Chevrolet Cobalt, le choix du compromis

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2007

Avez-vous déjà remarqué, quand il est question de voitures américaines, comment les gens ont tendance à snober ? Pas question d’affirmer d’entrée de jeu qu’ils sont satisfaits de leur voiture. Il est beaucoup plus “trendy” de faire la moue en traitant des Chevrolet ou Pontiac de ce monde. Et personne ne pensera à nier le fait que beaucoup de voitures américaines méritent ce traitement sans même soulever la discussion. Mais ce n’est pas toujours le cas et la Cobalt, et sa demi-sœur la Pontiac G5, font partie de ces exceptions.

Précisons tout de suite la chose : la G5 n’est pas un nouveau modèle, seule l’appellation a été modifiée. Un peu comme certains artistes qui, de Leclerc deviennent des Leloup, la défunte Pursuit a cédé sa place à la G5. Pour le reste, l’année 2007 réserve bien quelques changements aux deux modèles, mais rien de réellement radical.

Hésitation d’origine

Il faut reconnaître cependant que la Cobalt n’aide pas toujours sa cause en matière de réticence puisque son look n’a rien de vraiment séduisant. On sent immédiatement l’inspiration de l’ancienne Cavalier, même si dans les faits, rien n’est commun entre les modèles. Même son de cloche du côté de la G5 qui profite, de son côté, de la calandre propre à Pontiac et que l’on affirme plus sportive.

Je l’admets, quand j’ai d’abord posé le regard sur la Chevrolet Cobalt, j’ai eu quelques hésitations. En fait, je m’attendais à passer une période d’essai ponctuée d’ennui, et étais persuadé qu’il me faudrait quelques bouteilles de Guru énergisantes pour reprendre le rythme. Or, rien n’est plus faux. Ce serait mentir de dire que ce fut la semaine la plus remplie d’émotions de toute ma vie, mais la conduite fut agréable, et tout à fait à la hauteur. Il faut dire que GM a fait des efforts remarquables avec sa Cobalt. Le tableau de bord par exemple donne au moins l’impression d’avoir été pensé par de vrais designers, contrairement à ce que bon nombre d’autres modèles ont à proposer. On a réussi à marier les couleurs et les textures pour créer un environnement plus dynamique. Il est exact qu’on continue d’utiliser du plastique rigide de qualité médiocre, et que la finition est loin d’être exemplaire, mais on réussit tout de même à pardonner cet écart de conduite.
Ce qui est moins pardonnable cependant, c’est la qualité des sièges de la voiture. Peu rembourrés, sans aucun support latéral, ils suffisent à peine à supporter le poids de quelqu’un qui, comme moi, a un tantinet excédé son poids de jeune fille... Pour faire un peu oublier cet inconfort, on a au moins placé les commandes à des endroits stratégiques et on les a rendues faciles à utiliser. L’habitacle est donc un lieu de compromis non sans reproches, mais qui n’a rien de catastrophique.

Quant au coffre, il est vaste, mais l’accès en est rendu difficile par une ouverture à la forme un peu étrange. On peut tout de même rabattre la banquette arrière pour un peu plus d’espace.
Mentionnons tout de même que la version SS Supercharged hérite d’un habitacle sérieusement modifié. Les sièges, plus sportifs, sont cette fois conçus pour offrir plus de support, et la finition a été légèrement rehaussée. Sans compter que des cadrans supplémentaires, destinés à permettre de mieux évaluer la performance, sont bien visibles et confirment sans aucun doute la nature sportive du véhicule.

Accessoires à gogo

Ce qui fait le charme de la Cobalt et de sa sœur, c’est d’abord la gamme étendue de modèles proposés. La seule Cobalt est offerte en versions LS coupé et berline, LT coupé et berline, LTZ coupé et berline, SS et SS Supercharged. Quant à la G5, elle se contente (!) des modèles SE et GT. Vous l’aurez compris, la liste d’équipements de série change d’une version à l’autre. Mais mieux encore, la mécanique elle-même est différente. Ainsi, les versions de base (jusqu’à LTZ) reçoivent un 4 cylindres Ecotec 2,2 litres dont la puissance a été haussée à 148 chevaux cette année. La Cobalt SS utilise plutôt l’Écotec 2,4, dont la cavalerie s’élève à 173 chevaux, alors que la super sportive, la Supercharged, s’éclate en faisant ronronner ses 205 chevaux.

Pour supporter toute cette mécanique, GM a utilisé la plate-forme Delta, qu’elle partage avec aussi avec la Saturn Ion. D’une grande rigidité, le châssis de la voiture réserve un comportement sans surprise. La direction, sans être bavarde comme une pie, n’est pas entièrement endormie et favorise tout de même une certaine sensation chez le conducteur. En revanche, les pneus de série sont bruyants, peu efficaces, et ont une nette tendance à hurler dès que l’on pousse un peu fort en trajectoire courbe.La boîte de vitesses, une traditionnelle boîte automatique à 4 rapports, tarde parfois à réagir et un 5e rapport aurait sans doute permis de mieux étager la puissance, notamment en reprise. Signalons tout de même que toute la gamme est aussi livrable avec une boîte manuelle 5 vitesses, et une boîte plus performante dans le cas de la SS.
Voiture familiale d’abord, voiture de compromis surtout, la Cobalt et la G5 ne sont pas des voitures à éviter, bien au contraire. Mais un peu plus de finition, et un peu plus de look leur permettraient certainement de mieux se rendre justice.

feu vert

Versions SS et Supercharged
Tableau de bord de belle apparence
Accessoires abondants
Plate-forme moderne

feu rouge

Design sans enthousiasme
Matériaux de piètre qualité
Accélérations perfectibles
Freinage un peu long

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