Nissan Murano 2009, la puissance du style

Points forts
  • Joli style
  • Transmission CVT bien adaptée
  • Moteur performant
  • Habitacle confortable
Points faibles
  • Direction offre peu de retour d'information
  • Pneus de 20 pouces dispendieux
  • Visibilité 3/4 arrière pauvre
  • Suspensions un peu dures
Évaluation complète

Lancé en 2004, le Nissan Murano fait peau neuve cette année. Dès son arrivée sur le marché, il s’agissait d’un des véhicules les plus typés du paysage automobile.  N’ayez crainte, il est encore plus typé qu’avant et les designers ont su le moderniser sans tomber dans la caricature.  En fait, le Murano fait tourner les têtes et si on se fie au nombre qu’on rencontre sur les routes, il fait aussi tourner l’économie!

Il y a quelques semaines, nous avons fait l’essai d’un Murano LE TI (Traction Intégrale).   D’un beau gris carbone, notre Murano en imposait avec ses rails de toit chromés et noirs et ses gros pneus de 20 pouces (des Toyos G02 Observe 235/55R20).  Si la partie arrière pouvait, à la limite, être confondue avec celle d’un plus prolétaire Rogue, l’avant ne laisse planer aucun doute sur le dynamisme de la carrosserie.  Les phares, surtout, sont allongés et comptent trois feux chacun, outre les feux de positionnement.  On peut aimer ou pas mais force est d’admettre que rien ne ressemble au Murano!

Mariage V6 / CVT

Au niveau de la mécanique, Nissan utilise encore le V6 de 3,5 litres qui officiait dans la version précédente.  Par contre, il développe 25 chevaux de plus, pour un total de 265 tandis que le couple affiche désormais 248 livres-pied contre 244 avant.  Ces augmentations ne sont pas spectaculaires, compte tenu que le poids relativement élevé de 1875 kilos est demeuré quasiment identique à celui affiché par la génération précédente.  La transmission est toujours de type CVT, c'est-à-dire qu’elle est à rapports continuellement variables.  Il n’y a donc pas de rapports comme sur une boîte régulière mais plutôt une infinité, un peu comme sur une motoneige.  Au début, ce type de transmission en rebutait plusieurs mais Nissan est en train de changer les mentalités tellement leurs CVT sont bien adaptées.  Désormais, il n’y a plus cette impression que le moteur tourne toujours à 6 000 tours/minute!  Fait intéressant à noter, sur le Murano cette transmission n’offre pas de mode manuel ce qui, selon moi, n’est pas une grand perte.  Cependant, cet élément est toujours apprécié des gens devant tirer une remorque en région montagneuse.  En passant, le Murano peut remorquer jusqu’à 1587 kilos (3500 livres).  Quoi qu’il en soit, le tandem 3,5/CVT travaille main dans la main.

Une remorqueuse et 45$ plus tard…

Comme mentionné plus tôt, notre véhicule était muni du rouage intégral, le seul offert au Canada.  Les Américains, eux, ont droit à une version à traction.  Même s’il est possible de bloquer  le différentiel pour obtenir une répartition du couple de 50% aux roues avant et autant aux roues arrière, il n’est pas besoin d’être un devin pour comprendre que ce système avantage le Murano dans la neige peu profonde, sur la glace ou sous la pluie mais qu’il ne faut pas tenter de suivre un Jeep Wrangler.  D’ailleurs, dans un but pédagogique uniquement, l’auteur de ces lignes s’est « jammé ben dur » dans un pied de neige.  Et différentiel barré ou pas, le Murano ne bougeait plus d’un millimètre.  S’il faut utiliser son intelligence au lieu d’un rouage intégral, pourquoi est-ce qu'il y a des rouages intégraux?

Côté comportement routier, il n’y a pas grand-chose à redire.  Les suspensions indépendantes, montées sur le nouveau châssis, emprunté en partie à l’Altima, font des merveilles.  En virages, la caisse ne penche pas indument et la direction s’avère passablement vive.  Si seulement elle refilait les sensations de la route un peu plus, elle serait parfaite!  Par contre, j’ai trouvé les suspensions un peu dures.  Il faut dire que notre essai s’est déroulé à la fin janvier, un mois traditionnellement peu reconnu pour sa bonté envers nos pauvres petits corps.  Et sur des routes traditionnellement peu reconnues pour leur bonté envers nos pauvres petites bagnoles.

Plus de rose que de noir

Dans l’habitacle, le stylisme est moins éclaté qu’à l’extérieur et reprend plusieurs thèmes vus sur certains produits Infiniti et maintenant Nissan.  Par exemple, cette espèce de clavier  incliné sur le dessus de la partie centrale du tableau de bord.  Même si le design est au goût du jour, on retrouve beaucoup de plastiques noirs et un peu plus de chrome ou de bois égaieraient davantage l’ambiance.  Les jauges sont faciles à consulter et la plupart des boutons se manipulent bien même avec de gros gants d’hiver.  Ici et là, on retrouve quelques espaces de rangement mais la petitesse de ceux situés dans les portières fait sourire.  Toutefois d’ici quelques années, avec l’arrivée de mesures de sécurité de plus en plus contraignantes, les constructeurs n’auront d’autres choix que de diminuer ou carrément éliminer ces espaces de rangement.  Parlant de sécurité, chaque Murano cache six coussins gonflables (deux à l’avant, deux latéraux et deus rideaux).  Suite à l’enlisement de notre véhicule, la lumière indiquant une anomalie avec lesdits coussins n’a cessée d’être allumée dans le tableau de bord.  Très rassurant.  Sans doute avons-nous insulté un capteur situé dans le pare-chocs avant.

La visibilité trois quarts arrière n’est pas fameuse, gracieuseté d’un pilier « C » très joli mais peu pratique.  À l’arrière, le coffre est de bonnes dimensions (de 923 à 2311 litres, selon que le dossier de la banquette arrière est relevé ou baissé) mais le hayon n’ouvre pas très haut et les grandes personnes pourraient se cogner la tête.  Cependant, il faut avouer qu’il y avait toujours de la neige entre les pentures et le toit du véhicule.  En des temps plus cléments, peut-être qu’il lève plus haut.  Le seuil du coffre est assez élevé mais la possibilité de relever les dossiers des sièges au seul toucher d’un bouton venait compenser.  Sous le plancher du coffre, on retrouve des bacs de rangement fort utiles.  Quant au cache-bagage, il est inutilement difficile à manipuler.  Au moins, Nissan ne nous fait pas l’affront, comme d’autres constructeurs, de nous faire payer un supplément pour cet accessoire indispensable.

Parlons essuie-glaces

Notre essai hivernal nous a aussi amené à nous poser quelques questions sur l’efficacité du dégivreur arrière qui semblait toujours peiner à la tache.  De plus, l’essuie-glace arrière, tout comme un étudiant de CEGEP des années ‘80, a passé la semaine complètement gelé, ne dégageant qu’une petite trace.  Tant qu’à y être, mentionnons que l’essuie-glace avant gauche (celui devant le conducteur) laissait une large bande verticale non déblayée, le long du pilier, ce qui réduit la visibilité. 

Le nouveau Nissan Murano a conservé son style qui lui avait apporté beaucoup d’amateurs tout en offrant une mécanique plus raffinée, un équipement relevé à un prix, ma foi, fort réaliste.  Il est certain qu’en optant pour la version la plus dispendieuse (LE TI DVD) à 47 498$, on ne parle plus d’économie mais un modèle SL TI, bien équipé, à 39 348$ devient beaucoup plus intéressant.  À cela, il ne faut jamais oublier d’ajouter les divers frais et taxes…

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