Audi Q5, mieux vaut tard que trop tôt!

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2009

Il est encore aujourd’hui difficile de comprendre pourquoi Audi a mis autant de temps avant de s’immiscer dans le segment des VUS. En effet, alors que Mercedes, Lexus, BMW et Volvo y sont depuis belle lurette, Audi propose un véhicule (le Q7) dans ce segment depuis seulement deux ans. Dans le segment des VUS compacts de luxe, actuellement en pleine expansion, c’est BMW et Land Rover qui ont ouvert la voie. Et Audi, qui excelle pourtant dans l’art de la traction intégrale, y est jusqu’ici demeuré absent. C’est à croire que chez ce constructeur, on désire observer comment les véhicules rivaux se portent sur le marché avant de lancer un produit concurrent.

Est-ce que cette formule est la bonne ? Est-ce qu’Audi met trop de temps avant d’offrir un produit concurrent à sa clientèle ? Dans le cas du Q7, il y avait effectivement matière à interrogation. Mais pour le Q5, c’est une autre histoire. Certes, il aurait peut-être été plus lucratif pour le constructeur de lancer un véhicule comme le Q5 avant la R8, mais l’image qu’Audi continue de se forger dans l’industrie depuis une dizaine d’années en est d’abord une de performance et de luxe. Et pour la renforcer, quoi de mieux qu’une bagnole comme la R8 ? Ensuite, il vous suffit de lancer un produit tendance qui répond aux exigences de la clientèle pour attirer un maximum d’acheteurs. C’est ce qu’Audi fait cette année. On a lancé une R8 l’an dernier pour éblouir et attirer l’attention, puis une nouvelle A4, une A3 revampée et le tout nouveau Q5 en 2009. Croyezmoi, la clientèle se ruera cette année aux portes des concessionnaires Audi comme jamais auparavant. Et vous savez quoi, elle aura raison.

Il suffit de contempler et de conduire le nouveau Q5 pendant quelques minutes seulement pour comprendre que l’objectif ici n’est pas que d’offrir un produit compétitif. On veut dominer le segment, et tout a été mis en oeuvre pour y arriver. Il faut dire que Mercedes-Benz et Volvo proposent eux aussi, cette année, un nouveau produit rival qui présente plusieurs éléments convaincants. Mais Audi a bien fait les choses et parviendra certainement à ses fins. Ce qui est certain, c’est que la domination du X3 dans ce segment de marché s’est achevée en 2008.

Originalité et sagesse dans les lignes

Le Q5 se présente d’abord sous une robe d’une rare élégance et qui, curieusement, n’est pas aussi audacieuse que celle du GLK. Elle se caractérise évidemment par certains éléments, comme la grille de calandre et le traitement du coffre qui nous permettent de reconnaître qu’il s’agit d’un Audi au premier coup d’oeil, mais sa ligne ne « punche » pas autant que certains l’auraient voulu. Personnellement, je crois dur comme fer que c’était la chose à faire.

À bord, l’acheteur composera avec une présentation soignée, mais surtout une qualité d’assemblage et de finition inégalée. À cet égard, on surpasse sans hésitation les BMW X3, Acura RDX, et même le Mercedes GLK. En fait, le tout est tricoté tellement serré qu’on pourrait croire que le Q5 est sculpté dans un seul bloc. De plus, la richesse des moquettes, du cuir et des plastiques est tout simplement stupéfiante. Étonnamment, le Q5 accorde beaucoup d’espace à ses occupants. On ne se sent pas gêné par une console trop encombrante, par un pavillon trop bas ou par un manque d’espace pour les jambes à l’arrière. Le seul reproche que l’on peut lui faire concerne la soute à bagages, qui n’est pas aussi spacieuse qu’on voudrait le croire, mais il s’agit là d’un commentaire s’appliquant à l’ensemble des VUS de ce segment.

Douze mille chansons sur votre disque dur!

À l’heure actuelle, Audi n’a pas dévoilé quels seront les équipements offerts de série et en option. On ne connaît pas non plus le prix de départ de ce véhicule, qui devrait toutefois se situer aux alentours de 45 000 $. Nous avons cependant eu la chance de contempler plusieurs nouvelles caractéristiques du Q5, qui seront appelées prochainement à faire leur entrée sur les modèles nord-américains. De celles-là, Audi propose des éléments aussi impressionnants qu’un système audio Bang & Olufsen avec disque dur de 40 gigs (pouvant donc contenir plus ou moins 12 000 titres), ainsi qu’un nouveau système de navigation avec vue à vol d’oiseau. Ce dernier permet non seulement au conducteur de se situer plus facilement, mais aussi de voir en deux dimensions les bâtiments qui l’entourent. Et comme la forme des nouveaux bâtiments qui abritent les concessionnaires Audi est pour le moins inhabituelle, sans doute que vous pourrez les distinguer très facilement ! Est-ce que ce véhicule déçoit à quelque égard que ce soit ? Non. Cependant, les versions qui sont destinées à l’Amérique du Nord sont certainement celles que les acheteurs du reste du monde apprécieront le moins.

D’abord, il faut savoir que les véhicules nord-américains sont les seuls à recevoir une boîte automatique à six rapports, boîte que nous n’avons malheureusement pas pu mettre à l’essai. Cette dernière répondrait mieux selon Audi aux exigences des constructeurs américains, qui favorisent le confort plutôt que la performance. Et à dire vrai, ils n’ont pas tort. Mais cette réponse n’est forcément pas la bonne, puisque la boîte S-Tronic à sept rapports proposée en Europe se montre aussi confortable que discrète lors des changements de rapport. Elle est rapide, bien étagée et sait se faire oublier. En fait, la vraie raison, c’est sans doute qu’on a des boîtes automatiques en stock qu’il faut liquider pour faire place aux nouvelles. Et l’Amérique du Nord a été choisie pour s’en charger. Du côté des moteurs, on ne bénéficiera que d’un V6 de 3,2 litres à injection directe de carburant, lequel propose 270 chevaux de puissance.

Vous retrouverez ce moteur à bord de plusieurs autres produits de la marque, dont la nouvelle A4. Franchement, il n’y a rien de négatif à dire sur cette mécanique. La puissance est honorable, le couple est bien réparti et le moteur démontre une souplesse qui rend son utilisation très agréable. Il semble également que la consommation d’essence a été améliorée, notamment grâce à l’injection directe de carburant, mais nous n’avons malheureusement pas été en mesure de le vérifier. Cependant, histoire de nous mettre l’eau à la bouche et de nous démontrer le savoir-faire des ingénieurs, on nous a aussi donné l’occasion de faire l’essai des autres versions qui seront proposées ailleurs dans le monde. Personnellement, j’ai adoré le modèle équipé du moteur 2,0 litres turbocompressé de 220 chevaux, mais je comprends qu’il serait difficile d’offrir au Canada une mécanique similaire à celle du Volkswagen Tiguan, tout en exigeant 15 000 $ de plus pour le véhicule.

Toutefois, l’expérience vécue derrière le volant d’une version à moteur V6 3,0 litres TDI m’a permis de constater que le moteur à essence qui nous sera offert est loin d’être le plus agréable. Le TDI propose de meilleures performances, un couple à vous faire dresser les cheveux sur la tête et un rendement énergétique inférieur à celui du moteur 2.0T. Et c’est à peine si vous êtes en mesure de déceler qu’il s’agit d’un moteur diesel tant son rendement est doux. Mécaniquement, la version mise à l’essai ne différait de celle qui nous sera proposée que par la boîte automatique. Les réglages de suspension ne changeront pas, de même que tout ce qui permet d’obtenir une conduite aussi dynamique. En fait, le Q5 est, de tous les VUS compacts de luxe, celui qui met le plus l’accent sur l’agrément de conduite et l’agilité. Il n’offre peut-être pas la possibilité d’une boîte manuelle comme chez BMW, mais c’est vraiment tout ce qui lui manque.

Malgré un centre de gravité plus élevé, il possède l’agilité d’une berline sport comme l’A4. Le roulis en virage est quasi inexistant, la direction est d’une rare précision, le châssis démontre une rigidité exceptionnelle et la traction intégrale Quattro repousse les limites de l’agilité. Seul l’accélérateur électronique, qui affiche un retard de réponse, apporte un peu d’ombre au bilan. Sera-t-il fiable et sera-t-il compétitif en matière de prix ? Voilà des questions qui, pour l’instant, demeurent sans réponse. Les premiers Q5 toucheront le sol canadien au mois de mars prochain et d’ici là, votre concessionnaire ne sera qu’heureux que vous passiez votre commande. Chose certaine, si vous êtes dans le marché pour ce type de véhicule, l’attente en vaut le coup.

FEU VERT

Conduite très dynamique
Qualité de fabrication exceptionnelle
Habitacle confortable
Rigidité structurelle étonnante
Technologie de pointe

FEU ROUGE

Un seul moteur offert en Amérique
Absence de la boîte à sept rapports
Retard de l’accélérateur
Fiabilité inconnue
Disponibilité tardive

Partager sur Facebook

Plus sur le sujet

EssaisAudi Q5 2009, équipée pour plaire
Alors que la planète automobile ne semble pas être capable de se détacher de la crise économique mondiale, Audi se tire beaucoup mieux d’affaire que plusieurs de ses concurrents. Et mieux encore, il dévoile des nouveautés dans des catégories qui ne sont pas nécessairement ce qu’il y a de plus …
Commentaires