Nissan Quest, intéressante, mais...

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2009

On ne peut pas dire que la fourgonnette Quest figure parmi les grandes réalisations de Nissan. La première génération n’a connu qu’un succès mitigé, et ce, à l’époque où la fourgonnette était le véhicule du jour. Chez Nissan, on en a déduit que ce modèle était trop similaire à la concurrence. Lorsqu’est venu le temps de concevoir la seconde génération au début du 21e siècle, les ingénieurs se sont retroussé les manches pour nous offrir quelque chose d’unique en son genre. Non seulement la Quest était-elle la plus volumineuse de sa catégorie, mais aussi la plus originale.

Mais parfois, à vouloir trop bien faire, on commet des erreurs. Il est vrai que ce modèle se démarquait fortement de la concurrence par sa silhouette plus qu’originale et son habitacle inspiré par la science- fiction. Cette originalité à tout crin n’est pas ce qui a fait fuir les acheteurs. Bien au contraire. Au début, les gens ont été attirés par l’exceptionnelle habitabilité de ce modèle, son habitacle très pratique et même sans doute son tableau de bord futuriste.

En fait, c’est la plate-forme qui est la grande coupable, car elle manquait fortement de rigidité, ce qui se traduisait par d’innombrables bruits de caisse dont la sonorité était accentuée par la grandeur de l’habitacle qui faisait office de caisse de résonance. Ajoutons à cela les sièges arrière qui, une fois repliés, émettaient des grincements fort désagréables.

Problèmes corrigés

Il faut rendre hommage aux ingénieurs qui se sont attaqués à ces problèmes. En effet, en 2006, une version revue et corrigée est apparue sur le marché et la plupart des problèmes rencontrés lors du lancement en 2004 ont été corrigés. En premier lieu, le tableau de bord de style quasiment cosmique a été sérieusement modifié. Il demeure cependant toujours original, avec son levier de passage des rapports monté sur la planche de bord, dont la partie centrale se prolonge en demi-lune. On a aussi repositionné les commandes de la radio et de la climatisation. Par contre, les stylistes ont conservé le volant si caractéristique du modèle précédent avec des appliques en aluminium et ses commandes sur les branches du volant. Soulignons par ailleurs la présence d’un centre d’information sur la partie centrale supérieure du tableau de bord, difficile à consulter car les lettres noires sur fond orangé n’offrent pas un contraste suffisant.

Les sièges arrière étaient une autre source d’irritation. Une fois repliés, ils émettaient de nombreux grincements et craquements. On a corrigé la situation tout en conservant la propriété repliable de ces sièges, qui permet d’obtenir une surface de chargement presque plane. Ce n’est pas l’ingénieux « Stow’N’Go » de Chrysler, mais c’est quand même intéressant en fait de concept.

Malheureusement, le manque de rembourrage de la troisième rangée de sièges les rend particulièrement inconfortables. Par contre, même lorsqu’elle est déployée, l’espace réservé aux bagages est impressionnant. Détails en passant, les portières coulissantes et le hayon sont motorisés.

Il faut souligner les nombreux espaces de rangement et les multiples porte- gobelets qui ajoutent à la polyvalence du Quest. Et si vous voulez vous offrir davantage de luxe, vous pouvez commander en option le spectaculaire toit vitré Skyview. Comme si ce n’était pas assez, la console centrale placée au centre du pavillon offre deux écrans vidéo. Bien entendu, il est possible de commander le système de navigation par satellites et une caméra de recul.

Et la conduite?

La Quest a beau nous offrir tous les gadgets possibles et imaginables, elle doit également se démarquer sur la route. On peut dire qu’elle a aussi fortement progressé à ce chapitre. La plate-forme plus rigide contribue à éliminer les bruits de caisse, mais assure également une meilleure tenue de route. La direction a gagné en précision même si l’assistance est toujours trop importante. Et cette fourgonnette ne lésine pas sur les performances grâce à son moteur V6 de 3,5 litres dont les 235 chevaux suffisent amplement à la tâche. Par contre, la boîte automatique à cinq rapports est parfois erratique surtout lorsque vient le temps de rétrograder.

Elle est donc une bonne routière, particulièrement grâce à sa suspension indépendante aux quatre roues qui contribue également au confort dans l’habitacle. Cet ensemble de caractéristiques et de bonnes manières sur la route en fait l’une des fourgonnettes les plus intéressantes sur le marché, si l’on est capable de s’accommoder de quelques irritants, notamment une position de conduite difficile à trouver et un régulateur de croisière parfois brutal. Malgré cela, sa diffusion et sa popularité sont très faibles. Cette situation s’explique peut-être par son départ raté ou encore son prix de vente passablement corsé par rapport à la concurrence.

FEU VERT

Moteur performant
Options inédites
Bonne tenue de route
Habitabilité fort généreuse
Excellente visibilité

FEU ROUGE

Faible diffusion
Transmission capricieuse
Forte dépréciation
Finition inégale
Dimensions encombrantes

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