Mazda CX-5 2013: Mazda ose et se distingue

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2013

Lorsque le constructeur japonais Mazda a décidé de développer de nouveaux moteurs ainsi qu'une plateforme de nouvelle technologie, le défi était de taille. En effet, Mazda venait de racheter les actions que Ford détenait dans la compagnie et ses ressources techniques et financières se sont trouvées nettement plus taxées. Développer un système, le SKYACTIV, comportait un certain élément de risque, autant technique que financier.

Heureusement, plusieurs mois après le lancement de cette technologie et des modèles qui l’utilisent, on peut d'ores et déjà annoncer que le pari a été gagné de belle façon. D'ailleurs, la technologie SKYACTIV a été nommée la Technologie de l'année en 2012 par les rédacteurs de cet ouvrage.

Reste donc à savoir comment se traduit l'intégration du SKYACTIV dans la CX-5.

C'est quoi le SKYACTIV?

Depuis la première utilisation de cette technologie dans la Mazda3 en 2011 et ensuite dans la CX-5 au début de 2012, la publicité de ce constructeur a abondamment parlé de celle-ci. Dans la plupart des cas, on serait porté à croire qu'il ne s'agit que de moteurs faisant appel à des modifications internes de fonctionnement afin de réduire la consommation de carburant. Mais, avant d'entrer dans les détails, il faut savoir que ça inclut également deux transmissions et une toute nouvelle plateforme.

Si le système SKYACTIV impressionne autant de gens, c'est surtout grâce à sa grande simplicité compte tenu de son efficacité. En effet, les ingénieurs d'Hiroshima ont décidé de ne pas faire appel à des éléments technologiques complexes ou encore à des matériaux exotiques qui auraient fait grimper la facture. Ils ont pris en considération que le moteur thermique utilisé dans une automobile perd environ 90 % de son efficacité en raison de la friction, de la surchauffe et d'une combustion incomplète. Ils se sont dit qu'ils pouvaient faire mieux et se sont mis à la tâche. Ils ont en quelque sorte réinventé le moteur à combustion. En tout premier lieu, ils ont opté pour des pistons dont la course est plus longue et adopté un taux de compression très élevé pour un moteur à essence. Dans le cas qui nous concerne, il est de 13 :1 alors qu'en général, il est de 8 :1 ou 9 :1 pour un moteur de voiture de tourisme. Bien entendu, cela a nécessité l'utilisation de pistons spéciaux tandis que la culasse ainsi que le jeu de soupapes ont été revus. Soulignons au passage que, pour l'instant, seul le moteur atmosphérique 2,0 litres est commercialisé sur notre continent et il est donc l’unique moulin disponible dans la nouvelle CX-5. Par ailleurs, dans d'autres marchés, Mazda propose également un turbodiésel de 2,2 litres.

Deux transmissions sont au catalogue. La boite manuelle est à six rapports. Les ingénieurs ont réduit la friction interne et ont consacré beaucoup d'efforts à améliorer la précision de la course du levier ainsi que la rapidité des passages de vitesse. On s'est beaucoup inspiré de la transmission de la MX-5, une référence en la matière. Mais les ressources techniques et financières ont été surtout consacrées au développement d'une nouvelle boite automatique à six rapports. Les ingénieurs ont voulu incorporer dans cette transmission les avantages d'une boite à rapports continuellement variable (CVT) à la rapidité d'exécution d'une boite à double embrayage.

Dans les deux cas, c'est réussi. Quand on conduit la CX-5 équipée d'une transmission manuelle, on a l'impression de conduire une petite sportive. Quant à la boite automatique, elle effectue les passages de rapport en douceur et avec rapidité. En fait, on ne perçoit pratiquement pas sa présence. Bien entendu, puisqu'il s'agit d’un VUS compact, il est possible de commander cette Mazda avec la transmission intégrale, mais seulement en combinaison avec l’automatique.

Puisque la CX-5 est le premier véhicule Mazda à incorporer le système SKYACTIV dans son ensemble, on retrouve également une toute nouvelle plateforme. Celle-ci a permis aux ingénieurs de réinstaller les points d’ancrage de la suspension arrière afin d'en optimiser le rendement.

Nouvelle philosophie de design
L’arrivée de ce nouveau modèle nous permet aussi de découvrir le premier véhicule dont la silhouette est inspirée par la nouvelle philosophie de design de Mazda, appelée Kodo (« image de l'âme du mouvement »). Même si les stylistes ont beau parler de leur démarche conceptuelle, le public s'intéresse à la présentation. Lors de nos essais de la CX-5, la plupart des personnes que nous avons rencontrées ont émis des commentaires plutôt élogieux par rapport à la silhouette de cette nouvelle venue. La partie avant est mise en évidence en raison d'une calandre aux dimensions passablement généreuses. De plus, celle-ci est quasiment verticale, ce qui donne une impression de force et de robustesse à l'ensemble. Par ailleurs, une ligne de fuite latérale et ascendante sur les parois confère une image plus dynamique.

Cette nouvelle Mazda nous fait rapidement oublier le Tribute, le modèle qu'elle remplace, tant par sa silhouette que par la présentation de l'habitacle. Il faut se souvenir que l'offre précédente du constructeur était un modèle partagé avec Ford qui était alors actionnaire majoritaire dans la compagnie. Sans vouloir dénigrer un produit, force est d'admettre que le Tribute avait fait son temps. Sa planche de bord était correcte, sans plus. Les stylistes ont adopté une approche très sobre lorsqu'ils ont conçu le tableau de bord – plus moderne – de la CX-5. En effet, les commandes sont localisées dans la partie centrale inférieure du tableau. Comme dans toutes les Mazda, la qualité des matériaux et de la finition est impeccable. Il faut également souligner une excellente position de conduite.

Pratique et sportive

Avant de parler de comportement routier, mieux vaut préciser que les promesses faites par les ingénieurs de réduire la consommation de carburant de la CX-5 par rapport au Tribute ont été tenues. En effet, alors que la consommation moyenne de ce dernier était de 10,4 l/100 km, celle de la nouvelle venue est de 7,1 l/100 km, une diminution d'environ 30 %. Voilà des chiffres qui risquent d'intéresser plusieurs acheteurs étant donné le prix de l’essence…

De prime abord, un moteur de 155 chevaux dans un VUS peut sembler un peu juste. Mais à l'usage, ses performances sont correctes et personne ne devrait se plaindre du nombre d’équidés sous le capot. Il faut bien admettre que le but de cette technologie SKYACTIV était initialement de réduire la consommation de carburant et non pas d'aller aux courses. Un détail en passant, la technologie des soupapes de ce moteur explique le léger bruissement de celles-ci lorsqu’on lance le moteur. Mais cela ne dure que quelques secondes et on me dit chez Mazda que c'est normal : c'est en raison de la technologie utilisée pour accélérer le réchauffement du pot catalytique.

Un peu à l'image du Volkswagen Tiguan, la capacité du coffre n'est pas la plus importante de sa catégorie. Mais à moins d'avoir des besoins vraiment hors normes en la matière, il devrait convenir à la quasi-totalité des utilisateurs.

Enfin, Mazda est tellement convaincue des qualités routières de sa CX-5 qu'elle a invité les journalistes automobiles à la piloter sur le légendaire circuit de Laguna Seca en Californie. Mes collègues Gabriel Gélinas et Sylvain Raymond étaient de la partie. Leur conclusion : aucun autre VUS de cette catégorie ne propose une tenue de route aussi relevée. Si pour vous VUS et agrément de conduite sont des éléments irréconciliables, cette Mazda pourrait vous faire changer d'idée. En conduite normale, c'est donc sans problème qu'on peut aborder toutes les conditions routières que l'on doit affronter au cours d’une année. Ajoutons également que la direction est précise et que la suspension est bien calibrée.
La CX-5 est la preuve sans équivoque que cette nouvelle technologie SKYACTIV de Mazda est une réussite.

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