Mercedes-Benz SL, à un toit de la perfection

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2003

Le nouveau cabriolet/coupé SL de Mercedes-Benz possède, semble-t-il, d'innombrables admirateurs. Ceux-ci devront toutefois s'armer de patience et faire la queue pendant un long moment avant de prendre livraison du modèle de 5e génération apparu l'an dernier. Après avoir attendu 12 ans l'arrivée de cette version profondément remaniée, ceux qui n'ont pas déjà signé un contrat d'achat en seront quittes pour se ronger les ongles pendant au moins deux ans encore. Voilà en effet le délai de livraison qui pèse sur la nouvelle SL. L'attente en vaut-elle la peine ?

La réponse est oui dans la mesure où les acheteurs d'un modèle 2004 ou 2005 bénéficieront immanquablement des petites modifications dont la voiture se verra bonifier au fil de son évolution.

Une petite douche avec Ça ?

L'attraction majeure de la nouvelle SL est la double personnalité de coupé/cabriolet dont elle hérite de la SLK. La capote à toile pliante, si invitante pour les voleurs et source de bruits aérodynamiques, a disparu au profit d'un toit rigide en métal qui, au simple toucher d'une commande, va se nicher dans le coffre à bagages dans un numéro digne des meilleurs contorsionnistes. En 16 petites secondes, pas moins de 11 vérins hydrauliques transforment notre coupé en cabriolet ou vice-versa. Même si la SLK le répète depuis déjà sept ans, ce petit spectacle vous vaudra toujours l'admiration des curieux? à moins que ce ne soit une profonde humiliation, comme cela m'est arrivé. Le toit de la SL m'a généreusement aspergé d'eau lorsque j'ai voulu l'abaisser quelques minutes après une forte averse de pluie. Le hic est que le panneau du toit doit s'incliner vers l'avant juste au-dessus de l'habitacle avant de se réfugier dans le coffre. Et si jamais l'eau s'y est accumulée, vous aurez droit à une petite douche qui mettra à l'épreuve votre sens de l'humour. Mercedes nous dira sans doute que l'on peut échapper à une telle vexation en se servant de la clé électronique comme télécommande pour contrôler le toit de l'extérieur. Exact, sauf que celle-ci doit être orientée dans une certaine direction avec une telle précision qu'il est souvent difficile de compléter l'opération. Ajoutons qu'un peu d'eau s'infiltre aussi dans le coffre à bagages si l'on ne fait pas attention en l'ouvrant après la pluie. En trouvant refuge dans ce même coffre, le couvre-chef de la SL en réduit le volume de 317 à 235 litres, mais Mercedes a trouvé moyen de faciliter l'accès aux bagages en dotant la voiture d'un bouton qui permet de soulever de 20° le plateau qui reÇoit les pièces détachées du toit.

Pour le reste, ce fameux toit est une petite merveille d'insonorisation et à part quelques petits craquements occasionnels (il faut dire que j'ai l'oreille très fine), la SL possède une carrosserie plus rigide que les cabriolets traditionnels.

Ce modèle est en quelque sorte la vitrine technologique qui permet à Mercedes d'étaler tout son savoir-faire automobile. En cela, l'acheteur ne sera pas déÇu et profitera de tous les systèmes imaginables visant à assurer son confort et sa sécurité. Je vous fais grâce de la description détaillée de tous ces dispositifs qui n'en finissent plus d'épuiser les lettres de l'alphabet : ABC, ASR, SBC, ABS, DSC, etc. Le plus notable est sans doute le SBC (Sensormatic Brake Control) qui détecte l'imminence d'un arrêt d'urgence et qui optimise la force de freinage de la voiture en augmentant la pression dans les conduites de freins tout en positionnant les garnitures contre les plaquettes. L'efficacité de ce système se confirme à l'essai par des distances d'arrêt remarquablement courtes et une stabilité très rassurante.

La quintessence du grand-tourisme

Dans sa dernière version, la SL reste fidèle à sa vocation antérieure en jouant la note du grand-tourisme plutôt que celle des performances sportives, un rôle qui incombe plutôt à la SL55 cuisinée par AMG, un méchant roadster dont le V8 à compresseur de 476 chevaux permet de signer le 0-100 km/h en 4,7 mini-secondes. Dans la SL500, le moteur (jumelé à une transmission automatique à 5 rapports avec mode manuel) se distingue davantage par sa douceur que par la férocité de ses accélérations. Sans être peinards, les 306 chevaux ont même ici moins d'ardeur que dans le nouveau coupé CLK dont le rapport poids/puissance est meilleur que celui de la SL. Car, malgré une perte de poids attribuable en majeure partie à la présence de composantes en aluminium (capot, ailes, portières), la voiture accuse environ 200 kg de plus qu'une CLK. Pourtant, le comportement routier ne s'en trouve nullement affecté grâce à toute cette batterie de réglages de châssis qui contrôlent tous les mouvements de la caisse en virage. Ceux-ci n'interviennent qu'en dernier ressort de manière à préserver un agrément de conduite auquel contribue également une direction assistée parfaitement dosée. Bien que la SL ne soit pas très basse, Mercedes l'a tout de même dotée d'une commande manuelle permettant de hausser la garde au sol de quelques centimètres.

Avec une voiture qui passe aussi près de la perfection, il faut se montrer tatillon pour trouver matière à critique. En fouillant bien, j'ai noté que les nombreuses commandes paraissent trop dispersées sur le tableau de bord et que le réglage des sièges est partiellement caché par l'accoudoir. On pourrait aussi ajouter que la climatisation est inutilement compliquée à faire fonctionner, que les casiers de rangement dans les portes s'ouvrent accidentellement au toucher du genou et que les porte-verres qui sortent ingénieusement de la console gênent l'accès à certaines commandes de l'ordinateur de bord. Point à la ligne. En revanche, la visibilité est remarquable pour ce type de voiture tandis que le mariage du cuir, du bois et de l'aluminium ainsi que le pédalier en métal donnent une touche high-tech à la présentation intérieure.

Après une semaine au volant de la SL, j'avoue que je trouverais le temps bien long si je devais attendre plus de deux ans pour goûter à nouveau aux plaisirs d'une telle voiture.

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