Chevrolet SSR, EL CAMINO, la suite

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2003

Lorsque la division Chevrolet a dévoilé son prototype SSR (Super Sport Roadster) au Salon de l'auto de Detroit en janvier 2000, personne ne se doutait que cette camionnette au toit rétractable allait susciter un tel enthousiasme. Avec sa silhouette rétro, sa taille svelte, ses ailes en relief et son museau sympathique, ce Chevrolet a été la vedette de l'événement. Pour répondre à la demande populaire General Motors a décidé que ce concept deviendrait réalité. En août 2001, la haute direction annonÇait que le SSR allait être fabriqué en série.

La décision s'est prise en un temps record, surtout pour ce constructeur qui a toujours eu la fâcheuse habitude de tergiverser et de remettre sa décision au lendemain. Puisque le SSR sera offert au public au début de 2003, il s'agit quasiment d'un record. Plusieurs étaient certains que le modèle, dans sa version finale, serait fort différent du prototype, notamment le toit mobile qui est complexe et onéreux à produire. Encore une fois, ce fut une agréable surprise lorsque la version définitive a été annoncée puisque le toit rétractable a été retenu. Celui-ci est constitué de deux parties mobiles et il se remise à la verticale entre la cabine et la caisse de chargement. Il suffit d'appuyer sur un bouton pour que cette coupole s'escamote. C'est la preuve que les Nord-Américains sont capables de faire aussi bien que les Allemands et les Japonais à ce chapitre. D'ailleurs, ceux qui ont quelques notions d'histoire de l'automobile se souviennent que ce sont les Américains, au cours des années 50, qui ont développé cette technologie. Les autres se sont contentés de moderniser et de raffiner le concept.

Par contre, le moteur offert de série n'est pas le même que celui du prototype qui était équipé d'un V8 de 6 litres. La version finale sera propulsée par une nouvelle version en alliage léger du V8 5,3 litres qui est devenu le moteur de choix de plusieurs acheteurs de camionnettes intermédiaires de GM. Cette nouvelle version inclut plusieurs raffinements technologiques, mais le moteur est toujours couplé à une boîte automatique à 4 rapports. Soulignons au passage qu'un différentiel de type Torsen sera utilisé afin d'optimiser la traction. Plusieurs auraient toutefois souhaité pouvoir commander le SSR avec une boîte manuelle à 5 rapports, ce qui est impossible pour le moment. Dommage, compte tenu du caractère sportif et ludique de cette camionnette sport.

Cette camionnette vraiment à part n'est pas la première à pouvoir se transformer en roadster. Pour le Dodge Dakota, on avait opté pour le même concept sans grand succès. Non seulement la silhouette était atroce une fois le toit souple en place, mais la rigidité de la cabine avait été sérieusement affectée par cette amputation. Le SSR a été conÇu dès le début pour être un cabriolet et son châssis de type échelle a été développé en fonction de ce modèle. Ajoutons que dans le cas d'une camionnette, la cabine est autonome de la caisse arrière et qu'il est donc plus facile d'obtenir la rigidité voulue. Pour le SSR, le châssis a été initialement emprunté à la camionnette S-10, mais il a été énormément modernisé. L'utilisation de pièces formées par pression hydraulique a permis d'obtenir des éléments légers et rigides à la fois. De plus, comme dans les grosses camionnettes Silverado, les ingénieurs ont développé un châssis à flexibilité variable qui est en mesure de combiner rigidité et confort, deux caractéristiques qui font grandement défaut à la plupart des camions légers sur le marché.

Rétro à la page

Le projet d'une camionnette hors de l'ordinaire a été initialement amorcé par les responsables du studio de design des camions Chevrolet qui voulaient créer un prototype illustrant le passé de la marque. Quatre projets ont été présentés par les stylistes et celui du SSR a immédiatement été sélectionné. Sur le plan visuel, c'est aussi réussi que les New Beetle, Chrysler PT Cruiser et Ford Thunderbird. La mode est au rétro et ce Chevrolet touche la cible en plein centre.

La clé de l'élégance visuelle de ce camion est l'équilibre entre les passages de roues, le galbe du toit et l'avant tout en rondeurs. Et il faut également louanger la haute direction d'avoir très peu modifié le dessin original. Les ailes dégagées, par exemple, sont identiques à celles du véhicule-concept, sauf qu'il a fallu y installer des feux de position. L'utilisation d'un couvercle stylisé pour la boîte de chargement contribue aussi à donner une allure plus sophistiquée tout en améliorant le coefficient aérodynamique. Il faut ajouter que l'utilisation de roues de 19 pouces à l'avant et de 20 pouces à l'arrière favorise la tenue de route en plus de bien planter le véhicule sur la route.

L'habitacle est relativement petit. L'espace de rangement du toit mobile vient rogner de précieux centimètres dans l'habitacle et le dégagement pour les jambes en souffre. C'est quand même adéquat, à la condition qu'on veuille bien déposer ses bagages dans la boîte de chargement. La planche de bord se révèle dépouillée comme celle des camions des années 30. Mais, contrairement à ce qui était le cas dans le prototype, le levier de vitesses n'est plus sur la colonne de direction, mais sur la console centrale puisque deux sièges baquets ont remplacé la banquette originale.

La sonorité du moteur est sportive à souhait et son ronronnement convient bien à l'utilisation anticipée par ses propriétaires, soit de s'amuser au volant. À ce chapitre, le très, très modeste essai partiel de ce modèle réalisé avant de mettre sous presse nous permet de croire que le ramage sera à la hauteur du plumage et que, sans être une voiture sport, cet hybride mi-cabriolet, mi-camionnette offrira un agrément de conduite particulier.

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