Acura RLX 2015: Entre deux eaux

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2015

Motoriste émérite et constructeur de la sous-compacte la plus prisée au monde, Honda ne semble pas aussi à l’aise quand vient le temps de retenir la clientèle en quête d’une voiture de grand luxe. Les précédents essais ont été des échecs et sans utiliser la même épithète, on peut dire que l’on ne se bousculera pas aux portes pour se procurer le dernier modèle haut de gamme faisant carrière comme le porte-étendard de la bannière Acura sous le patronyme RLX.

Si je devais résumer en un mot mes impressions d’une semaine au volant de cette voiture, je dirais qu’elle est plutôt inintéressante et que son insuccès est pleinement mérité. D’abord et avant tout, ses lignes sont banales et sans aucune originalité et ne permettent pas de la distinguer de n’importe quelle autre intermédiaire. Ensuite, le choix de la traction avant m’apparaît discutable pour une auto qui entend rivaliser avec des modèles comme la série 5 de BMW, la A6 d’Audi ou encore les Mercedes de classe E à traction intégrale. Cette architecture du tout à l’avant va à l’encontre des préceptes de l’agrément de conduite. Voilà deux prises contre la RLX qui, si j’en juge par les annotations de mon carnet de notes, se dirige allègrement vers un retrait sur trois prises, pour reprendre la langue du baseball. À moins que l’on consente à allonger 15 000 $ de plus pour la version hybride SH-AWD beaucoup mieux nantie. En effet, en cours d’année, Acura corrigera légèrement le tir avec ce nouveau modèle d’une technologie assez audacieuse empruntant les quatre roues directrices pour améliorer le comportement routier ainsi que trois batteries, dont deux servent à faire fonctionner un petit moteur électrique relié à chacune des roues arrière.

Quatre roues directrices

Si l’on se contente de la RLX normale, on devra composer avec la sécheresse de l’amortissement et un châssis que la mauvaise qualité de nos routes soumet à rude épreuve. Le bruit qui émane alors du train avant est, soyons polis, désagréable.

Mue par un V6 de 3,5 litres et 310 chevaux (377 combinés en version hybride) faisant corps avec une transmission automatique à 6 rapports (l’hybride en aura 7), cette Acura se débrouille plutôt bien face au chrono avec un 0-100 km/h bouclé en 6,5 secondes. La consommation pour sa part tient sa frugalité du système de désactivation des cylindres qui intervient lorsque la demande de puissance est faible (à une vitesse stabilisée sur l'autoroute par exemple). Dans de telles conditions, la voiture affiche 6,9 litres aux 100 km à une vitesse de croisière. Attendez-vous cependant à voir ce chiffre grimper à 9 litres en moyenne lors d’une utilisation ville et route. 

La présence de roues arrière directrices (comme dans une Honda Prélude d’il y a fort longtemps) aide à compenser l’effet de couple que l’on ressent habituellement dans des tractions. Leur intervention est assez transparente et à part dans les virages serrés à basse vitesse, il est difficile de détecter leur effet sur la conduite. Une direction assez peu informative et une tenue de route très moyenne font partie de tout ce qui rend cette voiture peu intéressante à conduire. La RLX voit son tempérament sage se transformer légèrement si l’on enclenche le mode Sport. Le régime moteur bondit de 500 tours, la direction devient mieux branchée avec moins d’assistance alors que la suspension se raffermit. Le freinage est lui aussi d’une belle efficacité et ne perd pas une miette de sa force de décélération après trois arrêts successifs à haute vitesse.
 
Finition perfectible  
On devine malgré tout que la RLX est plus à l’aise dans un rôle de limousine silencieuse et confortable. Sa floraison d’accessoires de luxe, de gadgets et d’équipements sophistiqués en est la meilleure preuve. La liste est si longue que l’espace nous empêche de nous y attarder, mais notons tout de même que l’avant de la carrosserie a été conçu pour mieux absorber l’énergie si jamais vous heurtiez un piéton. Acura a réuni dans cette voiture tout ce qui existe à l’heure actuelle d’accessoires, certains très commodes et d’autres plus futiles. Détail important, le tableau de bord fort élégant est presque dépourvu de boutons. Ceux-ci sont remplacés par des touches sur le volant contrôlant deux écrans situés sur la console centrale. Leurs ressources sont multiples si l’on arrive à trouver où elles se cachent. Comble de malchance, la voiture prêtée pour cet essai affichait une finition imparfaite avec des panneaux de caisse mal ajustés.

Du côté de l’habitabilité, l’Acura RLX profite de son important gabarit pour offrir des places spacieuses, de grands espaces de rangement et un coffre de bonnes dimensions.

S’il y a une voiture qui laisse perplexe, c’est bien cette berline haut de gamme du groupe Honda-Acura. Sous certains rapports, elle sait se faire apprécier, mais cela ne semble pas suffisant pour contrebalancer ses trop nombreuses faiblesses.

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