Hyundai Equus 2012: Faire acte de présence

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2012

Hyundai, on l’a dit et répété, est parti de loin, surtout quand on pense aux caricaturales Pony et Stellar des années 1980! À cette époque, tous les constructeurs automobiles regardaient ces drôles de Coréens tenter de fabriquer des automobiles. Aujourd’hui pourtant, ceux qui autrefois riaient, pleurent en constatant que le groupe Hyundai/Kia se classe en cinquième position mondiale. Avec sa nouvelle Equus, Hyundai n’a pas le produit pour leur rafler des ventes, mais il s’agit surement d’un coup de semonce en attendant LE vrai produit…
Disons d’emblée que Hyundai n’entend pas vendre beaucoup d’Equus. En fait, on veut surtout souligner à la compétition qu’on est là, à apprendre… Et quand on voit ce que cette marque est devenue en 25 ans, oui, les Mercedes-Benz et autres compagnies de ce genre ont raison d’être craintifs. Mais contre qui l’Equus se bat-elle? C’est un peu difficile à dire. Sur le plan technique, on parle des monstres sacrés que sont les Mercedes- Benz  Classe S, BMW Série 7, Audi A8 et Lexus LS 460. Pourtant, au niveau du prix, Hyundai s’aligne plutôt sur les Mercedes Classe E, BMW Série 5, Audi A6 et Lexus GS460. Et pour ce qui est de la conduite, le nouveau porte-étendard de la marque coréenne s’aligne assez bien contre la Lexus LS460. Voyons-y de plus près…

La Hyundai Equus n’est pas une petite voiture, c’est le moins qu’on puisse dire. Ses dimensions la rapprochent, comme nous le mentionnions, des Audi A8 et Mercedes-Benz Classe S. On ne fait donc pas dans le sous-compact. La carrosserie n’est pas vilaine, mais demeure anonyme. Si ce n’était du H stylisé apposé sur le couvercle du coffre, il n’y aurait aucun moyen de savoir qu’on a affaire à un produit Hyundai. Il y a aussi cette grille un peu bizarre, déjà vue sur la plus petite Genesis. En y regardant bien, il est vrai que l’Equus ressemble à une Lexus LS460. Simple hasard?

Question de prestige

L’habitacle est vaste, tendu de matériaux de belle facture et assemblé avec un soin qui n’est pas sans rappeler… Lexus! Les sièges s’ajustent d’une multitude de façons et s’avèrent très confortables, autant à l’avant qu’à l’arrière et l’espace ne manque jamais. L’équipement est pléthorique, et ce, même pour la version de base, appelée Signature. La livrée la plus huppée, Ultimate, en rajoute une couche en proposant des sièges arrière avec massage et repose-pied intégré (ceux de la Signature ne sont « que » chauffants et électriques). Le critique remarquera toutefois quelques manquements mineurs à la bienséance de la berline de prestige. Par exemple, une mémoire à deux niveaux uniquement et pour le seul siège du conducteur, un ordinateur de bord sommaire ainsi qu’une trappe à essence en plastique plutôt chancelante.

Sous le capot de la berline, on se retrouve en terrain connu. Le V8 de 4,6 litres Tau déjà vu dans la Genesis développe ici quelques chevaux supplémentaires, noblesse oblige. Il est associé à une transmission automatique à six rapports (contre huit pour certaines BMW, Audi et Lexus et sept pour la Mercedes-Benz Classe S). Cette transmission relaie la puissance aux roues arrière. Le V8 est très souple et ne rechigne jamais au travail, prouvant sa bonne volonté par un intéressant vrombissement.  Cependant, il n’a pas la fougue à laquelle on serait en droit de s’attendre dans cette catégorie sélecte. Il faut dire que l’Equus n’est pas vraiment un poids plume avec ses 2066 kilos (version Signature). Une trentaine de chevaux supplémentaires ne seraient pas de refus.

La boîte automatique effectue un excellent boulot même si son mode manuel n’apporte pas grand-chose. Lors de notre semaine d’essais printanière, nous avons obtenu une moyenne de 13,4 litres/100 km ce qui n’est pas extraordinaire et, surtout, davantage que les 11,1 au combiné promis par Hyundai. Au moins, l’Equus se contente d’essence régulière!

Un début de plaisir

Curieusement, le cheval de Hyundai demande une période d’adaptation de la part de son conducteur. Comme le mentionnait le collègue Lachapelle dans un article paru sur le site www.guideautoweb.com, la conduite est, de prime abord, des plus ennuyantes, rappelant irrémédiablement la Lexus LS460. La direction est vague, ne procure aucune sensation et la moindre bosse provoque un tangage inopportun. Puis, on découvre un bouton marqué « Sport » sur la console. Et l’Equus se transforme! Pas assez pour qu’on se sente au volant d’une Ferrari, mais suffisamment pour qu’on commence à apprécier cette Hyundai. Les aléas de la route sont tout à coup beaucoup mieux maîtrisés et on se prend à aimer la direction qui semble gagner en précision au fil des kilomètres. Pour le feedback, par contre, c’est peine perdue! Et les courbes qui mènent au travail se prennent de plus en plus rapidement. Attention toutefois, il ne faut pas trop s’enthousiasmer. Une bosse apparue dans une courbe déstabilise facilement cette grosse Coréenne.

Entre une Lexus LS460 et une Hyundai Equus, que choisir? La première jouit d’une excellente fiabilité, respire le luxe et porte un logo prestigieux. La seconde est un peu plus agréable à conduire et coûte au bas mot 20 000$ de moins pour autant d’équipement. Mais elle n’a pas le prestige et ne l’aura sans doute pas avant quelques années…

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