Lexus LS 2015: La perfection peut être un défaut

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2015

La LS n’est pas seulement une berline de luxe. Pour les dirigeants de Lexus, la division de prestige de Toyota, elle doit être ce qui se fait de mieux en la matière. Elle doit être la meilleure en fait de finition, de qualité de matériaux, de douceur de roulement, et la liste est presque interminable. D’ailleurs, c’est cette quasi-perfection qui a incité tant de gens à passer dans le camp nippon après avoir été déçu par la fiabilité erratique de leur Allemande ou pire encore de leur Britannique.

Chez Lexus, cette course à la perfection est incessante et on s’attarde aux moindres détails. Par exemple, dans l’une des versions précédentes, on s’était assuré que les couvercles de deux contenants placés sur la console s’ouvraient à la même vitesse. Et on nous en avait fait la démonstration chronomètre en main! Malgré tout, la LS était en recul face à la concurrence, probablement en raison de sa présentation extérieure. En effet, avec sa calandre presque anonyme, cette voiture manquait carrément de caractère. Alors que les Audi, BMW et Mercedes-Benz affichaient leur grille de calandre si typique, la LS n’avait qu’une proue qui semblait empruntée à la Camry.

Au cours des derniers mois, une mini-refonte de la silhouette a permis de rectifier les choses avec une grille de calandre en forme de sablier qui fait des merveilles pour transformer la présentation de la LS. On aurait pu être plus imaginatif pour la section arrière, mais dans l’ensemble, les résultats sont quand même probants.

Conservateur vous dites?
Si la silhouette a été requinquée récemment, l’habitacle est demeuré plus ou moins le même. Alors que la concurrence s’évertue à faire de plus en plus moderne en multipliant les gadgets et les présentations tendance, la LS joue la carte du conservatisme et d’une certaine élégance rétro. Son propriétaire va s’émerveiller davantage devant la qualité des cuirs et des surpiqûres qui les décorent, ainsi que devant l’utilisation du fini Shimamoku sur le volant et des appliques sur le tableau de bord. Soit dit en passant, le Shimamoku est un procédé long de 38 jours qui permet à des artisans de superposer de fines couches de bois exotique. Le résultat est tout simplement fantastique.

Il ne faut pas s’imaginer non plus que l’habitacle n’est qu'une affaire de boiseries frôlant l’œuvre d’art et de cuirs fins, la technologie y est omniprésente. Par exemple, l’écran d’affichage et d’information est de 12,3 pouces tandis que le système de climatisation analyse quatre zones de confort afin d’optimiser le niveau de la température sélectionnée. Et les audiophiles pourront profiter de la sonorité exceptionnelle de la chaîne audio Mark Levinson avec ses 450 watts et ses 19 haut-parleurs gérés par un système ambiophonique de classe 7.1.

Somme toute, la LS est destinée aux personnes qui aiment le confort bien avant le comportement routier.

Un défaut majeur

Et cette recherche du confort absolu et de la perfection est en même temps le défaut majeur de cette voiture. En effet, les ingénieurs ont tellement peaufiné ses qualités, éradiqués les irritants et insonorisé l’habitacle que la conduite d’une LS est plus soporifique qu’autre chose. Mais ce qui est un défaut à mes yeux est considéré comme une grande qualité par plusieurs si on se fie à la popularité de cette berline!

C’est sans doute pour intéresser une nouvelle catégorie d’acheteurs que le modèle F Sport a été concocté. N’allez pas vous imaginer qu’on a augmenté la puissance du moteur à la sauce M de BMW ou AMG de Mercedes-Benz. En fait, la puissance demeure la même, soit 386 chevaux produits par un V8 de 4,6 litres associé à une boîte automatique à huit rapports. Parmi les modifications à la mécanique, on peut souligner de puissants freins Brembo, des jantes de 19 pouces, un centre de gravité plus bas, un différentiel à glissement limité et quelques autres modifications du genre. Ces changements ne transforment pas la LS en bombe de la route, mais l’agrément de conduite est plus relevé.

Le modèle de base, si on peut le qualifier ainsi, est une propulsion, tandis qu’il est possible de commander le rouage intégral qui est le seul disponible sur la version à empattement allongé. Cette dernière propose nécessairement des places arrière plus confortables. Quant à la 600h L, elle combine le luxe de l’empattement allongé et du rouage intégral à un groupe propulseur hybride constitué d’un V8 de 5,0 litres assisté d’un moteur électrique qui porte la puissance totale à 438 chevaux. C’est la réplique de Lexus aux moteurs V12 allemands. Malgré cette débauche de technologie, la consommation de carburant du modèle hybride n’est pas trop impressionnante. Par contre, vous vous assurez d’une certaine exclusivité.

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