BMW X4 2015: Le compromis d’un compromis

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2015

Un VUS, on le sait, est un compromis entre une automobile et un camion. Chez BMW, c’est aux X3 et X5 que revient ce rôle et ils s’en acquittent à merveille. Un jour, sans doute pour mousser sa carrière, quelqu’un chez BMW a décidé d’offrir quelque chose qui serait une sorte de compromis entre un VUS et un coupé sport. Ça avait donné le X6, un X5 à l’allure sportive, moins logeable, doté d’une visibilité arrière pourrie et coûtant plus cher. Ç’a été le succès immédiat!

La recette ayant fonctionné, il ne fallait pas s’attendre à ce que BMW la laisse sans suite. Cette suite, c’est le X4 d’abord vu en tant que concept au Salon de Shanghai. Puis, il s’est montré sous son vrai jour au Salon de New York, en avril 2014.

Petit X6 ou X3 Sport?

Pour ce X4, les ingénieurs sont partis du X3 et lui ont appliqué la recette du X6. Pour respecter son caractère sportif, le toit du X4 est 37 mm plus bas que celui du X3. Cependant, la garde au sol est rigoureusement la même, tout comme l’empattement. Au chapitre du style, d’aucuns préféreront le X3 dont la partie avant est moins encombrée. La partie arrière du X4 est certes plus dynamique mais, elle réduit l’espace de rangement du coffre quoique pas de façon dramatique même si l’inclinaison du hayon handicape passablement la polyvalence. L’ouverture du coffre du X4 est grande, malheureusement, le seuil n’est pas égal au plancher. Les sièges arrière s’abaissent de façon 40-20-40 et forment un fond plat. Ils ne sont pas très confortables car leur assise est très basse, ce qui fait qu’on embrasse quasiment nos genoux quand on est assis. L’espace pour la tête et pour les jambes est correct… pour un journaliste de 5 pieds 6 pouces. La place centrale est à proscrire. De toute manière, lorsqu'on s’achète (ou se loue, dans la plupart des cas) un tel véhicule, le confort des passagers arrière est sans doute le dernier de nos soucis…

C’est en avant que ça se passe! Les sièges sont très douillets et retiennent bien dans les courbes. Le volant au gros boudin se prend bien en main et la plupart des commandes sont très bien placées. La grosse molette du système iDrive, qu'il n’y a pas si longtemps tirait des mots odieux de ma bouche (autrement toujours un parangon de pureté), est maintenant quasiment agréable à utiliser. Le tableau de bord est identique à celui du X3, ce qui n’est pas une mauvaise nouvelle en soi même si le noir intégral des versions de base est déprimant comme un discours du Trône un jour de pluie.

241 ou 300 chevaux
Chez nous, deux versions du X4 seront offertes, les xDrive28i et xDrive35i (oui, de telles dénominations donnent le droit de sourire!). Le xDrive28i est doté d’un quatre cylindres double turbo – Twin Scroll – de 241 chevaux. Le xDrive35i, de son côté, reçoit un six cylindres en ligne à double turbo Twin Scroll aussi qui développe 300 chevaux. La transmission à huit rapports passe ses rapports avec une grande rapidité et achemine l’écurie aux quatre roues via un rouage intégral fort sophistiqué.

Au moment de mettre sous presse, nous n’avions pas pu mettre la main sur un X4 xDrive28i, toutefois, l’essai d’un xDrive35i nous a prouvé qu’il s’agit d’un véhicule au tempérament sportif. Les suspensions du X4 sont plus fermes et la direction, plus précise que celles d’un X3. Les systèmes d’aide à la conduite DSC (Dynamic Stability Control) et DTC (Dymanic Traction Control) sont programmés pour laisser plus de latitude au conducteur. Aussi, le châssis est encore plus solide que celui du X3, mais il faudrait sans doute pousser le X4 dans ses derniers retranchements sur une piste pour remarquer la différence. Quant au moteur 2,0 litres du xDrive28i essayé plus tôt dans un X3, il est grognon et me semble plus ou moins bien adapté au caractère sportif du X4.

Sur la route, le X4 xDrive35i se comporte comme un X3 qui aurait été « tuné » pour être un peu plus sportif. Les pneus de 20 pouces, en plus de coûter une fortune à changer, suivent avec une ténacité presque émouvante les moindres sillons de la route. Le conducteur peut choisir entre quatre modes de conduite : Eco Pro, Confort (par défaut), Sport et Sport +. La différence entre chacun de ces modes est bien marquée. Autant le mode Sport + incite au péché routier, autant le mode Eco Pro incite à la vertu verte. En modes Sport et Sport +, la tenue de route semble sans limites… autres que celle du poids. À tout près de 2 000 kilos, on ne parle pas d’un poids plume. Même la direction m’est quelquefois apparue anormalement lourde.

Il est difficile de prédire si le X4 de BMW connaitra le même succès que le X6. Mais comme les gens à la recherche de ce type de véhicule n’ont pas la moindre idée de quoi faire avec un grand coffre, un rétroviseur ou avec leur argent, j’ai l’impression qu’il sera populaire.

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