Cadillac ATS 2015: C'est du sérieux

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2015

Lancée à l’assaut des berlines sport allemandes que sont les Audi A4, BMW Série 3 et autres Mercedes-Benz de Classe C, la Cadillac ATS a frappé un grand coup dès son arrivée en méritant les éloges de la presse spécialisée. Et ce, grâce à un niveau de dynamique relevé de plusieurs crans par rapport aux modèles précédents de la marque. Conçue comme une voiture « mondiale » destinée à plusieurs marchés, et non seulement en fonction des attentes de la clientèle américaine, l'ATS s’est imposée comme une rivale sérieuse pour les valeurs sûres de la catégorie des berlines sport.

En janvier 2014, au Salon de l’auto de Detroit, Cadillac dévoilait en primeur la nouvelle ATS Coupe, histoire de jouer sur de nouveaux tableaux et de concurrencer directement les modèles coupés dérivés des berlines sport de la concurrence. Il ne manque plus maintenant qu’un cabriolet pour que Cadillac puisse compléter la gamme. Lors de ce dévoilement, nous avons appris que le coupé ATS inaugurait le nouvel écusson de la marque et avons constaté que ce modèle affichait une partie avant distincte de la berline. Suite à la réception favorable accordée au coupé ATS, le style de la berline a été revu afin d’adopter le même aspect que celui du coupé et cela constitue l’un des principaux changements apportés à ce modèle pour 2015.

Par ailleurs, le coupé ATS se démarque par ses voies plus larges, à l’avant comme à l’arrière, et sa répartition des masses est de 51 % sur le train avant et de 49 % sur l’arrière, alors que celle de la berline conserve un ratio de 52/48. Tout comme la berline, le coupé est livrable en propulsion ou avec le rouage intégral, mais seulement deux moulins sont proposés, soit le V6 et le quatre cylindres turbocompressé. Le système audio de la voiture est mis à contribution pour amplifier la sonorité du moteur, histoire d’ajouter une dimension sonore plus présente à l’agrément de conduite.

Un châssis performant
La grande force de la Cadillac ATS, c’est son châssis remarquablement équilibré et des suspensions très bien calibrées qui font en sorte que la tenue de route est excellente et que les mouvements de la caisse sont maîtrisés. La direction communique bien la sensation de la route et le freinage est également très performant avec une pédale qui est à la fois ferme et réactive. Il faut croire que les ingénieurs de Cadillac ont beaucoup appris de leurs essais menés en Europe, car le châssis de l’ATS et ses liaisons au sol sont en phase avec les meilleures allemandes de la catégorie.

Par contre, il reste encore du travail à faire pour ce qui est des motorisations, particulièrement afin de les rendre plus souples et agréables. Par exemple, le moteur quatre cylindres turbocompressé de l’ATS livre sa puissance maximale de façon assez pointue à un pic de 5 500 tours/minute, alors que le quatre cylindres turbocompressé de la BMW 328i fait preuve d’une plus grande souplesse en libérant son couple de façon presque linéaire de 1 250 tours/minute jusqu’à sa limite de révolutions. Même constat concernant les six cylindres où le V6 de Cadillac n’est pas aussi onctueux et souple que le sublime six cylindres en ligne turbocompressé du constructeur bavarois. De plus, l’essai d’une berline ATS à quatre cylindres turbocompressé m’a permis de constater que le moteur vibrait assez fortement au ralenti lorsque la voiture était immobilisée à un feu rouge, par exemple. C’était assez irritant pour que je passe au neutre à chaque feu rouge, afin de hausser légèrement le régime moteur et d’éliminer cette désagréable vibration.

Un système de télématique détestable
L’autre irritant majeur de l’ATS est son système de télématique CUE qui est très évolué mais qui présente une lacune importante du côté de la sensibilité de son écran tactile. Le problème est simple, on appuie sur une touche « virtuelle » apparaissant à l’écran pour commander une action pour s’apercevoir que le système CUE « pense » que l’on vient d’appuyer sur la touche voisine et commande donc une action toute autre que celle que l’on souhaitait. Aussi faut-il prendre un soin inconsidéré pour appuyer correctement sur la bonne touche. Tout ça en quittant la route des yeux, ce qui est incompatible avec une conduite sécuritaire...
 
L’ATS prouve que Cadillac peut réussir à s’imposer dans un créneau où la concurrence est rude. Son châssis est impeccable, il ne reste qu’à effectuer des progrès du côté des motorisations et de la télématique afin de pouvoir éventuellement aspirer à la plus haute marche du podium, tout en tenant compte du fait que les rivales continueront de progresser également.

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