Ferrari Portofino - Visa d'entrée multiple

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2021

N'eût été la COVID-19, qui a contraint Ferrari à fermer temporairement ses usines en 2020, la marque au cheval cabré aurait connu une autre année record de ventes. Or, ce n'est que partie remise puisque le constructeur italien devrait se reprendre en 2021. D'autant plus que la nouvelle année fait place à des modèles tout neufs comme la Roma et le VUS Purosangue, sans compter le restylage de la Portofino. Pour les amateurs de statistiques financières, sachez que la production de Ferrari a presque doublé au cours de la dernière décennie. En 2010, les usines avaient assemblé 6 573 voitures comparativement à 10 131 unités en 2019. On ne se trompe pas en disant que l'explosion des ventes est due en partie à l'ouverture de nouveaux marchés en Chine, en Inde et au Moyen-Orient. Mais, il ne faudrait pas négliger l'apport de la Portofino et de la défunte California qui l'a précédée, lesquelles ont démocratisé la gamme Ferrari.

La commercialisation de ces deux cabriolets de type 2+2 à moteur V8 implanté en position avant ont attiré une nouvelle clientèle qui redoutait le comportement extrémiste des différentes déclinaisons de la 488 (et de l'ancienne 458) à moteur central arrière. Qualifiée de voiture grand tourisme, la Portofino reste la proposition de Ferrari aux acheteurs qui recherchent un compromis entre l'agilité d'une Porsche 911 et le confort d'une Bentley Continental GT - avec en prime le ticket d'entrée dans l'univers élitiste de Ferrari!

Promesse tenue

Quand Ferrari se risque à mettre en marché un modèle, ce dernier se doit d'être abouti sur le plan du style et de la mécanique puisque la marge d'erreur d'un petit constructeur, si riche soit-il, est inexistante. Qu'à cela ne tienne, il arrive que la période de production d'une Ferrari frôle une dizaine d'années avant qu'elle ne soit remplacée. Pour prolonger la vie d'une déclinaison, les ingénieurs apportent, au fil des ans, des modifications au moteur, à la suspension et à l'aérodynamisme afin de multiplier les versions. Somme toute, il est plutôt rare qu'une Ferrari voie sa carrosserie et son habitacle retouchés durant un cycle. Pourtant, c'est le traitement réservé à la Portofino 2021!

La venue de la Roma n'est pas étrangère aux modifications apportées à la Portofino puisque les deux voitures partagent plusieurs caractéristiques. Pour élargir son éventail de modèles et respecter sa promesse d’en dévoiler 15 nouveaux d'ici 2022 (ou 2023), Ferrari a décidé que le coupé Roma aura un nom distinctif du cabriolet Portofino, qui conserve le sien. À titre d'analogie, les deux versions d'entrée de gamme de Ferrari jouent les mêmes rôles que celui de la 718 Boxster et de la 718 Cayman chez Porsche, lesquelles se distinguent essentiellement par leur couvre-chef. Bien entendu, la Portofino maintient son toit rigide rétractable qui se déploie ou se referme en 14 secondes, et ce, en roulant jusqu'à une vitesse de 45 km/h.

Look et mécanique modernisés

Par rapport à la Roma, la Portofino adopte les phares de cette dernière qui sont agrémentés d’une lignée de diodes placées à l'horizontale. Du coup, la calandre a aussi été révisée. Pour le reste, les changements extérieurs sont minimes. À l'intérieur, le tableau de bord devrait se convertir à l'affichage numérique tout en conservant son énorme tachymètre juché au-dessus du volant et son écran digital du côté passager qui permet à ce dernier de contrôler certains réglages.

Sous le capot, le V8 à double turbo de 3,9 litres a été remanié pour augmenter la puissance de 591 à 612 chevaux et l'échappement accueille un filtre à particules d'essence conforme aux dernières normes antipollution. Toujours dans l'optique de réduire la consommation et les émanations, la nouvelle boîte de vitesses à double embrayage compte huit rapports au lieu de sept. De même, la géométrie des tuyaux d'échappement permet au moteur de mieux respirer en plus d'améliorer la sonorité dont les harmonies sont désormais mieux accordées au récital qu'on attend d'une Ferrari!

Légèrement plus lourde que la Roma, la conduite de la Portofino s'avère un peu moins dynamique. Malgré tout, elle est capable de décoiffer ses occupants sur un simple coup d'accélérateur en passant de 0 à 100 km/h en 3,5 secondes et en franchisant le 1/4 de mille en 10,9 secondes. De plus, les freins peuvent vous faire perdre votre gomme à mâcher (ou votre dentier, c'est selon) en immobilisant la voiture de 100 à 0 km/h sur une distance d'à peine 34 mètres. Mais ce qui milite en faveur de ce cabriolet, c'est la facilité avec laquelle on entre et on sort de l'habitacle quand le toit est ouvert. En effet, prendre place dans un coupé comme la Roma n'est pas une sinécure si vos articulations vous font souffrir...

Feu vert

  • Confort surprenant
  • Sonorité du moteur
  • Plaisir de conduire
  • Voiture exclusive

Feu rouge

  • Prix de l'achat et des options
  • Coût d'entretien
  • Nombre limité de concessionnaires

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