Acura MDX, un pachyderme sur quatre roues

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2004

Acura MDX, un pachyderme sur quatre roues Comme la plupart des produits arborant l'emblème Acura, le véhicule utilitaire MDX mise sur une jolie silhouette et une fiche technique passablement relevée. Pour dessiner une carrosserie aussi typée, les stylistes d'Acura disent s'être inspirés des formes d'un animal. Lequel ? Le rhinocéros, pardi ! Chaque fois que je croise ce quadrupède sur roues, je tente de percevoir dans cette masse d'acier de plus de 2 tonnes la physionomie de ce mammifère dinosaurien?

J'ai du temps à perdre ? Pas du tout. Quand on voyage avec de jeunes enfants, tous les passe-temps sont bons pour distraire la marmaille. Qui plus est, ces jeux sont plus amusants que les systèmes de divertissement vidéo et DVD qui garnissent les véhicules de luxe dont le seul mérite est de désintéresser nos jeunes générations de regarder et de comprendre ce qui se passe sur les routes. Quelle sorte de conducteurs sommes-nous en train de former ? Oui, je sais, c'est un autre débat, et long. Alors revenons à nos moutons ? Eh bien oui ! À certains égards, le MDX peut effectivement ressembler à un rhinocéros. Mais attention ! Pas à n'importe lequel. À celui d'Afrique ? Non. À l'un de mes neveux ? J'hésite. Mais je compte une corne de plus sur sa tête et il tient une fourche, le petit diable ! À celui d'Asie ? Oui, tout à fait.

Sous ses airs de jeune premier, le MDX entame tout de même sa troisième année de commercialisation. Depuis son arrivée, il ne s'est pas gêné pour faire mordre la poussière à plusieurs vétérans qui commandent un prix beaucoup plus élevé. À vrai dire, des joueurs établis comme les BMW X5 3,0, Infiniti QX4, Lexus RX 300 et Mercedes-Benz ML320 ont dû se surveiller de près pour éviter d'être rétrogradés aux mineures par leurs partisans. J'exagère ? À peine. Si le MDX a eu la vie facile au cours des dernières années, les choses pourraient changer cette année avec l'arrivée de plusieurs nouveaux modèles. En effet, les nouvelles recrues que sont les Lexus RX 330, Volkswagen Touareg et Volvo XC90 ne sont pas piquées des vers. De plus, BMW a levé le voile au Salon de Francfort sur un X5 passablement peaufiné. À vrai dire, il devra subir quelques changements s'il veut demeurer en tête du peloton. Pour cette année, le MDX se contente de quelques retouches ici et là. Rien pour écrire à sa mère.

À l'instar de son jumeau le Honda Pilot, le MDX est basé sur la plate-forme de la fourgonnette Odyssey. Ainsi, il partage avec ces derniers différentes pièces mécaniques et structurales dont une excellente boîte automatique à cinq rapports et un moteur V6 de 3,5 litres VTEC signé Honda. Noblesse oblige, le V6 du MDX développe 265 chevaux (5 de plus que l'an dernier) comparativement à 240 chevaux sous le capot du Pilot et de l'Odyssey. Qui plus est, le MDX troque également avec le Pilot son système de rouage intégral dit « intelligent » VTM-4. Reconnu pour sa sophistication, ce système gère le couple entre les quatre roues motrices pour obtenir une adhérence optimale en tout temps et une faible consommation d'essence.

À l'instar des starlettes de la catégorie, le MDX n'a pas été conÇu pour rouler hors route. Il se sent plus à l'aise sur le bitume où il affiche un comportement routier plutôt rassurant grâce à sa bonne motricité, à son système de stabilité latérale (VSA), à ses réglages de suspensions, à ses freins à disque aux quatre roues, et à la précision de sa direction. Qui plus est, le châssis a été rigidifié de 35 % l'an dernier. Si les passagers veulent participer à un safari photo (il est conseillé d'éviter la savane, surtout en période de rut du rhinocéros), le MDX est en mesure de faire amende honorable. Pour affronter les pentes et les ornières, les ingénieurs ont pris soin d'inclure dans le rouage intégral VTM-4 un mécanisme permettant de répartir équitablement le couple entre les roues avant et arrière. Toutefois, ce système se désengagera de lui-même à partir de 30 km/h et son efficacité est moindre que celle du mode « Lo » d'un vrai 4X4. Par ailleurs, malgré sa garde au sol élevée, le MDX ne peut être considéré comme un vrai tout-terrain. L'absence d'une boîte de transfert et de plaques de protection sous la mécanique ne joue pas en sa faveur. Mais entre nous, qui voudrait abîmer un « quatre-quatre » de 50 000 $ en terrain accidenté ?

Sept passagers

Par rapport aux BMW X5 et Mercedes ML, l'habitacle du MDX est plus vaste. Les sièges avant et la première banquette arrière accueillent confortablement cinq adultes. Située complètement à l'arrière, une deuxième banquette escamotable peut recevoir deux passagers supplémentaires. Toutefois, comme nous avons pu le constater lors d'une excursion où sept adultes se sont entassés dans l'antre de la bête, la troisième banquette ne convient qu'à des gens de petite taille qui ne souffrent surtout pas de claustrophobie.

Conclusion

Afin de ne pas se faire déclasser par la concurrence, les parties avant et arrière du MDX subissent quelques retouches esthétiques en 2004. De même, l'équipement de série est plus complet. On remarque la présence de nouveaux rideaux gonflables latéraux, de nouvelles jantes, d'une chaîne audio plus puissante et d'un système d'avertissement de basse pression des pneus.

Par rapport à la concurrence, le MDX est offert à un prix unique. Compte tenu de ses nombreux accessoires et équipements, il s'agit de l'un des meilleurs rapports équipement/prix sur le marché. Ce à quoi les constructeurs allemands et américains semblent incapables de répliquer. Morale de l'histoire : soyez assuré que ce pachyderme sur quatre roues vous en donnera pour votre argent.

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