Kia Rondo 2011: Trop souvent oubliée

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2011

Lorsque vient le temps de se procurer un véhicule polyvalent, la plupart des gens pensent à la Mazda5, à la Toyota Matrix ou, à la limite, aux fourgonnettes que sont les Dodge Grand Caravan ou Honda Odyssey. La marque Kia, on le constate, ne vient pas immédiatement à l’esprit, sauf lorsqu’on recherche une voiture économique. Ce qui est bien dommage, étant donné que Kia propose un véhicule aussi intéressant que polyvalent, le Rondo. Kia offre également une fourgonnette, la Sedona qui fait l’objet d’un essai à part.

Comme nous le disions, on ne pense pas automatiquement au Kia Rondo et c’est dommage. Son gabarit, entre la familiale et la fourgonnette répond parfaitement aux besoins de plusieurs personnes. Cette année, on a enfin revu le museau du Rondo. Il faut dire qu’il n’avait pas changé d’un iota depuis son arrivée en 2006 et qu’il était temps qu’on lui « r’nippe » le nez. On a aussi profité de l’occasion pour revoir la galerie de toit. L’habitacle, on s’en doute, est passablement grand pour une voiture. Car c’est ce qu’est le Rondo, une grosse voiture, sa plate-forme étant dérivée de celle de la berline Magentis. Le tableau de bord, plus fonctionnel que joli, est ergonomique et recouvert de matériaux d’assez bonne qualité. Son assemblage est réussi malgré la plaque recouvrant le coussin gonflable du passager qui est très visible. Comme pour rappeler qu’un événement malheureux peut survenir à tout moment ! Il y a plusieurs espaces de rangement, ce que les traîneux de mon genre adorent.  Par contre, comment ne pas souligner la sonorité extraordinairement poche du système audio ? Contrairement à plusieurs de mes collègues, je n’ai pas trouvé les sièges avant en cuir de notre version d’essai tellement confortables. C’est sans doute le prix à payer pour avoir un corps parfait… La position de conduite est élevée et, combinée à une fenestration généreuse, procure une visibilité tout le tour sans faille.

Plus petite que la Mazda5 et pourtant…

Les places arrière sont trop dures pour être vraiment confortables.  Et, fait rarement vu dans une automobile, la place centrale m’est apparue plus moelleuse ! Plusieurs versions du Rondo possèdent une troisième banquette. Malgré son inconfort (on y est assis très carré, les genoux dans le front), elle peut servir à l’occasion.  D’autant plus que lorsqu’elle est fonction, elle ne bouffe pas tout l’espace du coffre. D’ailleurs, dans les mêmes conditions, il en offre davantage que celui de la Mazda5, la grande rivale, pourtant plus longue. Quand tous les dossiers sont baissés, l’espace de chargement devient franchement épatant. Le seuil de chargement est bas et égal au pare-chocs et sous le plancher on retrouve un intéressant espace de rangement. Sur un des modèles essayés, le hayon craquait indument. Et c’était durant l’été.

Côté mécanique, Kia fait d’abord appel à un quatre cylindres de 2,4 litres qui développe 175 chevaux et 1169 livres-pied de couple, selon le site humoristique www.kia.ca, du moins au moment d’écrire ces lignes.  En fait, on doit soustraire 1 000 livres-pied de couple. Ce n’est certes pas un monstre de puissance néanmoins, il convient la plupart du temps sauf lorsque la voiture est chargée de sept adultes (sept d’après Kia et six si l’on est réaliste…) et de leurs bagages, il peine dans les côtes. Toutefois, sa consommation d’essence est plutôt retenue. L’autre moteur est un petit V6 de 2,7 litres qui, curieusement, ne fournit pas des performances tellement plus relevées même si on remarque son apport dans les côtes. Cependant, il s’avère plus souple et, comme il est associé à une transmission à cinq rapports (on compte un rapport de moins pour celle du quatre cylindres), son comportement est très correct. Il consomme certes un peu plus que le 2,4 litres mais, encore là, la différence n’est pas tellement marquée. Lors d’un essai estival, nous avions obtenu une moyenne de 11,7 litres/100 km, ce qui est un peu élevé mais pas beaucoup plus que celui mené avec une Mazda5 (à quatre cylindres !) dans les mêmes conditions.

Les énervés, allez voir ailleurs !

Étant donné la vocation familiale du Rondo, on ne sera pas surpris d’apprendre que son comportement routier n’est pas très sportif. Pour s’exciter le poil des jambes, Kia propose la Forte Koup mais avec deux sièges d’enfants, le plaisir passe loin dans les priorités. Quand même, le Rondo tient très bien la route grâce à ses suspensions indépendantes aux quatre roues. Lorsque poussée plus que de raison, elle adopte un comportement sous-vireur (l’avant veut tourner tout droit) tout en affichant un bon roulis (la voiture penche). La direction, peu précise et qui ne présente à peu près aucun retour d’informations, n’aide pas les choses.  Quant aux freins, ils sont passablement performants même si la pédale va trop loin, lors d’un arrêt d’urgence par exemple. Heureusement, le système de contrôle de la stabilité latérale, de série sur tous les modèles, intervient très tôt.  Six coussins gonflables amortiront le choc si jamais l’improbable se réalisait.

La principale rivale du Rondo, on l’a vu, est la Mazda5. Cette dernière s’avère beaucoup plus agréable à conduire grâce à son dynamisme mais son habitacle n’est pas aussi polyvalent tout en étant plus bruyant. Et puis la garantie de la Mazda est loin d’être aussi intéressante que celle du Rondo. Il faut également considérer la valeur de revente qui est plus élevée dans le cas de la Mazda. Bref, c’est un pensez-y-bien…

Feu vert

Habitacle fonctionnel
Comportement routier sans
surprises
Garantie alléchante
Fiabilité très correcte
Troisième banquette peut
dépanner

Feu rouge

Réputation de Kia pas encore
parfaite
Puissance 2,4 litres
un peu juste (si chargé)
Valeur de revente un peu basse
Sonorité de la radio décevante

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