistants mais c’est davantage l’absence de rappel de la position du levier de vitesses sur la console qui étonne. Pour savoir à quelle position la transmission se trouve, il faut consulter le petit écran situé dans le compteur de vitesse. Ce n’est pas dramatique mais on a toujours l’impression qu’il manque un élément sur la console centrale.

De la place !

La position de conduite se trouve facilement et les sièges avant sont confortables. Il faut aussi savoir que l’Impala est l’une des rares berlines à offrir en option une banquette à l’avant pouvant asseoir trois personnes. Tout comme à l’avant, les sièges arrière sont confortables et l’espace, comme partout ailleurs dans l’habitacle, n’est pas compté. Ce n’est pas pour rien que l’Impala est l’une des préférées des policiers ! Sur la plupart des versions, et en option pour les quelques autres, les dossiers de la banquette arrière s’abaissent pour agrandir un coffre déjà très grand. L’ouverture est d’une bonne grandeur mais le seuil de chargement est élevé.

L’impala se décline en versions LS, LT, LTZ et SS. L’an dernier, la LT présentait une sous-série commémorant les cinquante ans de l’Impala. Évidemment, cette édition spéciale ne revient pas cette année. Les LS et LT ont droit à un V6 de 3,5 litres de 211 chevaux, la LTZ à un V6 de 3,9 litres de 233 chevaux et, enfin, la SS à un V8 de 5,3 litres de 303 chevaux. Le 3,5 litres fait généralement l’affaire, mais la plupart des gens lui préfèrent le 3,9 litres. Bizarrement, même si cette dernière n’a pas connu de changements majeurs depuis 2006, l’essai récent d’une Impala a démontré un effet de couple moins important qu’auparavant. La route, l’état des pneus, le conducteur, tous ces facteurs ? Allez savoir. Ce moteur consomme 11,5 litres d’essence régulière tous les cent kilomètres, ce qui s’avère être la moyenne de la catégorie, sans plus. Peut-être qu’une transmission automatique à six rapports plutôt que celle à quatre qui officie présentement améliorerait la consommation tout en autorisant des accélérations plus linéaires.

Par contre, la boîte à quatre rapports effectue un excellent boulot. Sur la route, l’Impala se comporte exactement comme sa carrosserie le laisse croire, c’est-à-dire tout à fait placidement. L’habitacle silencieux et la direction peu précise et, surtout, très peu communicative y sont pour beaucoup. Le châssis s’avère fort rigide, mais il ne donne pas cette impression à cause de suspensions définitivement plus axées vers le confort que vers la tenue de route. Cette grosse traction (roues avant motrices) affiche un certain roulis dès la première courbe prise à un rythme un peu trop élevé. Si l’on pousse l’auto plus que de raison, l’avant a tendance à continuer tout droit. Généralement, la réduction de l’angle du pied droit règle ce problème.

Trop, c’est trop

Alors qu’elle frise le politiquement correct parfait dans la plupart de ses versions, l’Impala se déchaîne avec la SS. Les 303 chevaux du 5,3 litres sont toujours prêts à l’action, et il faut les entendre en plein travail pour apprécier la sonorité d’un V8 américain.

Cependant, 303 chevaux acheminés aux roues avant, c’est beaucoup. Beaucoup trop, oserais-je. Lors d’accélérations ou de vives reprises, il faut tenir le volant à deux mains, sinon on ne sait pas où la voiture pourrait se retrouver ! De plus, malgré des suspensions plus fermes, la SS est loin d’offrir une tenue de route adaptée au moteur. L’impala poursuit sa route sans tambour ni trompette et c’est très bien ainsi. Elle se débrouille fort honorablement que ce soit en termes de conduite, de confort ou de fiabilité. Pour aller du point A au point B sans soucis, elle est parfaite. Enfin, presque. D’ailleurs, n’est-ce pas cela le rôle premier de toute voiture, d’amener les gens du point A au point B ?

FEU VERT

Moteur 3,9 litres bien adapté
Comportement routier sain
Grand habitacle
Confort assuré
Sonorité du V8 enivrante (SS)

FEU ROUGE

Lignes pour le moins banales
5,3 litres trop puissant (SS)
Transmission automatique à 4 rapports seulement
Direction trop assistée
Plastiques peu raffinés

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