Toyota Tundra 2015: À la guerre comme à la guerre

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2015

Lorsque l’on parle de camionnettes, chaque marque dispose d’une clientèle  aussi fidèles qu’irréductibles, prêts à la défendre corps et âme. Depuis son introduction au début des années 2000, le Tundra a son lot d’amateurs qui n’hésitent pas à prêcher la bonne parole lorsque l’occasion se présente. Pas facile de rivaliser avec les trois constructeurs américains !

Toyota n’a pas ménagé les efforts au fil des années afin d’obtenir sa part du gâteau dans ce lucratif marché. On a étudié les stratégies adverses et on a même déployé différentes stratégies destinées à convaincre les puristes, notamment avec une participation en course NASCAR dans la série des camionnettes, en plus de déplacer la production du modèle au Texas, le berceau des pick-up!

Style robuste à l’américaine
L’an passé, histoire de maintenir le rythme, Toyota a remanié son modèle pleine grandeur. Côté style, le Tundra hérite de lignes un peu plus robustes. La stature du véhicule est bien mise en évidence par une large grille qui est 40 % plus imposante . Le capot sculpté est aussi un peu plus élevé de quelques centimètres alors que les bandes aux DEL intégrées aux phares de jour ajoutent de la modernité.

L’intérieur est aussi beaucoup mieux présenté . Tout est agencé logiquement et est rapidement accessible pour le conducteur. Les matériaux sont de qualité supérieure et l’attention aux détails est en hausse. On remarque une panoplie d’éléments surdimensionnés incluant les poignées de portière, les boutons de la radio, les buses de ventilation et l’immense console centrale qui bénéficie d’un volume d’espace de plus de 23 litres, rien de moins. L’espace à bord est généreux, mais la concurrence en offre plus aux places arrière.

Autant de choix que la concurrence
Le succès d’un modèle pleine grandeur passe bien souvent par le nombre de possibilités offertes. À ce chapitre, le Tundra est dans les normes par rapport à ses concurrents puisqu’il dispose de deux types de rouages (deux et quatre roues motrices), trois types de cabines (Régulière, Double et CrewMax) et trois longueurs de caisse (5,6 – 6,6 et 8 pieds). En tout, vous pourrez opter pour dix versions différentes, dont certaines maintenant très cossues.

Si l'on a retravaillé la présentation globale du Tundra, la mécanique de cette troisième génération n’a rien de nouveau. Le moteur de base est toujours le huit cylindres de 4,6 litres qui produit 310 chevaux pour un couple de 327 lb-pi. Le fer de lance du Tundra demeure le V8 de 5,7 litres qui produit 381 chevaux et un couple de 401 lb-pi. Ce sont tout de même des chiffres supérieurs au V8 de 5,3 litres de GM et au V8 de 5,0 litres de chez Ford.

Si Toyota est dans le coup en termes de puissance, les technologies destinées à maximiser l’économie de carburant sont beaucoup plus déficientes... GM et Dodge ont adopté la technologie de désactivation des cylindres, Dodge propose un moteur diesel et une transmission à huit rapports alors que Ford mise sur son V6 turbo compressé Ecoboost. Au final, le Tundra affiche les chiffres de consommation les moins reluisants. Avec le prix du carburant sans cesse à la hausse, le nerf de la guerre n’est plus seulement la puissance mais bien le rendement à la pompe. C’est assez étonnant de la part d’un constructeur qui domine le marché des véhicules hybrides!

En conduite, la visibilité est excellente, mais on aimerait pouvoir abaisser un peu plus l’assise du siège. On est assis très haut! La direction offre un bon compris, elle n’est pas trop assistée et transmet bien les sensations de la route.

Grâce aux ajustements faits à la suspension, le véhicule est plus stable et l’effet de roulis moins marqué. La capacité de remorquage est en deçà de la concurrence avec un chiffre moyen se situant dans les 9 000 lb. Seule la version à cabine simple et à deux roues motrices peut tirer près de 10 200 lb. En comparaison, le F-150 peut tracter 11 300 lb avec la version à cabine double et quatre roues motrices. Même avec l’ensemble Remorquage, le Tundra ne dispose pas d’un contrôle de frein électrique pour remorque, composante importante et d'ailleurs proposée par Nissan. La seule option est de se rabattre vers des systèmes de marché secondaire. Pareillement pour les miroirs de remorquage, c’est une option vendue par le concessionnaire. Bref, la concurrence fait beaucoup mieux au chapitre des fonctionnalités. C’est surtout à ce sujet que l’on fait le plus de reproches au Tundra. Pour se battre avec les grands, il faut offrir autant.

Le Tundra n’est certainement pas une mauvaise camionnette et représente un effort plus que louable de la part du constructeur nippon. Il est simplement très difficile de rivaliser dans un créneau occupé depuis des décennies par un trio  qui ne cesse d’investir massivement dans ses  produits.

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