Ferrari F12 Berlinetta 2015: Une 911 Turbo laissée en plan

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2015

Chez Ferrari, la F12 Berlinetta joue le rôle de coupé de grand tourisme destiné aux gens riches qui veulent se promener avec grand style et confort. Avant la F12, il y a eu la 599, elle-même tirée de la 550 Maranello qui était alors la deux places la plus conviviale de la firme au cheval cabré. Bien sûr, des puristes se sont offusqués de l’arrivée d’une Ferrari plus civilisée (même si elle conservait une architecture relativement archaïque avec moteur avant et roues motrices arrière).

Mais il est impossible de parler de civisme excessif quand on regarde la fiche technique du moteur de la nouvelle Berlinetta. C’est la Ferrari à moteur avant la plus puissante jamais construite!

Le V12 de 6,2 litres aime les hauts régimes et il livre une cavalerie extrêmement impressionnante de 725 chevaux. Si l'on fait exception des hyper-hybrides qui seront bientôt lancées (toutes à moteur central), c’est un sommet. Pour mettre les choses en perspective, voici une petite anecdote. Dans les enfilades de courbes de la route Maricopa, en Californie, j’étais poursuivi par une Porsche 911 Turbo. Il m’a suffi de faire monter le régime à 6 000 tr/min (sur une possibilité de 8 700) pour laisser la Porsche dans la poussière loin derrière moi. En fait, au deux tiers de son régime maximal, la F12 produit plus de puissance que la Porsche à plein régime. Pas mal pour une machine dite de grand tourisme!

Accélérations variables
Selon Ferrari, la F12 Berlinetta accélère de 0 à 100 km/h en 3,1 secondes, de 0 à 200 en 8,5 secondes, et sa vitesse de pointe est de 340 km/h. Mais, dans la vraie vie, on a enregistré des résultats variables côté accélération. Le plus « lent » était de 3,6 secondes pour le 0 à 100. Le plus rapide était de 2,9 secondes pour atteindre 96 km/h, ce qui s’approche de la Veyron et en ferait la voiture de production à propulsion (roues arrière motrices) la plus rapide jamais construite. Chose certaine, en tout cas, ce n’est pas la puissance ni le couple (un solide 509 lb-pi) qui empêchent la F12 d’accélérer, c’est plutôt la traction. La bête est munie de pneumatiques Michelin Pilot Super Sport très collants, d’une largeur de 315 mm à l’arrière, mais ils sont quand même seulement deux pour transmettre au sol toute la fougue du V12.

Avec autant de puissance disponible d’un simple mouvement du pied droit, le système antipatinage est le bienvenu. Il réduit la puissance livrée aux roues selon différents paramètres : perte de stabilité excessive, survirage combiné à une hausse subite du régime moteur, etc. Le manettino au volant permet de programmer le comportement de la voiture en fonction de la situation de conduite : Pluie, Sport, Course, désactivé. La première position assure une intervention plus marquée pour éviter les dérapages et les pertes de contrôle. Et plus on tourne le manettino, plus on peut faire patiner le train arrière. La dernière position, avec tous les systèmes débranchés, est réservée aux pilotes aguerris.

Parce qu’on n’est pas toujours sur un circuit

Côté suspension, on demeure plutôt du côté de la fermeté même dans la position la plus souple. Mais la F12 offre malgré tout un niveau de confort suffisamment élevé pour rouler toute la journée sans problème si jamais votre jet privé est en panne. L’habitacle est étonnamment spacieux et le compartiment à bagages fort raisonnable. La F12 est dotée d’un régulateur de vitesse à un seul bouton très fonctionnel et facile à utiliser, d’un frein à main qui s’enclenche automatiquement et d’un système de freinage automatique pour les démarrages en côte. En appuyant sur un bouton, le train avant se soulève dans un mouvement majestueux pour vous permettre de franchir les dénivellations sans endommager les précieuses pièces en fibre de carbone qui forment le bouclier Toutes ces caractéristiques ne vous seront d’aucune utilité pour maitriser les 725 chevaux sous le capot, mais vous les apprécierez pour la conduite de tous les jours.

Si la F12 Berlinetta fait partie de votre liste d’achats potentiels (et que vous avez accès à 358 344 $...), sachez que cette voiture n’est pas pour les cœurs fragiles. Il ne faut pas la voir comme une Mercedes SL550 ou une Jaguar XK-R en version plus chic. Même si elle a en commun une architecture avec moteur avant et roues arrière motrices, cette Ferrari est dotée d’une force brute imposante et elle est capable de rivaliser avec tous les supercars à moteur central. Bref, c’est une machine au tempérament ultrasportif.

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