BMW série 3, que reste-t-il de nos amours

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2003

Remaniées en 1999, les BMW de Série 3 commencent sérieusement à prendre de l'âge, d'autant plus que le remodelage d'il y a cinq ans n'était qu'une évolution d'un modèle datant de 1992. Onze ans, c'est une éternité dans le monde de l'automobile et après avoir été louangées de toute part, les petites Béhêmes ne sont plus tout à fait dans le coup face à une concurrence qui ne cesse de s'affiner. Notre match comparatif dont les résultats sont publiés en première partie de ce guide en a fait éloquemment la preuve, ce qui incite à se poser la question : que reste-t-il de nos amours ?

Déjà l'an dernier, la 325 Xi avait dû baisser pavillon face à l'Audi A4 Quattro dans notre match des intégrales et voilà que l'Infiniti G35 lui fait subir une dégelée sur son terrain de prédilection, un circuit routier. Ces défaites sont cuisantes pour les inconditionnels de la marque, mais elles ne signifient pas pour autant que les BMW de Série 3 sont devenues de sombres figurantes dans le groupe des berlines sport. Malgré quelques rides, elles sont toujours d'un commerce agréable dans la vie de tous les jours. Leur agrément de conduite est cependant proportionnel à la puissance du moteur : faible avec le 2,2 (168 chevaux) de la 320 et superbe avec le 3,2 (333 chevaux) des M3. Même la 325 est loin de procurer le même plaisir qu'une 330, mais à quel prix ?

Ayant conduit les berlines, coupés et cabriolets à maintes reprises pour les besoins du Guide, je me suis rabattu cette année sur la dernière configuration de la Série 3 à faire son apparition sur notre marché, la familiale. En plus d'un aspect pratique indéniable, ce type de carrosserie convient particulièrement bien à la traction intégrale que BMW propose depuis maintenant trois ans dans cette gamme. Cela porte à quatre le nombre de carrosseries offertes dans la Série 3 : berline, coupé, cabriolet et familiale. Doté du moteur 6 cylindres de 2,5 litres, ce modèle fait carrière sous l'appellation alphanumérique de 325 Xit ou Touring.

Le statu quo

Dans sa livrée 2003, cette Série 3 observe le statu quo, ce qui laisse supposer que l'on peut s'attendre à une remise à neuf de ces modèles BMW d'ici peu. Pour ceux qui veulent tout savoir, précisons tout de même que le millésime 2003 voit l'apparition du système de contrôle électronique de la stabilité en équipement de série dans toutes les versions. En plus, un appuie-tête central est venu s'ériger au-dessus de la banquette arrière. Finalement, les mains qui se poseront sur le volant ou le pommeau du levier de vitesses y trouveront du vrai cuir sans avoir à verser un sou de plus à BMW.

Ces menus détails maintenant classés, soulignons que la qualité dominante de la Xi Touring est de ne jamais vous laisser sentir que vous êtes au volant d'une familiale. Les bruits qui envahissent habituellement l'habitacle ne peuvent le faire grâce à une bonne insonorisation et la voiture a le même comportement routier que la berline dont elle est dérivée.

Il est dommage par contre que le moteur ne soit pas plus discret. Avec l'excellente boîte de vitesses manuelle, le 5e rapport est trop court et le régime élevé du moteur à 120 km/h le rend difficile à supporter lors de longs trajets. En revanche, cela permet au 6 cylindres 2,5 litres de la Xi Touring d'offrir de meilleures reprises pour doubler. Ce moteur n'offre toutefois pas les performances que l'on s'attend à retrouver dans une BMW et les accélérations ne sont guère meilleures que celles de certaines compactes bon marché. À une vitesse stabilisée sur autoroute, la consommation ne dépasse pas les 9 litres aux 100 km, mais une conduite mi-ville, mi-route a tôt fait de hausser la moyenne autour de 12 litres aux 100 km. Bref, comme toutes les voitures à traction intégrale, cette BMW n'échappe pas à l'importante pénalité imposée par son rouage d'entraînement. Comme toute chose, la sécurité a un prix.

Sur des routes enneigées, la Xi Touring est très rassurante mais contrairement à la 330 Xi conduite l'an dernier, elle est quelquefois trahie par son système de contrôle de la stabilité (DSC). Pour conserver l'agrément de conduite propre à une BMW, les ingénieurs ont mis au point un contrôle de la stabilité qui n'intervient qu'au moment où la voiture a amorcé un dérapage. Sur pavé sec, cela permet au conducteur de pratiquer une conduite sportive sans être gêné par l'électronique. Le revers de la médaille est que sur une chaussée glissante, quelquefois l'intervention tardive de l'antipatinage n'empêchera pas la voiture de partir en tête-à-queue. Cela dit, il faudrait vraiment aborder un virage à une vitesse insensée pour se retrouver dans une telle situation. La précision de la direction et la qualité du freinage sont des atouts indissociables de ces petites BMW.

Petite comme dans étriquée

Quand on parle des modèles de la Série 3 comme étant « les petites BMW », ce n'est pas simplement une figure de style et ces voitures ont pratiquement le format d'une sous-compacte. Sans doute à cause de leur image ou de leur prix, on ne s'imagine pas qu'une BMW 325 est plus petite qu'une Nissan Sentra et à peine plus volumineuse qu'une berline Honda Civic. Il ne faut donc pas s'étonner d'y trouver des places arrière étriquées où l'on cherche de l'espace pour poser ses jambes et que le modèle Touring mis à l'essai ait un compartiment à bagages plus petit que celui d'une Toyota Matrix ou d'une Pontiac Vibe. Heureusement, les sièges, qui sont d'un confort exceptionnel, réussissent à vous faire oublier l'exiguïté des lieux.

Finalement, que reste-t-il de nos amours pour reprendre la question posée en préambule ?

À cela, on peut répondre que les BMW de Série 3 n'ont pas tellement changé au cours des dernières années. Le problème, c'est que la concurrence s'est beaucoup améliorée et que les petites merveilles de Munich sont loin d'offrir le meilleur rapport qualité/prix sur le marché. Jacques Duval

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