Nissan Altima, transformation obligatoire

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2005

Dans la nouvelle compagnie Nissan, les coches mal taillées ne demeurent pas longtemps sans remède. L'Altima est une preuve flagrante que ce constructeur est en mesure de réagir rapidement. Pourtant, à première vue, l'Altima 2004 semblait compétitive aux yeux d'une grande majorité, mais il suffisait de s'asseoir derrière le volant et de rouler pendant quelques kilomètres pour réaliser que cette berline arrivait de plus en plus difficilement à se faire justice. Non seulement les lacunes initiales demeuraient criantes, mais une concurrence rajeunie était de plus en plus difficile à contrer. Ce qui explique donc pourquoi cette berline qui a fait tout un tabac à son arrivée en 2002 est l'objet de plusieurs modifications dignes de mention.

Il est tout d'abord intéressant de constater que la silhouette a été altérée afin d'établir une harmonie visuelle avec la Maxima qui a fait peau neuve l'an dernier. Et ce, malgré le fait que la silhouette de l'Altima ait été jugée spectaculaire il y a trois ans. Voilà qu'elle s'était affadie en comparaison avec les autres produits Nissan. La calandre est donc similaire à celles utilisées sur les autres nouveaux produits Nissan, le capot a été surélevé tandis que les phares de route et les feux arrière sont dorénavant dotés de nouvelles lentilles ambrées. De nouvelles jantes ainsi que des modifications à la carrosserie destinées à accentuer la silhouette en forme de coin viennent compléter cette révision esthétique.

Les responsables de cette transformation n'ont pas ignoré l'habitacle qui était la source de bien des critiques. Les propriétaires étaient insatisfaits de la qualité des tissus, de l'ajustement des pièces en plastique, de la texture des matériaux et surtout, de la présentation de la planche de bord qui était à revoir. Nous ne pouvons accuser Nissan de ne pas être à l'écoute de ses clients puisque le tableau de bord a été remanié, le tissu du pavillon remplacé et les sièges redessinés. Bref, les économies de bouts de chandelle effectuées dans l'habitacle de la version précédente ont été remplacées par des matériaux convenables. Le volant est à trois branches comme tous ceux de la famille des berlines Nissan tandis que les cadrans sont plus lisibles. De plus, la console centrale a été remodelée afin d'offrir plus d'espace aux occupants des places avant.

Et tant qu'à réviser l'esthétique pourquoi ne pas jouer dans la mécanique ? L'incontournable moteur V6 de 3,5 litres a été l'objet de plusieurs changements de détails, tant et si bien que sa puissance a augmenté de cinq chevaux et de trois lb-pi de couple. Ce ne sont pas des chiffres spectaculaires, mais chaque petite amélioration permet d'obtenir un véhicule plus homogène. Si la plupart des chroniqueurs n'ont fait état que du moteur V6, il faut insister sur la présence d'un moteur quatre cylindres en ligne de 2,5 litres dont la puissance est de 175 chevaux. Cette écurie est supérieure à la moyenne de la catégorie pour un moteur quatre cylindres. Il est bien entendu couplé à une boîte manuelle à cinq rapports sauf sur le modèle SL qui ne propose que la transmission automatique à quatre rapports. Pour les moteurs V6, la boîte manumatique à cinq vitesses permettant les passages des rapports en mode manuel est de série sur le 3,5 SL et optionnelle sur la 3,5 SE.

Il est important de souligner que l'Altima à moteur quatre cylindres diffère beaucoup de la version avec moteur V6. Le moteur 2,5 litres limite les performances. Malgré tout, le 0-100 km/h est atteint en moins de 9 secondes. Mais à défaut d'accélérations tonitruantes, cette berline propose une meilleure maniabilité, un sous-virage moins important et l'absence presque totale d'effet de couple dans le volant. De plus, sa consommation de carburant est moins dommageable pour votre porte-monnaie. Le moteur V6 est plus puissant, plus silencieux, mais il est responsable d'un important effet de couple dans le volant et la voiture est moins agile dans les courbes serrées.

Même si Nissan ne dévoile pas les changements apportés aux autres organes mécaniques, la tenue de cap des deux versions est plus stable tandis que l'essieu arrière semble moins affecté par le mauvais revêtement de la chaussée.

Surprise ! Une SE-R !

Si la tristounette Sentra ne se prête pas tellement à une version SE-R, c'est une toute autre chose pour l'Altima dont la silhouette, la plate-forme et le moteur semblent avoir été concoctés pour une telle version. Comme toute berline sport qui se respecte, la présentation extérieure est différente des modèles courants. Cette fois, les stylistes ont créé une présentation exclusive pour les parties avant et arrière en plus de placer un aileron monté sur le couvercle du coffre. L'utilisation de pièces en chrome foncé en plus des deux tuyaux d'échappement chromés constituent la signature visuelle de cette voiture.

Au moment d'écrire ces lignes, la puissance du moteur V6 de 3,5 litres n'a pas encore été annoncée, mais il est certain qu'elle dépassera les 250 chevaux de la version régulière. L'acheteur pourra également choisir entre une boîte manuelle à six rapports ou une automatique à cinq rapports. Et pour transmettre cette puissance au bitume, les ingénieurs ont fait appel à toutes les astuces habituelles en utilisant des amortisseurs plus fermes, des jantes de 18 pouces, des pneus d'été à profil bas de cote de vitesse « W ».

Compte tenu des problèmes antérieurs de l'Altima en fait d'intégrité de caisse, nous sommes en droit de nous interroger sur ce qui se passera sur cette version en raison d'un train roulant plus rigide que précédemment, et de pneus à profil bas transmettant presque directement les imperfections de la chaussée à la caisse. Nous saurons au cours des mois à venir quelle aura été l'étendue des modifications apportées à la plate-forme et à la carrosserie.

En attendant, il faut admettre que les ingénieurs de Nissan ont effectué du bon travail afin de remettre cette berline au goût du jour et de corriger les principaux défauts de jeunesse.

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