Pontiac G8, trop peu, trop tard

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2010

Vous le savez tous à présent, la division Pontiac ne sera pas au rendez-vous à la fin de 2010. Il y a certains modèles que nous ne regretterons pas, mais certains autres nous manqueront et la G8 est de ce groupe. Cette berline est une propulsion et était l’un des projets personnels de Bob Lutz, l’ancien responsable du développement des produits chez GM et maintenant à la retraite.

Lutz ne pouvait prévoir le tsunami économique qui a frappé la planète lorsqu’il a recommandé la conception d’une nouvelle berline de format intermédiaire avec roues arrière motrices. Cette Pontiac devait faire partie d’une nouvelle génération de propulsion qui devait être partagée entre Chevrolet, Pontiac et Buick, Cadillac bénéficiant de son architecture exclusive. Comme ce fut le cas avec la catastrophique GTO, qui n’a jamais été vendue au Canda, le développement de la G8 a été confié à la division australienne Holden qui a acquis une grande connaissance des propulsions puisque cette configuration est très populaire au pays des kangourous.

Du solide

Lorsque la G8 est arrivée sur notre marché, plusieurs ont été surpris de constater que cette Pontiac était d’une grande sobriété, en contraste frappant avec les défuntes Grand Prix qui avaient souvent l’air d’arbre de Noël sur roues. Ces australiennes destinées à l’Amérique du Nord affichaient une silhouette épurée et classique avec une forme en coin et une ceinture de caisse s’élevant vers l’arrière afin d’accentuer cet impact visuel. Personnellement, je n’ai jamais aimé les naseaux que Pontiac a empruntés à BMW il y a des décennies et cette voiture ne me fait pas changer d’opinion.

Comme l’extérieur, l’habitacle est sobre et de bon goût avec un tableau de bord élégant : l’aluminium brossé fait bon ménage avec les plastiques noirs qui sont de très bonne qualité. Cette Pontiac est en mesure de donner une leçon à plusieurs japonaises pourtant bien cotées à ce chapitre. Une console verticale sépare les deux côtés de la planche de bord et abrite toutes les commandes audio et de climatisation. Par contre, même si l’écran à affichage par cristaux liquides nous porte à croire qu’il y a un système de navigation par satellite de disponible, ce n’est pas le cas. Chez GM, on nous explique que les Australiens n’en sont pas friands. La vraie raison : ce système ne figurait pas sur la Holden Monaco qui a servi de base à la G8 et il aurait été trop couteux de faire de la « rétro-ingénierie ». Un bémol à propos du volant dont le design est assez moche et dont des branches inférieures sont trop grosses. En revanche, la position de conduite est très bonne malgré un repose-pied quasiment symbolique.
Les places avant sont confortables et plus ou moins spacieuses tandis que la banquette arrière offre un bon dégagement pour les genoux. Par contre, l’assise du coussin est basse et la ceinture de caisse élevée, avis aux claustrophobes de petite stature.

Une version manque à l’appel

La plate-forme de la G8 ne prête pas flanc à la critique tant en fait de sophistication que de rigidité en torsion et en flexion. De plus, sa suspension arrière indépendante, ses freins à disque aux quatre roues ainsi que l’utilisation d’amortisseurs de qualité permettent à cette Pontiac de soutenir la comparaison avec ses concurrentes. Et le verdict est identique concernant la motorisation. Même s’il est avec nous depuis quelques années, le moteur V6 3,6 litres de 256 chevaux est performant à tous les régimes et il est aussi assez silencieux. Il est couplé à une boîte automatique à cinq rapports. La GT est une version plus sportive propulsée par un moteur V8 6,0 litres de 361 chevaux, associé à une boîte automatique offrant un rapport de plus. Avec la crise du pétrole l’été dernier suivie de la récession, il est clair que ce modèle n’a pas joui de la popularité espérée... C’est d’ailleurs ce contexte qui explique pourquoi le modèle GXP avec son moteur de Corvette de 6,2 litres et 415 chevaux ne s’est jamais matérialisé. Ajoutons pour la petite histoire qu’en plus de l’automatique à six rapports, une boîte manuelle à six rapports était également prévue.

Comportement exemplaire

Lorsque la G8 a été pensée et développée, nous étions encore à l’époque où GM croyait qu’il suffisait de produire de bons produits pour intéresser les clients. La crise économique et les déboires de la compagnie nous ont démontré qu’il fallait plus que cela. Mais quoi qu’il en soit, il faut féliciter les ingénieurs australiens affectés à la mise au point de cette voiture. Ils ont accompli du bon boulot et nous pouvons bénéficier d'une voiture fort bien équilibrée dont la tenue de route nous fait songer à certaines berlines germaniques. De plus, le modèle V6 est bien adapté et ses performances sont correctes. Avec ce moteur, la G8 est une voiture capable de tout faire et de bien le faire. Il est vrai qu’un rouage intégral serait apprécié, mais ça reste positif quand même. Malheureusement, c’est un peu trop sage et les sensations de conduites sont quelque peu édulcorées. C’est mieux avec le moteur V8, mais sa cylindrée est trop imposante et son poids trop élevé pour pouvoir parler d’équilibre total. Quant à la GXP, elle serait toujours demeurée un cas d'exception. Ce qui explique son abandon.

Bref, une excellente voiture à tous les points de vue mais qui manque d’impact pour convaincre beaucoup d’acheteurs. Bien que douée, la G8 n’a pas su faire la différence. Elle représente toutefois une excellente aubaine pour celles et ceux intéressés par une voiture à prix soldé.
 
Feu vert
Plate-forme efficace
Moteurs bien adaptés
Qualité des matériaux
Tenue de route équilibrée
Prix compétitif

Feu rouge

Marque éliminée
Pas de système de navigation
Certaines commandes bizarres
Naseaux de la calandre
Version GXP abandonnée

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