Honda Element, pour son look avant tout

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2009

L’Element fait partie de notre paysage depuis plus de sept ans et depuis, année après année, les mêmes rengaines se font entendre à son sujet : le véhicule est laid, bizarre et contraire aux principes d’aérodynamisme. Même les journalistes automobiles ont fait des constats similaires. Le véhicule est avant tout reconnu par son design et non par pour ses caractéristiques. Certains commerçants l’ont même utilisé maintes fois pour faire leur publicité. Et aujourd’hui, en 2009, n’en déplaise à plus d’un, tout cela est encore vrai, l’effet de nouveauté en moins.

Le design est effectivement toujours innovateur et original, il reste cependant que toute bonne idée finit par s’effriter. Les dirigeants de Honda ne sont pas dupes, mais récoltent des chiffres de vente qui s’avèrent encore bons. Il faut également avouer que le véhicule continue de faire tourner bien des têtes sur son passage. L’Element présente de nombreuses qualités et quiconque en a déjà fait l’essai comprend bien la flexibilité et la polyvalence du modèle.

Nouvelle version ``Sport Coupé``

Depuis peu, Honda propose la version SC de l’Element, une version désormais nécessaire afin d’attirer une clientèle plus jeune et souvent plus ouverte à la différence. Cette variante, qui ne signifie malheureusement pas « Sport Coupé », se veut une personnalisation (ce que les jeunes appellent tuning) de l’Element. C’est pourquoi elle a été baptisée SC, pour Street Custom. Précisons toutefois ici qu’il s’agit de modifications légères, principalement associées à l’apparence du véhicule et qui ne viennent en rien modifier ses performances. Au coeur de l’Element SC, le même moteur quatre cylindres de 2,4 litres est jumelé, au choix, à une transmission manuelle ou automatique à cinq rapports. S’ajoutent ensuite des jantes spéciales de 18 pouces, un ensemble de jupes avant et latérales ainsi que de nombreuses modifications esthétiques.

L’intérieur bénéficie également de quelques changements, dont des appliqués appliques reprenant les couleurs de la carrosserie, des cadrans à rétro-illumination cuivre et un système audio offrant un bon potentiel de « boum boum ». La finition est correcte sans être exceptionnelle et, selon le modèle choisi, les ailes seront assorties à la couleur de la carrosserie ou d’un gris foncé mat. Que ce soit assis sur le siège du conducteur ou sur celui du passager, l’expérience à bord de l’Element restera toujours spéciale. Le pare-brise presque à la verticale, ainsi que la position de conduite bien « droite », nous donne l’impression de conduire un camion de plus grande dimension. Mais c’est au moment de manoeuvrer que la surprise se fait sentir : le véhicule se révèle très agile et se faufile aisément dans la circulation.

La présentation de l’habitacle se veut tout de même très originale et bien pensée. On retrouve toutes les commandes à la portée de la main. On notera par contre que, compte tenu de la position de conduite, les commandes du système audio sont situées un peu trop loin sur la console centrale. Malgré sa grande habitabilité, l’Element ne propose que deux places à l’arrière. Elles sont peu confortables et la visibilité est bloquée par l’immense pilier C. Il est à remarquer que l’Element possède trois piliers : A, C et D, le B étant éliminé par l’ouverture de type suicide des portes arrière. La configuration des sièges arrière permet de les replier contre les parois du véhicule pour agrandir considérablement l’espace cargo. Le plancher plat et la grande ouverture du coffre donnent un accès plus que suffisant à cet espace.

Ne jamais juger sans essai routier

Un précédent essai de l’Element nous avait laissé quelque peu sur notre appétit. La puissance était juste, les performances anémiques, les pneumatiques décevants et la consommation au-dessus de nos attentes. C’était la version Y 4RM, donc à quatre roues motrices. Cette année, les données ont changé, car notre version d’essai, la SC, nous a agréablement surpris. Nous aurions pu reprendre ici l’intégrale du texte déjà paru sans vraiment en faire l’essai (le véhicule a en effet peu changé), mais nous aurions alors rendu un verdict inapproprié pour la version SC. C’est que cette version est une traction (impossible de la commander avec le système à quatre roues motrices), ce qui change considérablement la dynamique du véhicule. Les accélérations sont alors plus vives et les reprises plus instantanées. L’absence du rouage « Real time » de Honda allège le véhicule de plusieurs kilogrammes et permet de meilleures économies d’essence. On a moins l’impression d’être ralenti par le système lorsque vient le temps d’appuyer ou de relâcher l’accélérateur.

L’expérience de conduite est également plus agréable avec la transmission manuelle, nous permettant d’exploiter davantage la puissance disponible. On retrouve donc dans l’ensemble un véhicule mieux équilibré et plus agile que la version à quatre roues motrices. Les pneumatiques sont également mieux adaptés à ce type de véhicule, probablement en raison du diamètre de 18 pouces qui procure un flanc de pneu de plus bas profil. Le freinage s’inscrit toujours dans la moyenne de la catégorie. On se surprend donc à conduire ce véhicule de façon ludique, tout en profitant d’un immense espace de chargement. L’Element n’a pour ainsi dire pas de rival côté design. Aucun autre véhicule ne présente un look aussi original. On peut assurément l’inclure dans la catégorie des véhicules « original, pratique, on aime ou on déteste », au même titre que les Chevrolet HHR et Chrysler PT Cruiser. Difficile donc de juger un véhicule seulement sur son apparence, car l’Element ne dévoile ses atouts qu’à ceux qui veulent bien en faire l’essai. Et c’est à ce moment qu’on oublie totalement sa forme extérieure.

FEU VERT

Silhouette originale
Version SC intéressante
Consommation raisonnable
Espace cargo impressionnant

FEU ROUGE

Places arrière limitées
Console centrale éloignée
Visibilité ¾ arrière réduite
Direction lourde

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