Mitsubishi i-MIEV 2013: Courant de sympathie

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2013

Sans avoir la taille, ni les milliards des plus grandes de ses rivales, Mitsubishi s’est quand même lancée hardiment dans l’aventure de la voiture électrique. Après avoir promené sa sous-compacte i-MiEV dans les salons de par le monde, le constructeur japonais s’est mis à la produire et la vendre au cours de la dernière année. Plus simple, plus compacte et moins chère que ses rivales, la jolie i-MiEV compose actuellement mieux que toute autre voiture avec les paradoxes et contraintes substantiels de la propulsion par électrons.

Avoir moins de ressources à consacrer au développement est parfois une bénédiction. Un constructeur doit alors jouer à fond la carte de l’ingéniosité et tirer le meilleur de la matière grise de son équipe pour mener à bien un projet, quelle que soit son audace ou sa difficulté. Et si le produit final est moins complexe et moins spectaculaire que d’autres, c’est souvent une bonne chose, tout compte fait.

Voilà qui décrit bien la svelte i-MiEV, une des premières voitures électriques modernes à être offertes chez nous. C’est d’ailleurs au Québec que la petite électromobile a été le mieux reçue jusqu’à maintenant. Et c’est assurément chez nous, pays avant tout hydroélectrique, qu’une telle voiture devient un choix véritablement écologique et un peu plus logique.

Arguments de taille
Impossible de ne pas sourire en voyant la silhouette ronde de la i-MiEV qui semble sortie tout droit d’un dessin animé. Des courbes qu’elle partage avec ses jumelles françaises les Citroën C-Zero et Peugeot iOn. Les trois sont des citadines affirmées et ne prétendent pas le contraire. Avec une autonomie maximale annoncée de 155 km, la i-MiEV ne peut certainement pas jouer les longs ni même les moyens-courriers. Elle n’aime d’ailleurs pas les autoroutes où l’autonomie d’une voiture électrique fond littéralement à vue d’œil de toute manière.

Chose certaine, la i-MiEV a le physique de l’emploi pour rouler en ville. Elle est effectivement plus courte qu’une Nissan Leaf de 77 cm (30 pouces!) et moins large de 18 cm. Nettement moins lourde aussi : son avantage est de 364 kilos par rapport à la Leaf et de 544 kg comparativement à une Chevrolet Volt. Parfait pour offrir un bon mélange de performances et d’autonomie avec un bloc de batteries moins gros qui comporte 88 cellules et accuse environ 200 kg.

La i-MiEV est par ailleurs plus haute que les deux autres de 6,5 cm, ce qui ajoute à l’impression d’espace dans l’habitacle. Et ce n’est pas qu’une illusion. Les places avant sont accessibles, spacieuses et raisonnablement confortables, malgré la minceur et la fermeté des sièges. On se glisse aux deux places arrière sans effort et l’espace y est correct pour des adultes de taille normale. Le volume du coffre est quand même de 377 litres alors que la Chevrolet Volt se contente de 300 litres. On peut aussi replier les dossiers arrière pour dégager 1416 litres d’espace de chargement en tout. Le volant est fixe mais de bonne taille et bien placé, la position de conduite correcte et les commandes principales bien conçues. Trois grosses molettes pour la climatisation et deux bons leviers de part et d’autre du volant c’est tout ce qu’il faut. Le sélecteur de mode (on ne parle pas de vitesses puisque la i-MiEV n’a qu’un seul rapport en marche avant ou arrière) devient par contre ahurissant par moments, avec son sillon en zigzag.

Citadine dans l’âme
La visibilité est excellente avec le grand pare-brise et des vitres latérales découpées très bas. Pour la ville on ne trouve pas mieux. La nacelle des instruments est minimaliste, surtout si on la compare aux spectacles son et lumière dans les Leaf et Volt. Un indicateur de vitesse numérique au centre, un petit cadran rond pour l’autonomie à droite et un autre à gauche pour afficher le mode de conduite et une échelle pour le niveau de charge. Ce serait bien de pouvoir lire un pourcentage au lieu de compter des barres microscopiques... Lorsque la batterie de propulsion est déchargée, un voyant orange en forme de tortue s’allume et la i-MiEV adopte son rythme pour tenter de vous mener à destination. Très cool.

La minuscule « Mitsu » est parfaitement à l’aise sur les rues, les ruelles et les boulevards urbains. Un environnement où l’on n’a pas à se soucier autant d’autonomie, toujours la grande question avec une voiture électrique. Pour ce qui est de performance, elle boucle le 0-100 km/h en 15,6 grosses secondes mais ne paraît jamais lente en ville. Il n’y a que sur les grands axes routiers et les autoroutes qu’elle s’essouffle et devient plus nerveuse avec ses pneus écolos et une grande sensibilité au vent latéral. Disons qu’elle peut y aller mais qu’elle n’aime pas tellement ça.

Pour ce qui est de la recharge, nous avons obtenu une autonomie d’un peu moins de 130 km après vingt longues heures de branchement sur une prise à 110 volts. Les bornes de recharge rapide ne sont pas un luxe. Il nous reste à conduire une i-MiEV au cœur de l’hiver. Pour mesurer son autonomie et la qualité de son chauffage et de son dégivrage, mais aussi sa conduite puisque c’est une propulsion. Nous sommes curieux de voir comment elle s’extraira d’un gros banc de neige sur le Plateau, ou ailleurs. Entre-temps, elle demeure la plus accessible des voitures électriques, la plus pragmatique et la plus sympathique aussi.

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