Nissan Titan, un look à l'américaine

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2005

Lorsque le dynamique Carlos Ghosn a pris les rennes de la compagnie Nissan en 1999, il n'a pas uniquement privilégié le stylisme des modèles existants et sabré dans les dépenses. Il a également analysé les parts de marché de ce géant nippon sur tous les continents et établi de nouvelles priorités. L'une de celles-ci a été d'être présent dans le secteur des grosses camionnettes et des VUS grand format en Amérique du Nord. Ce segment du marché était jusqu'alors la chasse gardée des Trois Grands Américains qui y réalisaient des profits record.

Plusieurs ont souligné à M. Ghosn qu'il était peut-être tard pour se joindre à la fête, mais celui-ci a répliqué que même un infime pourcentage de quelque chose était mieux que rien. C'est à partir de ce raisonnement qu'une énorme usine d'assemblage flexible a été érigée à Canton, dans le Mississipi, et que le Titan a été conçu. Ce type d'usine pouvant produire plusieurs modèles différents sur une même chaîne d'assemblage est une spécialité japonaise, mais la décision de concevoir de gros mastodontes est tout américaine. Pour contrer la popularité des Ford F-150, Chevrolet Silverado/GMC Sierra et Dodge Ram, il ne faut pas avoir peur de penser « gros » tant en fait de dimensions que de moteurs. Et la camionnette Titan répond à ces critères et les excède également.

La touche Nissan

Il est de bonne guerre de s'inspirer de la concurrence au chapitre des dimensions physiques et de la puissance du moteur. Par contre, il fallait donner au Titan une personnalité bien à lui en fait de présentation pour que les gens puissent le différencier des autres. Les stylistes ont donc
« nissanisé » cette camionnette en lui conférant une silhouette très réussie. Le caractère costaud du véhicule est accentué par une calandre rectangulaire traversée verticalement par deux larges bandes chromées, légèrement inclinées vers l'extérieur. La grille de calandre de couleur noire met alors en évidence tous les éléments chromés et l'écusson Nissan placé en plein centre. Cette calandre est encadrée par des phares rectangulaires qui lui donnent des allures de costaud. La même chose pour le pare-chocs dont la partie centrale chromée a la même longueur que la calandre et est agrémentée d'une large prise d'air.

Costaud à l'extérieur, le Titan est doté d'une cabine très spacieuse et fort confortable dont la présentation s'apparente beaucoup à celle d'une automobile. Si plusieurs camionnettes sont équipées d'un volant de type « travail », celui de la Titan s'inspire de ceux utilisés sur la Maxima et même la 350Z avec ses trois branches, ses appliques en aluminium brossé et ses boutons de commande placés sur les deux rayons horizontaux. L' immense bloc de commande central est de couleur titane et donne du punch au tableau de bord. Les commandes de la climatisation sont faciles d'accès, mais leur manipulation n'est pas nécessairement intuitive. En passant, la finition pourrait être améliorée. Il y a trop de panneaux mal ajustés et qui semblent très fragiles. La porte du coffre à gant est la principale fautive. Par contre, l'espace pour les occupants des places avant est plus que généreux, tandis que la banquette arrière de la version à cabine multiplace est la plus spacieuse de l'industrie. Quant au modèle King Cab, le panneau d'ouverture arrière s'ouvre à un angle de 180 degrés afin de faciliter l'accès à bord.

Compte tenu des dimensions hors tout du Titan, il est cependant curieux de constater que la boîte de chargement ne soit livrée qu'en version courte, ce qui limite le caractère « travail ». En effet, cette caisse ne mesure que 198 cm tandis que la plupart des modèles concurrents peuvent être commandés avec une boîte de 243 cm de long. Par contre, Nissan est le seul constructeur à installer en usine un revêtement protecteur de la caisse. En général, celle-ci est protégée contre les coups et les éraflures par une doublure en matières plastiques. Mais les infiltrations d'eau entre cette membrane et la caisse accélèrent la corrosion. Ce qui a incité les ingénieurs de Nissan à opter pour la couche protectrice Durabed qui agit également à titre d'insonorisant et d'antidérapant. Il est également possible de doter le Titan du système Utili Track composé de cannelures rivées au plancher et dans lesquelles coulissent des crochets. Pouvant être verrouillés, ceux-ci permettent, avec facilité, d'arrimer des objets de toute sorte. Le Titan est également doté d'un coffret de rangement placé en bas de la caisse, derrière la roue arrière gauche.

Trahi par sa soif

Pour s'imposer dans ce secteur, toute camionnette doit offrir beaucoup de puissance et une capacité de remorquage impressionnante. Le gros moteur V8 de 5,6 litres du Titan produit une puissance suffisante puisque celle-ci est de 305 chevaux tandis que la capacité de remorquage est de 9 400 livres ou 4 264 kg. Et il faut également ajouter que la boîte automatique à cinq rapports est un autre atout plaidant en sa faveur. Malheureusement, bien que de conception très moderne, ce moteur V8 consomme plus que la moyenne. L'an dernier, une évaluation préliminaire nous avait permis d'observer une consommation de 16,3 litres. D'autres essais subséquents ont permis de constater que ce Titan pouvait engloutir de 18 à 23 litres aux 100 km selon les conditions d'utilisation. C'est un pensez-y bien compte tenu du prix volatil de l'essence.

C'est dommage puisque ce Nissan toutes tâches jouit d'une tenue de route impressionnante, d'une grande agilité malgré son gabarit et d'une suspension confortable en plus d'un habitacle qui ressemble plus à un salon qu'à une cabine de camion. Et il faut avouer que le stylisme est également assez réussi.

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