L’IA pourrait entraîner une pénurie de puces dans l’automobile
Vous vous rappelez sans doute la vaste pénurie de semi-conducteurs (puces électroniques) qui a considérablement ralenti la production automobile durant la pandémie de COVID-19. Comment l’oublier? On a craint pendant un certain temps que l’histoire se répète, notamment avec les restrictions imposées par la Chine sur l’exportation de matériaux ainsi que la saga entourant le fournisseur Nexperia, mais ces dossiers semblent aujourd’hui réglés ou du moins non catastrophiques.
Or, une nouvelle menace plane sur l’industrie automobile et ses chaînes d’approvisionnement, ce qui pourrait avoir des conséquences importantes sur la production de véhicules et les prix encore une fois. Selon des analystes interrogés récemment par Bloomberg, l’intelligence artificielle et les immenses centres de données avec tous les serveurs qui la supportent pourraient très bien provoquer une nouvelle pénurie de semi-conducteurs.
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Ce qu’il faut comprendre, c’est que les compagnies d’IA et autres géants de la technologie qui s’en servent emploient typiquement des puces de type DRAM (dynamic random-access memory) qui sont plus avancées que celles qu’on retrouve dans les modules électroniques des véhicules modernes, même ceux qui nécessitent énormément de mémoire et d’opérations en raison des nombreux systèmes d’aides à la conduite et écrans numériques.

Le problème, c’est que plusieurs des matériaux sont les mêmes dans les deux cas, principalement le silicium. D’après les analystes en question, les grands fournisseurs comme Samsung, SK Hynix et Micron ont commencé à prioriser leurs clients avec lesquels ils engrangent le plus de profits, au détriment des constructeurs automobiles et compagnies de pièces.
David Lesne, de la firme UBS, a mentionné à Bloomberg que certains fabricants de véhicules ont admis subir des hausses de prix de plus de 100% pour ces composantes essentielles. Il entrevoit de possibles perturbations dans la production automobile, surtout chez les constructeurs qui misent à fond sur l’électronique comme Tesla et Rivian, moins chez d’autres comme Ford et General Motors.

Matthew Beecham, de S&P Global Mobility, a fait un constat similaire et mis en garde l’industrie automobile. « Les constructeurs ont de moins en moins de temps devant eux pour repenser leurs systèmes et garantir leurs approvisionnements », a-t-il dit. Des interruptions de production sont envisageables en 2026 et 2027, puis ça pourrait être le chaos en 2028 quand plusieurs devront cesser d’utiliser les vieilles puces et se tourner vers de nouvelles.
Bref, on n’a pas fini d’entendre parler de silicium et de semi-conducteurs dans les années à venir.