Toyota Sequoia et Lexus LX 570, pour plaire aux gens riches

On a beau dire que Toyota contribue largement­ au domaine des voitures à faibles émissions nocives, il n’en demeure pas moins que le plus grand constructeur automobile japonais (pour ne pas dire mondial…) doit être présent sur tous les marchés pour pouvoir demeurer à l’avant-plan. Et être sur tous les marchés, cela implique produire des véhicules répondant aux besoins de tous les consommateurs. Pour plaire à environ 1000?clients canadiens par année, Toyota propose le Sequoia, un immense VUS revu et corrigé cette année.  Comme par le passé, le Sequoia – vous sa­viez que le séquoia est un arbre pouvant atteindre jusqu’à 45 mètres de hauteur? – est bâti sur un châssis à longerons, tout comme la camionnette Tundra­ dont il est dérivé. Comme dans cette dernière, deux moteurs sont proposés, soit un «malingre» V8 de 4,7 litres offrant 276 chevaux et 313?lb-pi de couple. Ce moteur ne devrait pas attirer plus de 20% des acheteurs selon les prévisions de Toyota. Par contre, le V8 de 5,7 litres de 381 chevaux et 401 lb-pi de couple devrait faire l’affaire… Ce moteur permet de remorquer 4125 kilos (9095 livres) dans sa version Platinum, comparativement à seulement 3400 kilos (5920 livres) pour le 4,7 litres. Toyota prévoit une consommation d’environ 16 litres aux 100 kilomètres pour les deux moteurs. Nous sommes très sceptiques et notre petit doigt nous chuchote 18 ou 19… La transmission automatique compte cinq rapports pour le 4,7 litres et six rapports pour le 5,7 litres. Ces deux boîtes ont droit à un radiateur comme le veut la tendance, mais aussi à un système qui permet de réchauffer leur huile, question d’obtenir leur température d’opération plus rapidement. Quant au rouage à quatre roues motrices permanent avec gamme basse, une virée dans un sentier relativement difficile a prouvé que ses capacités dépassent de loin ce que les propriétaires ne lui demanderont jamais. 

Comme une berline… enfin presque! Lors de notre très courte randonnée d’essai, nous avons pu noter que malgré des sièges placés haut, l’accès à bord est assez facile. Même la troisième rangée de sièges ne se veut pas trop pénible à atteindre. Dans l’ensemble, le confort des sièges ne fait aucun doute, sauf dans le cas de la troisième rangée, par contre, où le confort est un peu moins relevé. Sur la route, les dimensions du Sequoia sont de prime abord impressionnantes, mais après seulement quelques kilomètres, on a l’impression d’être au volant d’une grosse berline de luxe, en partie grâce à la très bonne visibilité. La direction, curieusement et heureusement, possède un bon feedback. Il faut de plus souligner le court rayon de braquage. Le 5,7 litres propose d’excellentes performances et les accélérations et reprises se font dans le calme, l’insonorisation étant particulièrement soignée. Un passage sur une série de bosses a révélé des suspensions un peu dures mais bien contrôlées. Il faut rappeler que le châssis du Sequoia est de même type que celui d’une camionnette, ce qui favorise les capaci­tés de remorquage et la conduite en hors route au détriment du confort. N’allez cependant surtout pas croire que le Sequoia est inconfortable. Ô que non! D’ailleurs, le conducteur peut régler les suspensions à des niveaux plus ou moins fermes. Le poids du véhicule et un centre de gravité élevé interdisent une conduite sportive. Les transferts de poids sont assez importants (le contrai­re aurait été surprenant) et les aides électroniques au pilo­tage sont aussi efficaces qu’autoritaires.

Le Toyota Sequoia 2008 est proposé en trois versions: SR5, Limited et Platinum. Les prix varient entre 44675$ et 59900$, ce qui est pratiquement une aubaine comparativement à ceux de l’année dernière. De plus, même une version de base comme le SR5 arrive très bien équipée (sièges avant électriques, climatiseur pour places de la deuxième rangée, sonar de stationnement, six coussins gonflables, etc.). Par contre­, pour obtenir le système GPS et la caméra de recul, il faut impérativement aller vers le Platinum. Et si le niveau de luxe du ­Sequoia vous laisse sur votre appétit, il y a aussi le Lexus LX570, dévoilé en même temps… 

Lexus LX 570  Le summum du sommet
Toyota a profité de la présentation de son immense Sequoia à­ la presse canadienne pour dévoiler le Lexus­ LX570, un utilitaire sport très haut de gam­me. Pour attirer les quelque 250?na­diens qui seront prêts à débourser un peu moins de 90000$ (avant taxes) pour afficher leur insensibilité environnementale, Lexus a amélioré tous les points de son vieillissant LX470, créant ain­si le LX570. Chez Lexus, c’est le moteur qui donne l’appellation du véhicule. Ain­si, l’ancienne version du LX possédait un moteur de 4,7 litres tandis que le modèle récemment dévoilé a droit à un 5,7 litres.

On peut affirmer sans trop se trom­per que le LX570 est un Sequoia de luxe. Les deux véhicules sont cons­truits sur le châssis de la camionnette Tundra et disposent du V8 5,7 litres de cette dernière. Ce moteur de 383 chevaux et 403 lb-pi de couple arrache les 2660 kilos du LX570 de leur position statique et les emmène à 100?km/h en à peine 8,0?secon­des. Malgré des tonnes d’isolant, la sonorité du V8 s’avère des plus agréables en accélération. À la fin de notre essai, l’ordinateur de bord affichait une consom­mation de 19,1?litres. Nous sommes convaincus qu’avec un peu de mauvaise volonté, ce nombre peut facilement augmenter…

La nouvelle transmission automatique à six rapports avec mode ma­nuel fonctionne de manière transparente et à part certains passa­ges un peu lents, on ne peut guère lui reprocher quoi que ce soit. Elle relaie la puissance aux quatre roues via un rouage intégral hyper sophistiqué. En conduite normale, le LX570 est mû par les quatre roues (4high) et le couple varie selon les besoins. En mode hors route, il est possible d’opter pour le mode gamme basse (4Lo), d’augmenter la garde au sol, de bloquer le différentiel central, de se fier sur un système de retenue en descente et en montée et enfin d’augmenter la garde au sol de 24 cm… Tout ça pour dire que le LX570 passe à peu près partout sans aucun problème, d’autant plus que le dessous est protégé par des plaques d’acier. Trop, c’est comme pas assez

Pour ce qui est de la conduite sur route, le LX570 affiche une prestance surprenante. Ce n’est certes pas un grand sportif, mais il est possible de le conduire assez rapidement sans que le mal de mer fasse son apparition. Dès qu’on prend le volant du LX570, il est évident qu’on a affaire à un véhicule très raffiné. La direction, qui n’est pas des plus précises ni des plus communicatives, rehausse cette impression tandis que les suspensions ­effec­tuent­ un boulot incroyable au chapitre du confort. Dire que l’habitacle est silencieux tient de l’euphémisme: on a l’impression de conduire un sous-marin tant le véhicule semble isolé de son ­entourage. Curieusement, la visibilité, autant vers l’avant qu’au 3/4 arrière, n’est pas mauvaise. Pas moins de trois caméras aident aux manœuvres de stationnement. Le LX570 roule sur des pneus P285/50R20, une dimension pas facile à trouver, surtout en configuration hiver…

Dans l’habitacle, la perfection tutoie la noblesse. Les cuirs, les boiseries et même les rares plastiques affichent un bon goût quasiment déplacé dans un VUS, et leur assemblage relève du fana­tisme. Quant au système audio Mark Levinson, il ferait rougir Kent Nagano tant sa qualité sonore émeut. Système GPS, climatiseur quatre zones, siège du conducteur à dix réglages­ et huit coussins gonflables ne sont que quelques-unes des douceurs offertes par le LX570. Enfin, l’instrumentation qui s’offre au conducteur est très complète. L’espace intérieur ne fait pas défaut et l’accès à la troisième rangée de sièges n’est pas trop dramatique, enfin moins que dans la version précédente (LX470). Si vous éprouvez le désir de conduire un véhicule énorme et anonyme, qui consomme comme un alcoolique en rechute, mais qui vous isole des cris de la foule de «verts» vous vilipendant, le LX570 pourrait bien être fait pour vous.

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