Lexus UX - Cible ratée et pas de justesse

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2020

J’ai présentement le Lexus UX à l’essai alors que je rédige ce texte. Bien que je me penche sur son cas depuis quelques jours, je n’arrive toujours pas à comprendre. À qui s’adresse-t-il? Pourquoi est-ce que Lexus s’entête-t-il à offrir ce petit VUS? Le constructeur doit réaliser qu’il ne pourra jamais se démarquer, du moins, pour de bonnes raisons. Et finalement, pourquoi quelqu’un débourserait-il près de 40 000 $ pour cet « explorateur urbain? »

Vous allez me trouver bien bête, mais personne ne réussira à me faire croire qu’un Lexus UX 200 à traction coûte 10 000 $ de plus qu’une merveilleuse Toyota Corolla Hatchback XSE, et environ 8 000 $ de plus que le Toyota C-HR. Et n’allez pas me rappeler qu’il s’agit d’un produit Lexus!

Avant d’aller plus loin, sachez que je suis un grand amateur de la Corolla, mais pas du C-HR. Autrement dit, j’aime beaucoup le Lexus, mais encore faut-il m’expliquer ce supplément. Pour l’exclusivité? Il est bien vrai que les UX seront aussi communs sur nos routes que les GX et LX combinés…

Les nouvelles plates-formes Toyota

Il n’y a pas de secret, Lexus et Toyota arbitrent des plates-formes communes et voici la vérité : Les Corolla/C-HR et le Lexus UX sont tous trois assemblés sur la nouvelle architecture globale TNGA-C (GA-C).

L’UX 200 et la Corolla Hatchback partagent aussi un tout nouveau moteur quatre cylindres de 2,0 litres ainsi qu’une boîte automatique à variation continue Direct Shift. Avec ses 169 chevaux, l’UX 200 se débrouille bien en grande partie grâce à la boîte CVT. Cette dernière extrait le maximum du moteur et s’avère très efficace à la tâche.

La version à prendre plus au sérieux est l’UX 250h hybride. Les avantages sont nombreux. Débutons simplement avec le fait qu’elle propose le rouage intégral, un impératif absolu dans la catégorie des VUS compacts de luxe. Outre deux moteurs électriques à l’avant – dont un connecté aux roues avant –, un troisième moteur électrique est situé sur l’essieu arrière et ne dispose d’aucun lien mécanique avec l’essieu avant. Il s’occupe de tourner les roues arrière quand le rouage intégral s’active, comme sur une chaussée glissante ou au décollage.

Ce qui désoriente surtout est l’agrément de conduite du UX – si inattendu est-il que tout au long de l’essai, j’ai été surpris du comportement sain et dynamique du véhicule. L’UX dispose de modes de conduite dont le plus utile est Sport. Lors d’un dépassement sur l’autoroute, par exemple, il s’avère essentiel. La réponse plus nerveuse des gaz et la boîte automatique s’activent de concert, mais nous sommes loin de qualifier l’UX de rapide. La direction est précise et vive et la pédale de frein répond parfaitement.

De plus, l’habitacle a vraiment été conçu pour le conducteur. L’impression de « cockpit » omniprésente le met à l’aise, surtout avec les sièges inclus dans l’ensemble optionnel F SPORT Série 1. Ici, on doit avouer que l’habitacle est imaginé avec soin et bon goût.

Caricaturale et mal adapté à la tâche

Lexus aura fait l’erreur de rendre un produit niche d’intérêt encore plus limité en n’ajustant pas les dimensions intérieures du UX. Encore une fois, en tant qu’ « explorateur urbain », vous allez devoir vous limiter à un partenaire lors de vos aventures. La banquette arrière ne peut accueillir que des passagers de courte taille, et pas ceux qui nécessitent toujours un siège d’appoint.

Ensuite, les frustrations s’étendent aux dimensions du coffre restreintes, à la présence du damné système de commande Remote Touch qui n’a de bon que l’ajout de quelques minuscules roulettes à même l’appuie-main. Si mauvaise est cette interface que Lexus n’en fait pas mention sur son site web... Ce même site nous incite par contre à découvrir sa technologie Lexus Enform 2.0 comme outil d’accès à nos applications favorites.

Alors, je me pose des questions

À qui s’adresse vraiment le Lexus UX? Du haut de mes 43 ans, suis-je trop vieux et si déconnecté? Trop jeune? Trop branché dans le domaine automobile pour accepter un tel véhicule? Suis-je trop pauvre pour me le payer?

On doit le dire, le Lexus UX se détaille pour une somme qui le positionne dans une gamme de prix où il ne manque pas d’options : pour environ 35 000 $, on retrouve la Mercedes-Benz A 250 4MATIC qui est un de mes coups de cœur de la dernière année. Par la suite, il y a l’Audi A3, le BMW X1, le Cadillac XT4 et… la superbe Toyota Corolla Hatchback!

Ce qui me déchire dans tout ça, c’est que j’aime beaucoup ce véhicule, mais l’offre est tout simplement nulle – l’UX est un Toyota C-HR en complet mal ajusté. Alors voici la vraie question : à quand une version UX 300 de 235 chevaux pour tirer avantage de cette formidable plate-forme?

Feu vert

  • Agrément de conduite surprenant
  • Version hybride peu énergivore
  • Position de conduite irréprochable
  • Ensembles F SPORT

Feu rouge

  • Interface Remote Touch agaçante
  • Coffre et banquette arrière minuscules
  • Prix trop élevé
  • Design extérieur discutable

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