Ford Explorer Sport Trac, mode de vie…

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2010

Conduire une camionnette en Amérique du Nord ne se fait pas que pour des besoins spécifiques. En effet, on aime souvent se balader en camionnette pour le seul plaisir de le faire, tout en gardant en tête que le véhicule pourrait de temps à autre s’avérer utile. On peut aussi ajouter à cela le fait que plusieurs n’ont d’yeux que pour ces véhicules, dont le style et le niveau de luxe s’est énormément bonifié au fil des ans. C’est ce qui explique pourquoi Ford a lancé en 2001 cette version originale de l’utilitaire Explorer. Car pour le côté pratique, on repassera…

Le Sport Trac illustre donc plus un mode de vie qu’un authentique camion. Sa courte caisse d’à peine 4 pieds de longueur ne peut d’ailleurs pas accueillir de gros chargements, se voulant plutôt un endroit idéal pour ranger vos accessoires  de plein air. C’est d’ailleurs pourquoi Ford livre une majorité de Sport Trac équipé d’un couvercle de caisse rigide, repliable, verrouillable et amovible, permettant de protéger et de garder hors de vue vos objets de valeur.

Une belle gueule

Esthétiquement très réussi, le Sport Trac affiche une force de caractère unique. Son format comparable à celui d’une camionnette intermédiaire plait à plusieurs, et le fait qu’il soit offert en d’innombrables versions permet de rejoindre la plus large clientèle possible. En déclin depuis environ deux ans en raison de la hausse du prix du carburant, ce camion a toutefois refait surface grâce à la splendide version Adrenalin, d’allure sportive.  Ornée de jantes de 20 pouces, d’une calandre noire, de marchepieds moulés et de prises d’air latérales, cette version en met effectivement plein la vue.

Quoi qu’on en dise, le Sport Trac est un authentique camion. Après tout, il repose sur le même châssis à échelle que l’Explorer. Très solide, il fait sentir sa robustesse et son poids dès le premier contact. Le seul fait d’ouvrir la portière nous confirme que ce véhicule n’a rien d’une camionnette façon Honda Ridgeline. Une fois à bord, on reconnait tout de suite le poste de conduite identique à celui de l’Explorer, ce qui se veut donc une bonne nouvelle. Sans être parfaitement ergonomique, la planche de bord est fonctionnelle et esthétiquement réussie. Puis, on y retrouve une qualité d’assemblage et de finition plus que raisonnable.

Au volant, la position de conduite est extrêmement appréciable. Les sièges avant sont très confortables, l’espace est généreux et le sentiment d’enveloppement est on ne peut plus agréable. En sortant du véhicule, attention toutefois de ne pas vous accrocher sur la petite pièce de soutien située à la base de la ceinture de sécurité, puisque cette dernière m’a causée une ecchymose sur la cuisse après seulement une semaine.

Quelque chose à remorquer?

Vous remarquerez sur nos routes que les Sport Trac qui y circulent sont souvent accompagnés d’une chaloupe, d’un VTT, d’une moto marine ou d’une petite caravane de camping. Normal, puisque le principal atout de ce camion demeure le remorquage. En effet, le Sport Trac peut remorquer des charges pouvant atteindre 3 248 kilos, soit plus de 7 000 livres. Vous comprendrez toutefois que pour cela, il est obligatoire d’opter pour le moteur V8 de 4,6 litres, offrant 82 chevaux et 46 lb-pi de couple de plus que le V6.

Qu’importe l’option mécanique choisie, l’un ou l’autre des deux moteurs sert bien le Sport Trac. Le V6 est évidemment moins puissant et moins agréable à l’oreille, mais il parvient tout de même à bien tirer son épingle du jeu. Cependant, en raison de sa conception plus vieillotte et d’une boîte automatique affichant un rapport en moins, ce dernier consomme autant sinon plus que le V8, surtout lorsqu’il est appelé à forcer. Il faut donc savoir que l’économie réalisée à la pompe (si on peut parler d’économie) compense pour le surplus à débourser à l’achat.

Inquiet quant à la consommation? C’est normal. Et c’est d’ailleurs ce qui explique pourquoi le Sport Trac est aujourd’hui moins populaire. Une version à quatre roues motrices ou à traction intégrale (dans le cas de la version Adrenalin) exigera un minimum de 15 à 16 litres aux 100 kilomètres, si vous êtes poli avec l’accélérateur.

Sans être aussi agile que l’Explorer, principalement en raison de son essieu rigide arrière, le Sport Trac propose un comportement routier franchement étonnant. Bien sûr, il ne négocie pas un virage de la même façon qu’une Mustang et ne s’avère pas aussi maniable, mais il demeure stable et prévisible en tout temps. Et puisqu’il s’accompagne d’un système antipatinage et du contrôle électronique de la stabilité, les erreurs de jugement peuvent facilement être corrigées. En fait, le seul aspect encore décevant du Sport Trac demeure son diamètre de braquage, trop élevé pour permettre un virage en U ou un stationnement en parallèle dans un espace restreint.

Un peu seul dans son créneau, le Sport Trac continuera certainement son chemin sans rivalité, puisque ses ventes discrètes n’ont rien pour attirer la concurrence. Ford ne s’en plaindra pas, mais il ne serait pas surprenant de le voir disparaitre à moyenne échéance.  Ceci dit, il demeure un produit de qualité, bien construit et qui en dépit de son côté pratique limité, demeure intéressant.

Feu vert

Esthétique réussie
Bonne qualité de construction
Capacités de remorquage intéressantes
Moteur V8 performant
Version Adrenalin attrayante

Feu rouge

Caisse très courte
Consommation élevée
Diamètre de braquage très élevé
Forte dépréciation

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