Nissan LEAF 2015: L’ampère contre-attaque

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2015

La berline S de Tesla lui a finalement volé la vedette, à trois ou quatre fois le prix, mais c’est quand même la Leaf de Nissan qui est la véritable pionnière des voitures électriques de série. Avec le double de l’autonomie, elle aurait déjà fait la conquête du monde. Or, c’est précisément l’objectif du constructeur nippon. Sinon mieux.

Comment rivaliser avec une star comme la Model S et un constructeur comme Tesla qu’on retrouve constamment au bulletin de nouvelles? Après l’accueil favorable et les prix récoltés à son lancement en 2010, y compris celui de Voiture mondiale de l’année, la Leaf a surtout été l’objet de critiques répétées pour l’autonomie limitée que lui procure sa batterie ion-lithium.

On parle maintenant d’environ 135 km pour des conditions favorables selon les données de RNC (Ressources naturelles Canada) avec une recharge rapide de 5 heures, si vous avez accès à une borne à 220 volts. Nous avons vu jusqu’à 146 kilomètres d’autonomie promise au compteur de la Leaf après une longue nuit de recharge sur une prise régulière à 110 volts. Il faut alors plus de 12 heures pour une recharge complète (Nissan dit même 21 heures). C’est ça la vie avec une Leaf, malgré les améliorations apportées l’an dernier au groupe propulseur et à la batterie.

Il faut également diviser l’autonomie annoncée de moitié en hiver et elle fond carrément à vue d’œil en roulant à 100 km/h sur l’autoroute. Les cotes ville/route/combinées de la RNC sont de 1,9 / 2,3 / 2,1 L/100 km en équivalence. Cette réalité incontournable d’une autonomie restreinte condamne la Leaf à une utilisation essentiellement urbaine et au statut de deuxième voiture. Voilà de quoi limiter sérieusement les ventes, ce qui fut le cas au début.

L’autre modèle S
Chez Nissan, le modèle S c’est la plus abordable des trois versions de la Leaf et le constructeur a réduit son prix, question que les ventes décollent un peu. Il faut quand même toujours débourser plus de 30 000 $ pour se l’offrir, en se dépêchant de profiter du rabais de 8 000 $ qui est encore consenti par l’état québécois aux acheteurs ou locataires de voitures électriques.

Certains accessoires qu’on ne jugerait pas indispensables dans une compacte traditionnelle deviennent fort attrayants dans une voiture électrique. Nissan a fait un boulot intelligent sous ce rapport. La version S de base est déjà bien équipée pour notre climat avec des sièges avant et arrière chauffants, un volant chauffant à jante gainée de cuir, un chauffe-batterie, une caméra de marche arrière, la climatisation, un régulateur de vitesse, la téléphonie mains libres, une chaîne audio convenable et tous les branchements souhaités pour vos bidules numériques. Pas mal!

Il faut par contre se tourner vers les modèles SV et SL pour obtenir par exemple un port de recharge rapide ou le système de chauffage hybride qui est pour le moins intéressant chez nous. Même histoire pour l’interface qui permet de vérifier à distance le niveau de charge et de lancer ou interrompre la recharge, le chauffage ou la climatisation. Le système de navigation, la messagerie texte mains libres et une chaîne audio avec écran couleur de 7 pouces sont également réservés à ce duo.

Avec le modèle SL, en sommet de gamme, on ne parle plus de voiture écolo strictement pragmatique. Cette version profite en exclusivité de phares à DEL automatiques et plus aérodynamiques, avec des phares d’appoint, de la sellerie en cuir pour les sièges, d’un ouvre-porte de garage, d’un écran à bagages, d’une image vidéo périphérique pour le stationnement, de jantes d’alliage de 17 pouces avec des pneus plus larges et d’un aileron arrière coiffé d’un panneau solaire photovoltaïque qui alimente la climatisation, la prise d’alimentation de 12 volts et la chaîne audio. La facture approche maintenant les 40 000 $, rabais provincial inclus.

Métaphores animales
La conduite d’une Leaf n’a vraiment rien de sportif. Sa servodirection électrique est parfaitement anesthésiée mais nette, son comportement sûr et sans surprise. On dirait une version moderne de la légendaire Citroën DS : spacieuse, futuriste et moelleuse. Douce, silencieuse et très maniable aussi.

Couple instantané du moteur électrique ou pas, la Leaf n’est pas un guépard mais pas une limace non plus. Son sprint 0-100 km/h en 11,3 secondes est correct, toutefois, ses reprises de 60 à 100 km/h en 6,4 secondes et de 80 à 120 km/h en 10,5 secondes n’ont vraiment rien de foudroyant. Le freinage d’urgence depuis 100 km/h en 42,9 mètres, c’est moyen mais exécuté proprement.

On parle d’une autonomie de 300 km pour la prochaine Leaf. Peut-être même de 400 km avec un nouveau type de batterie. Espérons qu’ils lui tailleront également une carrosserie un peu plus sexy. Évitez, entre-temps, le blanc nacré qui lui donne vraiment l’air d’un béluga. On adore les « marsouins blancs » nous aussi, mais il y a des limites à être écolo!

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