Ferrari F430/Scuderia, inspiration course

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2009

L’édition 2008 du Guide de l’auto nous a permis de célébrer à notre façon le soixantième anniversaire de la marque au cheval cabré avec un essai spécial de la F430 réalisé sur le circuit du Mont-Tremblant. Compte tenu des performances exceptionnelles de cette voiture sur la piste, on avait peine à croire que Ferrari serait en mesure de les améliorer d’un cran et c’est pourtant ce qui s’est produit avec l’arrivée de la nouvelle version F430 Scuderia dont la mise au point résulte du Challenge Ferrari.

Si vous avez assisté au Grand Prix du Canada au cours des dernières années, vous avez sûrement remarqué la présence en piste des voitures du Challenge Ferrari qui est organisé par la marque à l’intention des richissimes clients qui désirent courir entre eux dans un championnat de type gentleman racer. Les F430 qui prennent part à ces courses ont été considérablement modifiées, et la plupart des changements apportés à ces voitures, exception faite de la cage de sécurité et d’autres éléments de sécurité directement reliés à l’usage de la voiture en compétition, se retrouvent maintenant sur la nouvelle F430 Scuderia.

Opération minceur

Tout comme les Porsche 911 GT3 et GT3RS ainsi que la Lamborghini LP 560-4, la Scuderia a été optimisée en vue d’en faire une voiture de course avec plaque d’immatriculation. La puissance du moteur a été portée à 503 chevaux, et le poids de la voiture a été réduit de 100 kilos, les ingénieurs ayant remplacé le verre de la lunette arrière par du Lexan en plus d’enlever les tapis de l’habitacle et d’installer des sièges de course plus moulants et plus légers. Dès la sortie des puits, on perçoit immédiatement que la « trame sonore » du moteur est beaucoup plus présente que celle de la F430 « ordinaire », et que cette pure musique annonce une expérience hors du commun. Ferrari prétend que la Scuderia est aussi rapide qu’une Enzo sur le circuit de Fiorano, ce que je n’ai aucune peine à croire sur la base des tours que j’ai bouclés avec cette voiture sur un circuit.

Optimisation course

Au freinage, les freins en composite de céramique entrent en action et la décélération est à la fois massive et bien contrôlée. En accélération à pleine charge à la sortie d’un virage, c’est la boîte séquentielle F1 Superfast 2 qui impressionne, les changements de rapports se faisant maintenant en 60 millièmes de seconde, soit aussi rapidement qu’une Formule Un d’il y a quelques années, alors que la F430 habituelle prend 150 millièmes de seconde à chaque changement de rapport. Vous l’aurez compris, tout ici est une question de détails et de petites améliorations apportées à chacun des systèmes de la voiture en vue d’en optimiser la performance.

Cette approche se confirme avec les réglages du système de contrôle électronique de la stabilité et de la traction asservie qui permettent, sur la Scuderia, l’adoption d’une configuration qui désactive la traction asservie, mais qui garde le contrôle de la stabilité en fonction, ce qui autorise le conducteur à pousser la voiture au maximum tout en conservant une certaine marge de sécurité. Même la calibration des amortisseurs peut être contrôlée par le conducteur, cela permet d’adapter les réglages de suspension d’un virage à l’autre. C’est dans les virages rapides que l’on sent vraiment la différence entre une « simple » F430 et la Scuderia, cette dernière offrant une meilleure adhérence. Véritable bête de circuit, la Scuderia se conduit quand même facilement sur les routes, où il est cependant préférable de choisir l’amortissement le plus souple pour moins souffrir de la piètre qualité de notre réseau routier...

Fiabilité éprouvée

On pourrait croire que des voitures aussi performantes et si fortement sollicitées lors de la conduite sur circuit demandent de fréquentes et très chères visites à l’atelier, mais ça pas été le cas de la F430 que nous avons utilisée pendant les trois premières années du Challenge Trioomph. Elle n’a consommé que du carburant, de l’huile moteur, des pneus et des plaquettes de freins, ce qui est tout à fait normal compte tenu de l’usage intensif que nous en avons fait. Contrairement à la Scuderia, qui n’existe qu’en coupé, la F430 est également proposée en modèle Spyder, qui est la désignation italienne d’un cabriolet, et qui est presque aussi performant que le modèle coupé, malgré le fait que son poids est supérieur de l’ordre de 70 kilos. Peu importe le modèle sélectionné, la F430 est l’une des sportives les plus performantes au monde, il faut simplement choisir le degré de « sportivité » de la voiture, la Scuderia représentant l’évolution la plus performante et la plus radicale de la gamme, et se préparer à payer un prix astronomique ainsi qu’à composer avec d’importants délais de livraison.

FEU VERT

La référence de la catégorie
Direction ultra précise
Moteur fabuleux
Fiabilité surprenante

FEU ROUGE

Prix stratosphérique
Diffusion limitée
Usage estival seulement

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