Volkswagen New Beetle/Cabrio, lentement mais sûrement

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2004

Avec Volkswagen, il faut souvent s'armer de patience. Il aura d'abord fallu attendre près de cinq ans avant que la New Beetle, introduite à l'aube de 1998, consente à se décoiffer. Et maintenant que ce sympathique petit cabriolet est prêt à jouer les salons de bronzage sur quatre roues, il risque de vous flanquer un bon coup de soleil tellement il met du temps à se déplacer du point A au point B. À moins que vous n'optiez pour la version 1,8 T.

Affligée de l'antédiluvien quatre cylindres de 115 chevaux, la New Beetle Cabrio mise à l'essai lors du lancement à South Beach, en Floride, et sur les routes du Québec est, sans l'ombre d'un doute, la voiture la plus lente sur le marché. Encore là, votre patience sera rudement mise à l'épreuve. Fort heureusement, une version à moteur 1,8 T de 150 chevaux est aussi proposée, ce qui permet de ranger notre calendrier et de ressortir le chrono pour mesurer les accélérations. Blague à part, sachez que la Cabrio, en version automatique, s'alanguit pendant 17,3 secondes avant d'atteindre les 100 km/h après un départ arrêté. Un peu plus et on envoyait la nouvelle au Livre des records Guinness. Oui, Mesdames et Messieurs, cette Coccinelle fleurie aime mieux flâner que sprinter. Plus lourd d'une centaine de kilos que la berline, le cabriolet met rudement en évidence la vétusté du rachitique moteur 2 litres qui peine sous son capot avant. Plusieurs acheteurs plus avides de grand air et de soleil que de performances s'en contenteront, surtout que le modèle d'entrée de gamme est proposé à 29 250 $ alors qu'il faudra allonger près de 6000 $ additionnels pour ne pas avoir à réciter son chapelet au moment de doubler un retardataire. Pour adoucir la facture de 35 950 $, la GLX 1,8 T bénéficie non seulement de 35 chevaux supplémentaires, mais aussi de roues de 16 pouces en alliage et de sièges en cuir qui, après une longue exposition au soleil, risquent de se transformer en sièges très chauffants. Ayoye ! Dans les deux cas, la puissance rejoint les roues avant motrices au moyen d'une boîte de vitesses manuelle à cinq rapports ou d'une transmission automatique aussi à cinq rapports en version normale alors que l'option Tiptronic vous en offre six. La première, incidemment, attelée au moteur 2 litres, permet de retrancher 4 secondes au 0-100 km/h tout en étant d'un maniement agréable.

Silencieuse et sûre

Ces choses-là étant dites, la New Beetle Cabrio n'est pas dépourvue de qualités. La capote est suffisamment étanche et bien insonorisée pour que l'on n'ait pas l'impression d'être dans un lave-auto quand on roule par temps de pluie. Confort quasi assuré. Bravo aussi pour cette lunette arrière dégivrante en verre plutôt qu'en plastique, un luxe qui fait souvent défaut dans certains cabriolets beaucoup plus onéreux. Comme la première Beetle cabriolet lancée en 1949 et dont 330 000 exemplaires furent vendus, la version 2004 hérite d'un toit qui, une fois abaissé, vient s'empiler au-dessus du coffre arrière. Ce n'est pas particulièrement jojo et l'installation du cache-capote est plutôt casse-pieds mais, au moins, la tradition est respectée. Autres irritants : votre ceinture de sécurité vous donne d'agaÇantes petites tapes dans le dos sous l'effet de la turbulence quand les glaces sont abaissées et que le toit l'est aussi ; les seuils de porte, lorsqu'ils sont sales, deviennent des « ruine-pantalons » en imprimant sur ceux-ci de belles taches qui feront le bonheur des buanderies.

Si l'absence d'un arceau de sécurité comme celui de la Golf Cabrio peut s'avérer une source d'inquiétude, les acheteurs seront rassurés d'apprendre que deux petits arceaux invisibles intégrés aux appuie-tête arrière sont prêts à bondir si jamais la voiture menace de se retourner. À propos de la Golf Cabrio, elle passe son tour cette année et ne reviendra sur le marché qu'un an ou deux (ou trois ?) après l'apparition du modèle de cinquième génération l'an prochain. Volkswagen n'est pas pressée, rappelez-vous.

S'il est un domaine où la New Beetle Cabrio va à l'encontre de la philosophie de son constructeur, c'est dans le fonctionnement de son toit à commande électrique. Le temps d'un petit feu rouge et, presto, le tour est joué.

Même si l'on peut faire asseoir deux personnes à l'arrière, sachez que celles-ci seront au coude à coude. Quant au coffre à bagages, il est si minuscule qu'il serait plus sage d'en parler comme d'un coffre à gants.

Hymne au soleil

Une randonnée de quelques centaines de kilomètres m'a permis d'apprécier pleinement cette petite machine à bronzer. Même si elle est construite à Puebla, au Mexique, cette Volkswagen tête nue bénéficiait d'un assemblage soigné qu'aucun bruit de caisse n'est venu assombrir. À son volant, sous un soleil généreux, on n'a nullement envie de vérifier sa tenue de route (plutôt surprenante), son freinage (un peu longuet) ou sa maniabilité. On assume que tout cela est très convenable comme dans la New Beetle ordinaire. Rappelons ici toutefois que ce modèle, tout comme la Golf et la Jetta, est affligé d'une fiabilité douteuse qui a incité plusieurs utilisateurs à ne plus jamais remettre les pieds dans une Volks. Ayant conduit une New Beetle coupé accusant 40 000 km au compteur, j'aurais cru qu'elle en avait près du double tellement elle paraissait fatiguée (bruits de caisse, usure apparente des composantes intérieures et une sorte de vieillissement prématuré de l'ensemble).

En bout de ligne, l'agrément de conduite, tel qu'on l'entend habituellement, est très mince et la somme de plaisir que l'on éprouve au volant est étroitement liée aux fluctuations du baromètre. Par beau temps, la New Beetle Cabrio est géniale. Par temps de pluie, bah?

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