Nissan Frontier 2014: Pépé perd son dentier

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2014

On peut accuser Nissan de bien des maux mais on ne pourra jamais dire qu’elle fait les choses de façon conventionnelle! Prenons, par exemple, sa camionnette compacte Frontier. Sa dernière refonte majeure remonte à 2005, une éternité… une longue éternité serions-nous portés à écrire. Autrefois, les camionnettes n’évoluaient pas au même rythme que les automobiles, mais aujourd’hui, ça bouge et vite.

Alors que le marché de la camionnette compacte a fondu comme des journées de vacances estivales, Nissan persévère avec son Frontier, convaincu que plusieurs personnes n’ont que faire d’un pick-up grand format. En fait, en 2012, au Canada, il s’est vendu à peine 15 000 de ces camionnettes, incluant le Toyota Tacoma et le Honda Ridgeline. Dans la même période, il s’est vendu 106 358 Ford Série F… Bien des entreprises ont déjà coupé des modèles pour moins que ça! Mais Nissan ne fait jamais rien comme les autres et persiste. Un jour, peut-être signera-t-elle!

Moins de friction interne

Quoi qu’il en soit, l’an dernier, après la sortie du Guide 2013, Nissan a revu, quasiment en secret, certains éléments de son Frontier. Plusieurs pièces du V6 de 4,0 litres et de la transmission automatique ont été modifiées dans le but de réduire la friction et ainsi améliorer la consommation d’essence. Heureusement. Car lors de nos deux dernières prises en main, cette Nissan était à la frontière du supportable avec 14,9 l/100 km (en janvier, il faut avouer) et 13,5 (en mai). En aucun cas l’auteur de ces lignes n’a abusé de la pédale de droite. D’ailleurs, pourquoi l’aurait-il fait avec un tel véhicule?

Le Frontier, comme on peut l’imaginer d’un véhicule datant de neuf ans, n’a pas le comportement routier d’un Ford F-150 ou d’un Ram 1500, par exemple. Prenons ses suspensions. À l’avant, il arrive, lorsque plusieurs bosses ou trous se suivent, qu’elle réagit horizontalement plutôt que verticalement. À l’arrière, c’est un peu mieux maîtrisé mais si la boite est vide, ça sautille allègrement, surtout quand il s’agit de l’empattement court. Ce qui répond à la question posée à la fin du paragraphe précédent. La direction pour sa part n’est pas très dégourdie et le rayon de braquage se mesure en lieues plutôt qu’en mètres.

Deux moteurs peuvent équiper le Frontier. Un quatre cylindres de 2,5 litres, réservé à la version de base à deux roues motrices. Ce pick-up ne saurait accomplir de lourdes tâches, mais pour quelqu’un qui doit transporter quelques feuilles de contreplaqué à l’occasion, il pourrait parfaitement faire l’affaire. La plupart des gens vont cependant opter pour le V6 de 4,0 litres qui, comme on l’a vu plus haut, avait grandement besoin d’une révision de ses organes internes en vue d’une consommation (un peu) moindre. Au niveau de la puissance, toutefois, c’est réussi et les accélérations et dépassements sont bien sentis.

Le plaisir n’est pas sur la route

Une boite manuelle à six rapports ou une automatique à cinq rapports sont offertes selon le modèle. Elles relaient le couple du moteur aux roues arrière ou, sans doute plus souvent, à un rouage 4x4. Le Frontier étant un truck, « un vrai truck avec un frame de truck », c’est du solide. Déjà, juste en enclenchant le 4x4 au moyen d’un bouton au tableau de bord (on aurait préféré un bon vieux et viril levier à l’occasion récalcitrant), on entend bien le  « clok » caractéristique d’une solide assurance en hors route. Et ce n’est pas de la frime. En mode 4Lo (gamme basse), la démultiplication est telle qu’il faut vraiment un obstacle majeur pour stopper le véhicule. Pour ceux que ça intéresse, l’angle d’attaque est de 32,6 degrés, l’angle de départ de 23,3 tandis que l’angle ventral est de 20,6. La garde au sol minimale, pour le V6, est de 8,9 pouces (226 mm).

Au risque de nous répéter, le Nissan Frontier a 9 ans. Si une année de chien équivaut à sept années humaines, dans le domaine de l’automobile, on parle d’au moins dix ans par année humaine! Le Frontier ne peut plus cacher ses rides. Au chapitre de la carrosserie, pépé s’habille avec des vêtements de jeune, ce qui l’aide à cacher sa vieillesse. Mais dès qu’on ouvre une portière, pépé perd son dentier. Les plastiques sont durs, l’éclairage jaune du tableau de bord nous ramène aux années 1980, le coffre à gants est petit, les espaces de rangement sont peu nombreux et l’espace pour les pieds des personnes assises à l’avant est réduit par une bosse cachant la transmission. Au moins, le système audio Rockford Fosgate de notre exemplaire à l’essai possédait une sonorité fort agréable et les sièges avant, sans être d’un confort de Maxima, n’étaient pas désagréables pour autant. À l’arrière, c’est une autre paire de manches mais comme l’assise des sièges de la cabine double se soulève pour créer un bel espace de rangement, nous n’en ferons pas mention. La version King Cab propose des strapontins mais j’ai bien peur que l’offre ne soit déclinée la plupart du temps…

Même s’il date, le Nissan Frontier demeure une excellente camionnette pour quiconque n’a pas besoin d’un modèle pleine grandeur. Eh oui, il existe encore des gens qui aiment se stationner dans un espace normal…

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