Ford Taurus 2017: Même les policiers l’apprécient

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2017

Depuis ses débuts dans les années 80, la Ford Taurus a connu une carrière mouvementée : après avoir été le véhicule le plus vendu en Amérique, elle a connu une longue descente aux enfers avant d’être abandonnée par son constructeur. Ford a ensuite utilisé cette appellation sur un modèle multisegment (Taurus X) qui n’a pas eu beaucoup de succès. Ce fut à nouveau l’oubli avant que Alan Mulally, alors le grand patron de Ford, trouve illogique de ne pas réutiliser un nom qui avait connu ses heures de gloire et qui avait encore une bonne valeur marchande aux yeux des acheteurs.

En 2008, ce fut donc le retour en force de la Taurus… qui était, en fait, une Ford Five Hundred. Mais, tant qu’à refaire cette dernière, pourquoi ne pas lui donner le nom de Taurus et plaire à Alan, s’est dit l’équipe de marketing? Afin de s’assurer de ne pas rater le coche, Ford, alors propriétaire de Volvo, avait décidé de faire appel à la plateforme de la S80. Un choix intelligent puisque cette berline était à l’époque l’une des plus sophistiquées sur le marché.

Taurus blanche avec gyrophares

Au cours des dernières années, Ford a développé une version « forces policières » qui est fort demandée aussi bien au pays de l’Oncle Sam qu’ici au Québec. Si vous enfreignez les limites de vitesse, il se peut même que vous soyez intercepté par un policier conduisant une Taurus « police pack » pour utiliser le jargon de la rue.

Même si cette berline possède d’indéniables qualités, ses ventes sont en demi-teinte tout simplement parce que le public québécois boude systématiquement les berlines de grand format, lui préférant des voitures intermédiaires ou mieux, des compactes. D’ailleurs, la plupart des autres modèles de cette catégorie, notamment la Chevrolet Impala et la Chrysler 300 ne font guère mieux à ce chapitre.

Il est vrai que les goûts ne se discutent pas, mais force est d’admettre que les stylistes de Ford ont eu le coup de crayon heureux en réalisant la silhouette de la Taurus dont les formes équilibrées et se démarquent de celles autres modèles de la concurrence. Cependant, cette orientation vers l’élégance a des effets négatifs sur la visibilité arrière qui est particulièrement limitée. En outre, il faut souligner que si les rétroviseurs extérieurs sont suffisamment larges, leur faible hauteur les handicape.

L’habitacle affiche une belle finition pour une voiture nord-américaine, les efforts que Ford a effectués à ce chapitre au cours des dernières années sont dignes de mention. La position de conduite est bonne et la plupart des commandes sont faciles d’accès tandis que le volant se prend bien en main.

Le système de gestion SYNC 3 qui permet de gérer les principales fonctions de la voiture au chapitre des communications et de la climatisation, s’est amélioré par rapport à l’ancienne interface MyFord Touch qui a connu son lot de détracteurs. L’équipement de série est passablement complet : radio satellite, caméra de recul, clé programmable MyKey, contrôle de la stabilité AdvanceTrac et clavier invisible SecuriCode.

Autrefois, la compagnie Ford était surtout identifiée pour ses moteurs V8. De nos jours, le constructeur ne se gêne plus pour innover dans les petites cylindrées. C’est ainsi qu’elle a fait le pari, quand même audacieux, de loger sous le capot de l’imposante Taurus un quatre cylindres de 2,0 litres. Malgré une cylindrée que l’on n’est pas tenté d’associer avec une berline pleine grandeur, il produit 240 chevaux et un couple de 270 livres-pied, grâce à sa turbocompression EcoBoost. Cette Taurus possède des performances tout de même plus qu’adéquates.

Si le quatre cylindres sous le capot vous inquiète, il sera possible d’opter pour un V6 3,5 litres atmosphérique de 288 chevaux. Ce dernier peut être commandé avec une transmission intégrale optionnelle qui se révèle efficace. Enfin, pour les conducteurs ayant des aspirations sportives, la version SHO et son 3,5 litres turbocompressé crachent 365 chevaux, associé de série au rouage intégral. Malgré cette fiche technique invitante, l’agrément de conduite n’est pas nécessairement de la partie en raison d’un manque de rétroaction de la direction et d’une suspension qui, calibrée davantage pour le confort, ne donne pas l’impression de conduire une auto sport.

Ce trio de moteurs est couplé à une boîte automatique à six rapports qui déçoit en raison d’un manque de rapidité à passer les vitesses et qui est parfois saccadée. La Taurus, peu importe le modèle, est une berline qui ne manque pas de qualités et qui propose un choix intéressant de moteurs. Cependant, sa conduite pourrait être plus dynamique.

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