Honda Pilot 2013: Sage et fonctionnel

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2013

Dans cette même page, il y a deux ans, je vous disais tout l’amour – n’ayons pas peur des mots… – que j’avais pour le Honda Pilot. Deux ans plus tard, les sentiments sont toujours présents. Le Pilot n’est pas parfait, avec notamment sa planche de bord qui tient du mystère. Mais ses autres atouts font encore de lui, le sage et pratique Honda, un incontournable pour qui se cherche un huit places. Et ce, même si la prochaine génération est à nos portes.

Premier bon point : le Honda Pilot est l’un des utilitaires huit places au moteur (un V6 de 3,5 litres, pour 250 chevaux) le plus discret et le plus sobre en carburant qui soit. Notre essai d’une semaine avec une version à rouage intégral s’est résumé à 11,5 L/100km – nommez-moi un huit places qui ne soit pas diésel ou hybride qui fasse mieux… N’essayez pas, vous ne trouverez pas!

C’est que le Pilot est équipé de la désactivation des cylindres, un dispositif qui a le bonheur d’agir en toute transparence – seul un voyant Eco qui s’illumine trahit la chose. Certes, 250 chevaux pour ébranler pareille masse, ça ne livre pas des accélérations d’un dynamisme à tout casser. Même qu’on aurait eu l’impression d’être au volant d’une lourde et peu athlétique fourgonnette, n’eut été cette direction qui se fait précise et de bonne résistance.

Là où le presque jumeau Acura MDX propose un comportement tout en velours (son V6 de 3,7 litres est d’ailleurs plus onctueux), le Pilot se fait plus rugueux dans sa motorisation, mais aussi dans sa suspension. Cette dernière est ajustée de façon à faire sentir la route (certains cahots plus que d’autres, en tout cas), mais ce n’est pas au détriment du confort. C’est toujours une boîte automatique cinq rapports qui négocie la vigueur, quand la concurrence fait dans les six, voire sept ou huit vitesses. On pourrait s’en plaindre, mais à défaut d’être la plus rapide en ville, cette boite agit en douceur, tout en accordant une bonne économie en carburant. S’il faut vraiment critiquer la transmission, faisons-le pour l’absence d’un mode manuel.

La traction intégrale qui équipe le Pilot en est une à contrôle variable et jusqu’à 70 % du couple peut passer aux roues arrière. C’est très correct pour se rendre au chalet dans le fond du bois – et on aime le verrouillage manuel 50-50 %. Mais… ne pensez pas faire du off road avec ça, surtout avec cette garde au sol d’à peine 202 mm (à exécuter l’enjambée pour grimper à bord, on la dirait cependant plus haute). Par ailleurs, ce rouage n’a rien du Super Handling du MDX, qui fait varier le couple entre les deux roues arrière. Conséquence : la tenue de route avec le Pilot n’est pas aussi assurée en virage que pour le jumeau de luxe.

Simple dehors, mais dedans…
Dehors, c’est simple : silhouette carrée, de style masculin et très sage. Dedans, c’est… le mystère. Même si la disposition des commandes a été « revue » l’an dernier, la presque cinquantaine de pitons sur la console n’est pas instinctive à déchiffrer – ni à utiliser. Après une semaine à bord, on se cherche encore. Et ce n’est guère mieux pour les contrôles au volant, qui demandent un tour de passe-passe ne serait-ce que pour obtenir la consommation moyenne. Par contre, la navigation et la connectivité Bluetooth, manœuvrées d’une molette qu’on tourne, pousse ou enfonce, sont parmi les plus aisées à apprivoiser de l’industrie.

Alors que le MDX contient sept places, le Pilot en accorde une de plus à la 3e rangée. Si cette 8e place est restreinte, les autres sont généreuses – oui, oui, même les 6e et 7e places en sont des vraies! La cabine est éclairée, un peu comme un aquarium (on s’y sent d’ailleurs plus en liberté qu’à bord du MDX) et évidemment, l’espace de chargement est monstre; avec plus de 2460 litres derrière les sièges avant, c’est presque d’un autobus dont on parle ici. Test à l’appui mené il y a deux ans, un matelas King entre là-dedans… Oh, et la vitre du hayon s’ouvre de façon indépendante, ce qui est pratique - une rareté chez les utilitaires.

Concernant la qualité des matériaux, c’est raisonnable, mais quelques plastiques durs qui traînent ici et là, de même que des surfaces qui luisent comme si elles étaient enduites de Armor All, laissent une impression négative. Par contre, l’insonorisation est bonne, les sièges sont très confortables (même sur 4 000 km pendant six jours) et on aime la position de conduite élevée. Surtout, il y a tellement de possibilités de rangement là-dedans, notamment avec cette gigantesque console centrale, que si l’on n’y prend garde, on se retrouve avec la moitié de la maisonnée embarquée à bord.

À la prochaine…
À deux (eh oui, ça existe!) ou à quatre roues motrices, le Pilot en variante de base n’offre pas toutes les gâteries que l’on souhaiterait, sauf peut-être la climatisation automatique trois zones. Il faut donc s’élever dans l’échelle des versions pour obtenir les sièges chauffants avant, ceux à la 2e rangée, ou encore le hayon électrique ou la caméra de recul (cette dernière devrait être de série afin de faciliter les manœuvres en stationnement d’un si long véhicule). Et même si vous mettez tous les bidous possibles pour la variante Touring (presque 50 000 $), vous n’aurez toujours pas de toit panoramique, ni de déverrouillage intelligent, encore moins de démarrage sans clé.

Bientôt, à la prochaine génération, sans doute…

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