Infiniti EX 2011: Plus sportif que la moyenne

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2011

De toute l’industrie « normale » de l’automobile, les V6 de Nissan sont parmi les plus aptes à faire frémir –, et ceux qui émettent les plus belles sonorités. Tendez l’oreille au passage d’une G37 et vous ne manquerez pas de reconnaître ce doux roucoulement de performance… Eh bien, dommage : en ce qui a trait à la sonorité, le V6 de 3,5 litres du EX35 se fait trop discret. On ne l’entend guère de l’extérieur et, excellente insonorisation de l’habitacle oblige, on ne l’entend guère de l’intérieur non plus. C’est comme si on avait trop domestiqué la chose, et ça coupe de moitié – bon, juste du quart –l’exaltation de conduite. Sinon, cette motorisation de 297 chevaux est l’une des plus plaisantes à titiller du pied droit, dans des accélérations linéaires et rarement essoufflées.

Mea culpa : nous n’avons pu conduire avant publication le EX35 muni de l’automatique à sept rapports. Cette boîte, nous en avons cependant fait l’essai dans l’Infiniti M, et si l’on se fie à cette expérience, on est en droit de s’attendre à une bonne harmonie entre les deux principaux organes mécaniques du véhicule. On peut aussi prédire que les manoeuvres devront s’effectuer en douceur; relâcher l’accélérateur trop rapidement pourrait se traduire, comme pour la M, par un indésirable soubresaut.  Un regret, aussi : le passage des vitesses ne monte pas encore au volant, et n’attendez pas que les modes sport, normal et eco soient offerts ; l’Infiniti Drive demeure l’apanage de la M.

Plus sportif que la moyene

Dans un monde – celui du luxe, surtout – où tout va si vite, un véhicule de trois ou quatre ans peut faire figure de vieux « mononcle ».  Pas le EX : le petit (très petit) utilitaire continue d’être l’un des plus intéressants à piloter de sa catégorie. Il faut pour cela remercier la plateforme à propulsion FM qui accueille aussi la G, mais aussi la M et le FX. Gage de solidité sur la route, cette plateforme accorde au EX une tenue de route plus sportive que la moyenne, rehaussée par la traction intégrale (de série), de même qu’une direction très précise et agréable à manier. Pour 2011, les roues de 17 po cèdent la place à des 18 po – des 19 po s’amènent en option.  Le véhicule mise par ailleurs sur une belle fermeté de suspension, ce qui permet d’attaquer avec assurance n’importe quel virage serré. La contrepartie : ça vous brasse pas mal les bourrelets – trop pour la majorité du monde –, mais vous vous en doutez, nous, on aime. Aussi, le freinage est convaincant et dans l’ensemble, on a plus l’impression de piloter une berline cinq portes à hayon qu’un quelconque utilitaire ou « cross-over ».

Cela dit, l’Infiniti EX souffre d’un grand défaut : est-ce qu’on vous l’a déjà dit qu’il est petit, petit, petit ? Imaginez : plus court de 25 mm que la G, il est aussi moins large de 49 mm. Ça paraît dans l’habitacle, où les coudes se serrent et où les jambes, à l’arrière, ne trouvent pas leur compte. Les rangements sont peu nombreux et… transporter passagers et bagages ? Il faut être optimiste avec ce cargo restreint par une ligne de toit descendante et des éléments suspenseurs qui empiètent… Si l’on risque néanmoins l’aventure du chargement, on est récompensé par l’un des hayons les plus légers à manipuler qui soient.

Pour tout dire, le véhicule est principalement conçu pour le pilote, et à peu près lui seul trouvera son plaisir avec des commandes qui ce manient instinctivement (ce qui n’a pas toujours été le cas chez Nissan, mais le constructeur a fait ses devoirs depuis) et l’un des systèmes de navigation les plus simples à apprivoiser (avec ceux de Ford). L’intérieur « brun chocolat » est de bel effet, agrémenté d’un style qui en met plein la vue et des matériaux de qualité. L’assemblage est évidemment impeccable et si on se plaint à bord de cet Infiniti, c’est qu’on est né pour une Bentley.

Pour l’urbain

Le défaut « petitesse » a son bon côté de la médaille : le EX se faufile dans la circulation, même celle dense et urbaine, sans demander son reste. Et il se manoeuvre en stationnement aussi aisément que n’importe quelle voiture. Euh… en fait, non, puisque sur ce dernier point, la visibilité arrière est limitée. Vivement le « Bird View » (optionnel) qui retransmet les environs en vue plongeante par le biais de quatre caméras, comme si on était positionné au-dessus du véhicule.  C’est fort pratique (et assez psychédélique, merci…).  D’autres gizmos du futur honorent le EX, tel l’avertisseur de changement de voie et celui des angles morts. Mais nous vous parions un p’tit 2 $ qu’après une succession de « bips » dans l’habitacle, vous désactiverez rapidement la chose – ce qui se fait d’une simple commande au tableau de bord. Fiou !  Un dernier bon point pour le EX : sa silhouette est encore séduisante, même après plusieurs années sur le marché. Avec son long capot, sa cabine reculée et sa ligne de toit qui fléchit, le véhicule tient davantage du coupé de luxe soufflé aux stéroïdes qu’à l’utilitaire plate et carré. Et ça lui va encore très bien.

Feu vert

Silhouette encore séduisante
Conduite pimentée
Nouvelle boîte sept rapports
Traction intégrale de série
Habitacle impeccable
Système de navigation simple
à apprivoiser

Feu rouge

Petit, petit, petit…
Toujours pas de passage des
vitesses au volant
Visibilité arrière limitée
Peu de rangements
Suspension trop ferme

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