Nissan Maxima 2015: Entre l’arbre et l’écorce

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2015

Avez-vous croisé une Maxima sur la route récemment? C’est possible, mais il s’agit d’un événement rarissime car les ventes sont quasiment confidentielles. Pourtant, cette berline intermédiaire presque luxueuse n’est pas dépourvue de qualités, mais depuis l’arrivée sur le marché en 1992 de sa petite sœur l’Altima, tous les efforts pour raviver les ventes de la Maxima ont été sans résultats. Ce fut encore pire quand l’Altima fut dotée d’un V6!

En rétrospective, Nissan s’est carrément tiré dans le pied en commercialisant deux berlines dont les caractéristiques générales étaient plus ou moins les mêmes, toutefois différenciées l’une de l’autre par un écart de prix de plusieurs milliers de dollars. Par ailleurs, compte tenu de son prix frôlant 40 000 $, la Maxima vient jouer dans les plates-bandes de l’Infiniti Q50 qui est à la fois plus prestigieuse et dotée d’un moteur plus puissant. La Maxima se retrouve donc entre deux chaises.

Néanmoins, Nissan n’a nullement envie de se débarrasser de cet échec commercial sur roues. Au Salon de Detroit, on a dévoilé le concept Sport Sedan qui annonce la future Maxima et force est d’admettre que le concept est spectaculaire et vraiment avant-gardiste de par ses formes. Souhaitons que la Maxima, qui devrait être dévoilée en cours d’année, ne souffrira pas trop lors du passage à la production. En attendant, le modèle actuel revient avec aucun changement ou presque.

De l’élégance
La silhouette de la Maxima actuelle nous révèle une voiture aux lignes bien équilibrées dotée d’une ceinture de caisse passablement élevée et d’une partie avant rehaussée par une calandre inspirée de certaines berlines de luxe britannique. C’est sobre, trop sobre même pour permettre à cette voiture d’attirer l’attention des acheteurs potentiels. La section la mieux réussie est l’arrière avec son allure formelle dont certaines lignes font songer aux Bentley. En plus, les passages de roue sont soulignés par de légers renflements qui viennent rompre la linéarité des flancs plutôt plats.

Dans l’habitacle, on prend place dans des sièges vraiment confortables qui soulignent le caractère plus luxueux de la Maxima par rapport à l’Altima. Après tout, avec une telle différence de prix, il faut bien qu’elle se démarque au chapitre du luxe et de la présentation! Et c’est dans la même veine que la planche de bord est totalement différente de celle de l’Altima. Les boutons et diverses commandes sont bien agencés et l’ergonomie exemplaire ou presque. Le volant se prend bien en main en raison de son boudin assez substantiel.

Il faut également ajouter que l’habitabilité est bonne... et aussi qu'il faut se pencher plus que la moyenne pour s'installer à l’arrière. Le véhicule de base est fort bien équipé avec des sièges en cuir, une caméra de recul, des phares au xénon sans oublier la possibilité de commander, par le biais de groupes d’accessoires, le système de navigation et un immense toit ouvrant, entre autres. Par contre, malgré cette débauche d’équipements de série, certains détails de finition et quelques matériaux suspects détonnent dans un habitacle généralement bien fignolé.

Une transmission CVT?

Sans être un devin, je suis persuadé que plusieurs acheteurs potentiels se sont rebiffés lorsqu’ils ont découvert que la seule transmission disponible était une automatique de type CVT. Cette mécanique est souvent associée à de petites voitures économiques et non à une berline grand format. Ce n’est qu’en partie vrai car on retrouve de plus en plus de voitures huppées offrant une telle transmission. Les CVT ont encore mauvaise presse, mais force est d’admettre que Nissan maîtrise fort bien cette technologie et on en a la démonstration avec la Maxima, et on peut toujours se consoler en sachant que l’un des meilleurs V6 sur le marché ronronne sous le capot. Ce V6 de 3,5 litres a fait ses preuves au fil des années. Il assure de bonnes accélérations et reprises sans être trop gourmand en carburant.

Sur la route, la Maxima est douce et silencieuse tandis que sa tenue de route est prévisible et sans surprise. Par contre, sur ma voiture d’essai, l’assistance était trop généreuse à basse vitesse pour devenir trop ferme soudainement. Sans oublier un effet de couple en accélération, une caractéristique qui hante ce modèle depuis des années.

Malgré d’indéniables qualités, cette voiture fait presque tout bien, mais malheureusement, les sensations de conduites sont aseptisées, au mieux. De sorte que les gens optent pour des modèles qui se démarquent davantage.

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