Lamborghini Murciélago 2011: Les paris sont ouverts

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2011

Au moment d’écrire ces lignes, les spéculations vont bon train quand au nom et aux spécifications de la future remplaçante de la Murciélago qui sera dévoilée au Mondial de l’automobile de Paris. S’appellera-t-elle Urus, assurant ainsi la poursuite d’une tradition établie chez Lamborghini de choisir un nom de taureau pour ses modèles, ou s’appellera-t-elle plutôt Jota, du nom d’une danse espagnole ? Là-dessus, comme sur beaucoup d’autres questions, les paris sont ouverts…

Le mystère plane, donc, sur la nouvelle voiture exotique en cours de développement chez Lamborghini, et comme les rumeurs font état d’une refonte complète plutôt que d’une simple retouche du design actuel, voilà pourquoi un tout nouveau nom serait donné à la plus performante des voitures de la marque au taureau sauvage. De nombreuses photos illégitimes de prototypes à l’essai ont circulées dernièrement, ce qui nous a permis d’entrevoir la nouvelle Lamborghini et d’alimenter les discussions à son sujet.

Un tout nouveau V12

Elle a déjà circulé en hiver dans le nord de la Suède, au Portugal et sur plusieurs circuits. La mission de la remplaçante de la Murciélago est de relever la barre d’un cran par rapport au modèle antérieur, histoire de marquer un clivage plus évident avec la « petite » Gallardo, dont les versions plus typées en sont venues à chatouiller sa grande soeur au niveau des performances.  C’est pourquoi la nouvelle Lamborghini disposerait toujours d’un V12, qui serait cependant tout nouveau et qui adopterait l’injection directe de carburant. De plus, la cylindrée serait portée à 7,0 litres et la puissance pourrait être chiffrée à plus de 700 chevaux afin de remettre les pendules à l’heure dans la hiérarchie des super exotiques. La transmission intégrale serait encore et toujours au programme, mais la question de la boîte de vitesses n’est pas claire. Lamborghini fera-t-elle appel à une version plus robuste de la boîte DSG développée par Audi ou poursuivra-t-elle dans la même voie avec une boîte manuelle séquentielle ? De plus, comme la Murciélago était également disponible avec une boîte manuelle conventionnelle à levier de vitesses, verra-t-on encore ce type de boîte au catalogue ? Il y a fort à parier que non, car même Ferrari a délaissé la boîte manuelle pour la récente 458 Italia.

Une chose est certaine, le style de la nouvelle Lamborghini sera évocateur des anciens bolides de la marque, tout comme la plus récente Reventon, et la voiture conservera les portières en élytre qui sont le propre de l’actuelle Murciélago. Un examen attentif des premiers clichés saisis sur le vif révèle que la base du parebrise sera plus avancée et que son angle d’attaque sera plus prononcé.  Quant au châssis de la nouvelle bête, il a été question d’adopter la fibre de carbone pour réaliser non seulement la carrosserie, mais également la structure même de la voiture. Cependant, cet ambitieux projet semble avoir été écarté à la faveur d’une structure autoportante réalisée en aluminium et de l’intégration de pièces en composite. De ce côté, il faut préciser que la marque Audi a justement développé une solide expertise pour ce qui est du développement de voitures tout alu et que la marque allemande pourrait en faire profiter la marque italienne, Audi et Lamborghini faisant toutes deux partie du portefeuille Volkswagen. Par ailleurs, cette filiation avec le géant allemand de l’automobile pourrait faire en sorte que l’habitacle de la nouvelle Lamborghini hérite d’éléments empruntés à Audi, comme c’est le cas sur la Gallardo où la clé, le système de chauffage/climatisation et la chaîne audio proviennent directement du constructeur allemand.

L’épreuve du circuit

Ayant eu l’occasion de conduire à la fois la Gallardo et la Murciélago LP 640 sur le circuit du Mont-Tremblant, je peux vous préciser que les Lamborghini sont parmi les voitures les plus « viscérales » à piloter puisqu’elles ont ce don de mettre tous vos sens en éveil dès la sortie des puits de ravitaillement. La sonorité des moteurs est carrément agressive et la tenue de route est superbe, hormis cette tendance plus marquée au sous-virage qui est le propre des sportives à traction intégrale. Au freinage, on sent que le poids de la LP 640 est tout de même élevé (plus de 1 600 kilos), et les freins mis au point par Brembo font leur travail pour ralentir efficacement la voiture. Dès le début de l’accélération en sortie de courbe, le V12 se remet à hurler sa joie et c’est vraiment dans les hauts régimes, vers 8 000 tours/minute, que l’on sent véritablement le surcroît de puissance de la LP 640. L’équilibre des masses demeure bon, car la présence d’éléments du rouage intégral à l’avant de la voiture permet justement de bien les équilibrer.

Par ailleurs, on ne peut passer sous silence la fiabilité plutôt aléatoire des voitures de cette marque, puisque mon expérience personnelle avec la Gallardo m’a fait prendre conscience de certaines lacunes, comparativement à la Ferrari F430 qui, elle, mérite des éloges à cet égard.

La Murciélago est la plus chère, et surtout la plus exclusive des voitures de la marque. Étant donné son prix, qui est presque le double de celui d’une Gallardo, la grande Lamborghini ne représente que dix pour cent des ventes du constructeur italien. Malgré tout, c’est sans conteste ce bolide qui assure le rayonnement de la marque.

Feu vert

Style radical
Performances à couper
le souffle
Son fabuleux du moteur
Exclusivité assurée

Feu rouge

Prix stratosphérique
Délais de livraison
Visibilité vers l’arrière
Fiabilité aléatoire

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