Nissan Maxima 2018: Entre trois chaises

La Maxima de 8e génération a de quoi nous attiser avec, entre autres, l'une des plus belles silhouettes du marché.

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2018

Présente sur notre marché depuis 1981, la Maxima a connu son heure de gloire dans les années 1990. Et comme à l'époque, Nissan veut que l'on considère sa Maxima en tant que berline sport. Il est vrai que la 8e génération a de quoi nous attiser avec, entre autres, l'une des plus belles silhouettes du marché.

Qui dit berline sport, dit plate-forme à propulsion et/ou à rouage intégral. Pas pour la Maxima, qui mise encore et toujours sur la traction. Une berline sport qui se respecte offrirait non seulement l'intégrale, mais aussi la boîte manuelle, ce que la Maxima ne fait plus depuis 15 ans.

Parlons d’abord de son moteur : ce n’est pas un quatre cylindres turbo comme le veut la tendance, mais le bon vieux V6 de 3,5 litres qu'on aime tant de la famille Nissan, notamment pour sa jolie tonalité grondante. D'une respectable consommation sous les 8 l/100km sur l’autoroute, l'organe se livre dans une douceur qui cache bien ses 300 poulains et son couple de 261 lb-pi. La légendaire main de fer dans un gant de velours, quoi.

La CVT est la seule boîte offerte, mais qu'on ne s'en plaigne pas; elle est l'une des plus évoluées du genre, avec ses sept rapports préprogrammés que l'on peut manuellement négocier. Les reprises sont dynamiques et font passer la voiture pour plus légère qu'elle ne l'est, à environ 1 600 kg. C'est d’autant plus vrai avec la SR, la seule version agrémentée de palettes au volant, mais aussi de pneus 19 pouces (plutôt que 18), d'une suspension raffermie et même – rareté dans la catégorie – d'une gestion électronique du châssis.

Par conséquent, sur la route, contrairement aux autres Maxima, mais aussi bon nombre de concurrentes, la SR se montre la mieux composée, tant en virage qu'en vives accélérations. De quoi rendre tout à fait inutile le sélecteur de conduite Normal et Sport, qui ajuste la réponse de l'accélérateur, la direction (alors d'une belle lourdeur connectée) et la boîte automatique, car même avec le premier mode engagé, le comportement est épicé, bien équilibré et sans nuance. Bref, c'est cette SR qui devrait être le choix du pilote.

Dedans comme dehors

Nous vous le disions en introduction, la Nissan Maxima est l'une des plus belles allures du moment. Au menu de celle qui a conservé le punch de son inspiration, le superbe Nissan Sedan Concept vu au Salon de Detroit en janvier 2014, nous avons affaire à d'attrayantes courbes musclées, la silhouette d'un coupé quatre portes et un toit qui semble flotter au-dessus des piliers laqués noirs, lesquels passent habilement incognito.

On aurait pensé qu'avec des dimensions similaires à l'ancienne mouture, la Maxima, toujours généreuse de ses 4,9 mètres de long, aurait accordé un bon dégagement intérieur et de l'espace cargo. Détrompez-vous! Au nom du style, les flancs qui descendent en goutte d'eau abaissent le pavillon et étriquent les places arrière. Et à 405 litres, le coffre tient davantage de la compacte que de la grande berline.

Le dégagement est plus généreux à l'avant, d'autant que l'on y retrouve l'un des grands atouts de la voiture : les sièges « zéro gravité », qui portent décidément leur désignation. Et ils sont remarquables dans les versions SR et Platine, découpés qu'ils sont d'empiècements à losange. À la planche de bord, les commandes sont simples à apprivoiser et l'instrumentation, devant les yeux du conducteur, livre clairement ses informations, merci à son écran de sept pouces.

L'autre écran, celui tactile de huit pouces fixé au centre de la planche de bord, voit ses fonctions dupliquées par une molette entre les deux sièges. L’intégration Apple CarPlay (mais non l'Android Auto, notez bien) est de série, il faut cependant sélectionner la version la plus haut de gamme pour les fonctions avancées du NissanConnect, tel le contrôle à distance de son véhicule à même son cellulaire. Parmi les aides à la conduite qui équipent l'une ou l'autre des versions de la Maxima, on trouve, entre autres, le très apprécié régulateur de vitesse intelligent et la très efficace détection par visualisation du périmètre. La variante Platine a également droit à l'alerte à la somnolence.

Entre trois chaises

Et c'est ce qui nous amène à conclure sur la situation « entre trois chaises » de la Nissan Maxima. Car la berline a le malheur (encore) de frapper aux portes et des intermédiaires, et des grandes et des marques à l'aura plus prestigieuse.

On ne sait trop si la proposition veut se mesurer aux Honda Accord ou Volkswagen Passat, aux Toyota Avalon ou Ford Taurus, voire aux Acura TLX ou Lincoln MKZ... mais une chose est sûre : la Maxima entend à jouer dans la cour des grands et, à notre avis, elle en est capable.

Feu vert

  • Commandes (enfin) ergonomiques
  • Dynamique de la version SR
  • Boîte CVT agréable
  • Moteur doux et puissant
  • Sièges des plus confortables

Feu rouge

  • Pas de rouage intégral
  • Dégagement intérieur moindre qu'attendu
  • Coffre d'une compacte
  • Prix du prestige, mais sans le badge

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