Lexus LX 2011: Obsessif, compulsif et alcoolique

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2011

Au cours de la dernière année, Lexus, la marque de prestige de Toyota, ne l’a pas eue facile.  Malmenée au chapitre des ventes à cause de campagnes de rappel plus ou moins bien gérées, Lexus peut au moins se rabattre sur plusieurs véhicules hybrides pour se refaire une image.  Heureusement qu’il y a les hybrides, car si Lexus se fiait uniquement sur ses gros VUS pour assurer sa survie, la mort aurait déjà fait son oeuvre !

Le plus imposant véhicule de la gamme Lexus, le LX570, n’a plus sa raison d’être dans un monde où chaque millilitre d’essence économisé pour chaque tranche de 100 kilomètres fait désormais l’objet d’une campagne de publicité monstre. Car le LX570 n’est pas gros, il est immense. Il ne se stationne pas, il accoste. Il n’est pas luxueux, il est luxurieux. Il ne consomme pas d’essence, il l’avale goulument. Bref, on est loin d’une Prius. Cependant, il existe une clientèle pour ce genre de palace, une clientèle qui n’a rien à cirer des revendications des écologistes et qui préconise le luxe et l’opulence. Il faut, bien entendu, avoir les moyens de ses choix et certains les ont !

Techniquement parlant

Le moteur est un V8 de 5,7 litres suffisamment puissant pour permettre de laisser en plan beaucoup de berlines bien moins lourdes.  Il engloutit facilement une quinzaine de litres d’essence à tous les 100 kilomètres et, avec un minimum de mauvaise volonté de la part du pied droit, il peut vous monter ça à 18 ou 20 litres. De super, bien entendu. Ce moteur se montre d’une douceur incroyable, tout comme la transmission à six rapports. Oh, elle n’est pas très rapide mais qu’est-ce qu’on s’en fout. Elle transmet le couple élevé du moteur à un rouage intégral incroyablement sophistiqué et performant. Les rares personnes qui oseront vraiment explorer les limites de leur LX570 seront épatées. Les autres s’impressionneront elles-mêmes en traversant quelques mètres de boue ou une congère…

Le LX, à défaut d’afficher de la retenue, est conséquent avec luimême, préconisant le confort bien avant les qualités dynamiques.  En ligne droite, iI n’affiche aucun complexe malgré une direction assez floue au centre. Il faut par contre se montrer un peu plus délicat dans les courbes, où il affiche un roulis impressionnant.  Curieusement, et heureusement, les distances de freinage sont courtes, moins de 43 mètres (de 100 km/h à zéro). Bien entendu, le transfert de poids est aussi important que les transferts entre mon compte de banque et celui de mon fils, mais, semble-t-il, cela fait partie de la vie… Une foule d’aides électroniques à la conduite veillent toujours au grain et ont le sommeil très léger car ils interviennent à la moindre occasion. Et si jamais le besoin s’en faisait sentir, l’habitacle recèle dix coussins gonflables.

Les choses sérieuses maintenant

L’habitacle n’est pas seulement vaste, il est aussi superbement fini. Tenter de trouver un plastique retroussé, une couture un peu croche ou une boiserie le moindrement mal finie relève de la science-fiction, du moins dans les quelques véhicules essayés depuis deux ans. La position de conduite se trouve rapidement et les sièges avant font preuve d’un confort suprême. Le tableau de bord n’émet jamais de craquements, mais il est un peu compliqué à utiliser, surtout au début, à cause de la multitude de boutons qu’il présente. Le conducteur fait face à une instrumentation des plus complètes. Le système audio optionnel Mark Levinson demeure l’un des meilleurs de l’industrie et mes oreilles, formées à un Juliette 1976, ont souri… Comme de raison, un LX570, ça vient d’office avec le climatiseur à quatre zones, le filtre à air, à poussière et à pollen désodorisant SVP, de la moquette ultra épaisse sur le plancher, des marchepieds éclairés et des phares adaptatifs. Le groupe Ultra Premium, pour une petite dizaine de milliers de dollars supplémentaires, ajoute le système DVD pour les places arrière, le régulateur de vitesse adaptatif par radar et autres petites gâteries du genre.

Si les sièges avant font preuve d’un grand confort, on peut en dire autant des places de la deuxième rangée. L’espace dévolu aux trois passagers n’est pas compté et si une de ces trois personnes ose se plaindre de son sort, faites-lui finir le trajet à l’arrière d’une Mitsubishi Eclipse… Petit bonheur, ces sièges avancent et reculent (électriquement, voyons !). Comme tout gros VUS qui se respecte, le LX570 offre une troisième banquette. D’accès plus ou moins facile et conçue pour deux personnes malgré ses trois ceintures, elle ne doit servir que pour dépanner ou pour y loger de jeunes enfants. Ces sièges se replient de chaque côté (électriquement, voyons !) pour agrandir un coffre déjà vaste, le contraire eût été surprenant, mais pas autant qu’on serait porté à le croire au regard des dimensions extérieures. Les sièges de la deuxième rangée ne se replient pas dans le plancher ou de manière à former un fond plat comme dans la plupart des VUS. En lieu et place, ils basculent vers l’avant, volant ainsi de précieux centimètres au coffre qui fait à peine 60 pouces (152 cm) de longueur. Enfin, on ne peut passer sous silence les capacités de remorquage plutôt élevées de 8 500 livres (3 856 kilos).  

Toyota a beau se faire un devoir de paraître plus vert qu’un terrain de golf, n’empêche que le LX570 vient jeter une douche froide sur les écologistes. Mais quand on sait qu’il s’en est vendu à peine 41 unités l’an dernier au Québec, ça leur fait moins mal !

Feu vert

Confort princier
Capacités hors route
Capacités de remorquage élevées
Fiabilité encore parmi les meilleures

Feu rouge

Consommation outrancière
Triste valeur de revente
Aménagement du coffre à revoir
Aucunement sportif
Direction floue

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