Nissan Z 2011: Une effrontée qui se raffine

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2011

Nissan a célébré l’an dernier le 40e anniversaire de sa légendaire 240Z en lançant la sixième génération de la série qu’elle a engendrée. La 370Z prenait le relais de la 350Z qui a fait renaître avec succès la Z après une éclipse de sept ans.  Plus moderne, plus puissante, mieux équipée et moins chère, elle a plutôt fière allure.  our l’âme et le coeur, par contre, c’est une autre histoire.
La svelte 240Z a marqué le début d’une nouvelle ère et mis fin du même coup au règne du « sports car » britannique et de ses semblables en 1970. Cette première « Z » se vendait 4 000 $ au Québec en 1970. Elle était belle, performante bien équipée et les premiers acheteurs furent bientôt ravis de la découvrir également fiable.

La 350Z, une deux places élancée, performante, solide et bien équipée, marqua le retour aux valeurs qui avaient fait le succès de la pionnière. Elle fut couronnée Voiture de l’année, Design de l’année et meilleure nouvelle sportive au pays par l’AJAC en 2003.
En plus raffiné

La 370Z est venue la remplacer sept ans plus tard. Sa carrosserie un peu plus courte, large et basse est posée sur un empattement abrégé de 100 mm. Ses lignes sont plus fluides mais la nouvelle Z est surtout plus légère que sa devancière de près de 60 kg et moins chère de près de 10 000 $ malgré un équipement plus complet, une finition plus soignée et un nouveau V6 de 3,7 litres plus puissant et moins assoiffé.

La 370Z était le pivot parfait pour notre match des sportives de l’édition précédente. Elle y a décroché la deuxième place et fait grande impression mais pas toujours pour les bonnes raisons. Au meilleures notes du groupe pour la silhouette et le freinage s’opposent les pires pour le confort et le silence de roulement, une soute à bagages peu profonde et le peu de rangement dans l’habitacle.  Elle fut également de loin la plus rapide dans notre épreuve sur piste à Sanair, s’exécutant avec une brusquerie certaine en exploitant à fond l’adhérence des pneus plus larges du groupe Sport.

Le même groupe Sport ajoute des disques ventilés de plus grand diamètre. Le freinage est d’ailleurs une force de ce modèle. Ses 36,3 mètres en freinage de 100 km/h est une des distances les plus courtes que nous ayons mesurées. Par contre, la pédale est sensible et difficile à moduler en conduite normale.

La loi du couple

Les 332 chevaux du V6 en imposent sur papier mais ne se manifestent qu’à 7 000 tr/min et le couple maximum de 270 lb-pi n’est produit à 5 200 tr/min. Avec la boîte manuelle à 6 rapports, la Z passe de 0 à 100 km/h en 6,0 secondes. À titre de comparaison, le coupé BMW 135i qui l’a devancée au match de l’an dernier se contentait de 300 chevaux à 5 800 tr/min mais son couple maxi de 317 lb-pi était livré dès 1 400 tr/min. Or, il a bouclé le 0 à 100 km/h en 5,2 secondes malgré ses quelque 40 kilos en plus.
Le V6 de la 370Z a peu de caractère et sa sonorité n’a rien d’inspirant non plus.  Cette courbe de couple linéaire atteint son apogée à régime élevé pour un moteur atmosphérique de cette cylindrée. La Z met d’ailleurs 6,45 secondes à passer de 80 à 120 km/h en 3e alors que le coupé 135i s’exécute en 4,24 secondes.  Cette souplesse découle d’un couple abondant à bas et moyen régime.

Programme complet

À défaut d’une mécanique envoûtante, la 370Z propose un équipement moderne qui comprend le démarrage sans clé, la téléphonie Bluetooth, la radio satellite XM, un système de navigation sur disque dur avec écran tactile, un autre disque dur de 9,3 gigaoctet pour les fichiers numériques et un port USB pour iPod et semblables.

La position de conduite est correcte et le volant gainé de cuir impeccable. La boîte de vitesse est dure mais assez précise et rapide. On peut s’amuser en activant le dispositif « SynchroRev Match » qui ajuste le régime du moteur quand on rétrograde. Cette innovation est amusante et efficace mais se désactive heureusement en appuyant sur un bouton.

La 370Z est civilisée en ville mais devient bruyante sur une chaussée le moindrement texturée ou rude. Cet effet de résonance est typique sur une voiture sport dont la coque rigide est gage de tenue de route précise.  Avec un équilibre des masses quasi idéal, la Z s’inscrit en courbe sans hésitation.  Elle pivote aussitôt et on ajuste facilement la dérive à l’accélérateur. Elle est très sensible aux transferts de poids, par contre, et l’arrière s’allège et décroche assez facilement si on braque en freinant. Le survirage se contrôle sans peine, par contre.
Dans l’ensemble, la 370Z est assez réussie, malgré son côté tapageur. Ne lui demandez simplement pas d’être un pur sang et une grande sportive avec un tel moteur.

Feu vert

Freinage puissant
Tenue de route sûre et efficace
Équipement complet
Finition soignée
Système « Revmatch » amusant

Feu rouge
V6 faible en couple et en charisme
Direction peu sensible
Bruit de roulement prononcé
Rétroviseur gauche bloque la vue
Soute à bagages étriquée

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