Ford Escape Hybride Rechargeable, testé en 2009, commercialisé en 2012

Les journaux ont fait grand état de la remise des clés d’un Ford Escape Hybride Rechargeable à Hydro Québec par  Nancy Gioia, directrice entre autres des véhicules hybrides chez Ford. Les journalistes de nouvelles générales ont fait grand état de l’association entre Ford et Hydro-Québec, de la possibilité de voir le Québec devenir une puissance mondiale de la construction de voitures électriques et également d’un Québec paradis de la voiture électrique. S’il y a du vrai dans ces affirmations, il y a également une grande part de fabulation.

En premier lieu, il est vrai qu’Hydro Québec est la seule entité canadienne à participer avec Ford à ce programme de développement et de vérification du potentiel de cet hybride rechargeable. Selon Nancy Gioia, Hydro Québec est un partenaire idéal  car il est non seulement l’un des grands producteurs d’électricité en Amérique du Nord, mais il possède également un institut de recherche sur le développement de technologies reliées aux véhicules à propulsion électrique. Quant à la société nationale, elle y trouve son compte car elle peut accumuler des données sur ce type de véhicules et leur usage dans des conditions réelles.  Car une fois qu’Hydro Québec aura procédé à ses tests, des particuliers auront également la chance de conduire cet Escape pendant des périodes de temps déterminées afin de permettre d’obtenir davantage d’informations. Par contre, Ford ne semble pas être intéressé, du moins pour le moment, par un partenariat de développement de nouveaux produits avec la société d’état québécoise. Quant à la possibilité de voir un jour le Québec devenir une grande puissance de l’automobile électrique, il est toujours possible de rêver, mais ce n’est pas demain la veille si vous voulez mon avis.

Finalement, pour Ford, le Québec en tant que province d’essai est fort intéressant. En plus d’avoir un partenaire de confiance pour effectuer les tests, nos conditions climatiques parfois extrêmes permettront d’accumuler d’intéressantes informations.

Un p’tit tour en ville

Lors de la présentation de cet hybride rechargeable, Ford a convié quelques chroniqueurs automobiles à faire un galop d’essai au centre ville de Montréal afin de pouvoir découvrir la conduite de cette Escape assez particulière.
Pourtant, à prime abord, ce modèle ressemble de l’extérieur au modèle hybride conventionnel qui est présentement disponible chez vos concessionnaires Ford. À part bien entendu la décalcomanie obligatoire informant le public qu’il s’agit d’une voiture spéciale et affichant les logos des différents partenaires de cette campagne d’essai. Car en plus d’Hydro Québec, Ford a recruté huit autres sociétés de services publics d’électricité et mis 21 véhicules similaires sur la route dans le cadre de ce test qui durera trois ans.

Comme la semaine précédente j’avais eu l’opportunité de conduire une Escape à moteur conventionnel, il m’était facile de faire la comparaison avec ce modèle expérimental. Et si vous vous attendiez à ce que je vous décrive un tableau de bord digne d’un film de science fiction, vous serez déçus car celui du Hybride Rechargeable est en tout point semblable à celui de la version régulière. La seule différence est que l’écran d’affichage permet de gérer certaines des fonctions de ce moteur assez spécial. Pour le reste, tout est identique, du moins jusqu’à ce qu’on lance le moteur.

Si vous tournez la clé de contact à fond, le moteur à essence ne démarre pas,  sauf si les batteries sont à plat ou non suffisamment chargées. Si tout est correct, un témoin lumineux vous averti que la voiture est prête et vous accélérez en silence. Si vous ne roulez pas à une vitesse supérieure à 60 km/h et n’appuyez pas précipitamment sur l’accélérateur comme j’ai fait pour doubler en ville, vous pouvez rouler une soixantaine de kilomètres en mode électrique. Et si jamais vous passez automatiquement en mode essence, la transition est imperceptible. D’ailleurs, c’est mon copilote qui m’a averti que j’étais en mode essence après avoir doublé, je ne m’en étais pas aperçu. Comme l’Escape Hybride ‘régulier’, la transmission est une boîte CVT. Il faut ajouter qu’une fois les batteries servant à rouler en mode exclusivement électrique sont épuisées, l’Escape Hybride Rechargeable devient tout simplement un hybride conventionnel.

À la conduite, il n’y a aucune différence entre l’hybride actuel et sa version rechargeable expérimentale. Mais dans la vie de tous les jours, il existe une différence majeure : pour pouvoir rouler pendant 60 km en mode électrique solo, vous devrez recharger les batteries. Pour ce faire, vous devrez brancher la voiture à une prise 120 volt et attendre de six à huit heures afin de recharger les batteries. Parlant de celles-ci, elles sont logées sous le plancher de la soute à bagages.

En conduite de tous les jours sur les routes secondaires et les grandes routes, le poids du rouage hybride rechargeable est plus lourd que celui de la version hybride régulière d’environ 100 kg. Ce qui devrait avoir une incidence lorsqu’on roule en mode hybride conventionnel. Malgré tout, notre bref galop d’essai nous a permis de découvrir un véhicule ultra simple à conduire, possédant un comportement routier comme celui des autres Escape et capable de vous faire profiter d’une conduite de 2 litres aux 100 km lorsque les conditions sont idéales.

Ford et les véhicules électriques

Plusieurs fois par le passé, les constructeurs nous ont invités à des présentations de la sorte sans qu’il y ait une suite. Mais chez Ford, on nous assure que la compagnie est vraiment sérieuse dans ses intentions d’offrir des véhicules hybrides rechargeables et des véhicules complètement électriques d’ici peu.

Selon Nancy Gioia, en 2010, le constructeur de Dearborn commercialisera une version 100 % électrique du nouveau Transit Connect dont l’autonomie maximale sera de 160 km. Une année plus tard, une nouvelle Focus fera son entrée sur le marché, elle aussi 100 % électrique et avec un rayon de 160 km. Puis, en 2012, la seconde génération de la Fusion Hybride sera lancée et elle bénéficiera d’une efficacité de 30 % en mode hybride. Toujours en 2012, l’Escape Hybride Rechargeable sera finalement lancée.

Somme toute, ça semble parti chez Ford en ce qui a trait aux énergies alternatives. Et si jamais Chrysler ou Fiat-Chrysler, peu importe le nom, tient ses promesses et commercialise ou deux des véhicules électrique promis à l’automne 2008, le paysage automobile nord-américain ne sera plus jamais le même. Et il en faut pas oublier que General Motors, en février dernier, était prêt à commercialiser une Saturn Vue Hybride Rechargeable avant que le tsunami financier le frappe. Une fois la restructuration complétée, il ne serait pas surprenant que GM transfère cette technologie à son nouvel Equinox ou au GMC Terrain.

Et je suis persuadé que chez Hydro-Québec, personne ne s’en plaindra. Reste à voir maintenant quel sera le prix d’achat de tous ces produits écologiques. Pour que le public s’y intéresse en masse, il faudra que le prix du pétrole grimpe de façon spectaculaire et que la crise économique mondiale se résorbe.

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