Subaru Baja, esprit créateur

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2003

La compagnie Subaru n'a jamais eu peur de faire cavalier seul. Après tout, ce petit constructeur nippon a toujours défendu son moteur de type boxer et a été le pionnier de la transmission intégrale dans les voitures de tourisme. Il a même créé un nouveau créneau de toutes pièces avec ses modèles Outback, les premiers VUS hybrides sur le marché. Le BRAT, apparu dans les années 70, est une autre idée de Subaru. Il s'agissait d'une camionnette compacte comprenant deux sièges boulonnés dans la boîte. Avec un pareil héritage, pas surprenant que ce soit Subaru qui nous propose le Baja.

À une époque où les grands constructeurs se torturent les méninges pour innover, l'un des plus petits intervenants du milieu y va d'une solution inspirée de son passé. Tout comme le BRAT, le Baja est une camionnette sport dérivée d'une automobile. Il permet aux gens de combiner le confort d'une voiture, la présence rassurante d'une transmission intégrale et le caractère pratique d'une caisse de chargement ouverte à l'arrière.

Sujet à controverse

Il est certain que le style de ce nouveau venu n'a pas fini de soulever des discussions. Il est dérivé du prototype ST-X présenté il y a deux ans qui s'inspirait des Ford Ranchero et Chevrolet El Camino des années 70. Comme ces derniers, il s'agit d'une auto transformée en demi-camionnette ! Cette fois, c'est l'Outback familiale qui a servi de plate-forme. Et il est facile de reconnaître sa partie avant avec ses phares antibrouillards encastrés dans le pare-chocs. Pour donner plus de relief à la présentation extérieure, des appliques de bas de caisse de couleur grise ont été ajoutées sur ses flancs. Des renforts tubulaires en acier brossé joignent la cabine à la caisse. Ils contribuent à la rigidité de l'ensemble puisque la boîte de chargement n'est pas indépendante de la partie avant comme dans une camionnette conventionnelle. Les stylistes en ont fait un accessoire visant à délimiter les parties avant et arrière. Enfin, le pare-chocs arrière comporte un espace plat pour faciliter l'accès à la boîte de chargement.

Personnellement, je trouve cette approche couteau suisse du monde automobile assez sympathique. L'habitacle est semblable à celui d'une automobile en fait de confort et de présentation. Il est pratiquement similaire à celui de l'Outback. La console centrale est de couleur argent et les prises latérales du volant de la même couleur. Comme dans les autres Subaru, le levier de vitesses doit serpenter au travers d'une plaque de guidage assez sinueuse merci. Par contre, les sièges avant s'avèrent confortables et leur support latéral adéquat pour un véhicule de cette catégorie. De plus, les sièges sont recouverts de cuir. Enfin, les places arrière sont aussi accueillantes que celles de la Legacy familiale. Seulement deux passagers peuvent y prendre place, le centre étant occupé par un espace de rangement.

Mais l'astuce la plus intéressante de cet hybride est son panneau d'accès qui permet d'insérer des objets plus longs dans la cabine. Cette ouverture, appelée Switchback, permet d'allonger la capacité de chargement de 90 cm. Pour ce faire, il faut basculer le siège et abaisser le dossier pour avoir accès à un panneau placé au centre de la paroi arrière. Il suffit d'appuyer sur un loquet pour que le panneau s'ouvre et se loge dans une dépression moulée dans le dossier. Puisque seulement une partie de la paroi est amovible, cela explique la très grande rigidité du Baja une fois le panneau enlevé. D'ailleurs, en plus des supports tubulaires reliant la boîte de chargement à la cabine, il est facile de deviner la présence de l'important renfort placé dans le toit et le long du pilier C.

Une familiale à ciel ouvert

La conduite du Baja s'apparente de très près à celle d'une familiale Outback. Le pilote n'a pas l'impression de conduire une camionnette tant la caisse est rigide et la suspension confortable. Les virages sont abordés sans problèmes tandis que la suspension arrière indépendante s'acquitte fort bien de son travail pour éliminer les soubresauts causés par les bosses et les trous. Et bien que la garde au sol de 17 cm soit la même que celle du Ford Explorer Sport, le roulis de caisse est minimal et la voiture demeure bien campée sur ses roues, même lors d'une brusque man?uvre d'évitement. Grâce à la transmission intégrale, le Baja conserve une bonne motricité même sur les routes recouvertes de gravillons. Il faut avouer que la relative paresse du moteur contribue à assurer ce comportement rassurant dans les sols mous ou glissants.

Ce 4 cylindres de type boxer de 2,5 litres produit 165 chevaux. Il est robuste, mais n'offre pas des performances électrisantes. Compte tenu que le Baja pèse environ 1 600 kg, le rapport poids/puissance est peu favorable. Le 0-100 km/h exige 12 secondes avec la boîte automatique et les reprises s'étirent en longueur. Et ce résultat a été obtenu sans passager ni bagages. Véhicule astucieux en raison de sa boîte de chargement à ciel ouvert, ce Subaru n'est pas fait pour les grosses charges. D'ailleurs, la caisse est relativement petite avec une longueur hors tout de 105 cm. Elle est entièrement revêtue d'un plastique protecteur tandis que des trous de drainage permettent l'écoulement de l'eau. Détail sublime, la plaque d'immatriculation est montée sur un panneau mobile qui se déploie pour permettre à la plaque de rester visible même une fois le panneau arrière rabattu.

Malgré tout, ce curieux petit engin devrait satisfaire les bricoleurs d'occasion. Et ceux-ci seront agréablement surpris de constater que cet utilitaire Subaru se laisse conduire comme une familiale de taille moyenne.

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