Toyota Prius, si l'écologie vous intéresse

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2003

À force de subir les caprices de dame Nature qui se permet de nous offrir l'été en hiver et l'hiver en été dans certains coins de la planète, il faut vraiment être débranché de la réalité pour ne pas s'intéresser à l'environnement. Tandis que plusieurs compagnies nous font miroiter des prototypes de véhicules ultrapropres appelés à apporter une partie de solution au réchauffement de la planète dans quelques années, la compagnie Toyota commercialise un tel véhicule depuis trois ans maintenant.

Pourtant, même si l'alimentation bio connaît de plus en plus d'adeptes et que les mouvements politiques verts gagnent en popularité, les ventes de la Toyota Prius demeurent confidentielles. Incidemment, il semble que Toyota Canada ait une conscience écologique plus sensible que celle de son vis-à-vis des États-Unis qui se contentait jusqu'à tout récemment d'offrir cette berline à propulsion hybride sur Internet. Bref, pour parodier une chanson populaire : « Tout le monde veut une voiture plus propre, mais personne ne veut en acheter une. »

Il est vrai qu'un prix frôlant les 30 000 $ pour une auto de catégorie compacte n'est pas ce qu'il y a de plus attrayant. D'autant plus que ni la silhouette, ni le confort de l'habitacle, ni même les performances ne peuvent justifier un tel prix. Mais il ne faut pas évaluer cette voiture par rapport aux autres. Ses acheteurs doivent avoir une conscience sociale supérieure à la moyenne et accepter de payer le prix nécessaire pour assainir l'air que nous respirons. Par la suite, ils peuvent porter un jugement sur le véhicule en tant que moyen de transport.

Une mécanique éprouvée

Il est certain qu'une voiture dont le groupe propulseur combine un moteur à essence conventionnel à un moteur électrique n'est pas de nature à rassurer ceux qui privilégient la fiabilité avant l'écologie. Pourtant, même s'il faut beaucoup de mots pour expliquer le fonctionnement de cette berline à moteur hybride agissant en parallèle avec un moteur électrique, la fiabilité de cette mécanique est plutôt rassurante. En effet, le moteur à essence 4 cylindres de 1,5 litre est semblable aux autres moteurs à combustion interne de Toyota, et donc fiable. Les moteurs électriques, pour leur part, n'affichent aucun problème de fiabilité. Les faire fonctionner en parallèle ne pose pas de problème particulier non plus. Ce sont plutôt les algorithmes des modules de commandes électroniques qui gèrent cette cohabitation. Il faut également savoir que ce modèle est commercialisé au Japon depuis 1997 et que les quelques petits ennuis mécaniques qui ont pu survenir ont été réglés depuis ce temps.

Pour le reste, la fiche technique se révèle assez conformiste avec une caisse autoporteuse, une suspension arrière à poutre déformante, une direction à crémaillère, des freins à disque à l'avant et à tambour à l'arrière. Les freins récupèrent l'énergie provoquée par le freinage tandis que les roues avant sont entraînées par une transmission à rapport continuellement variable, elle-même reliée au moteur électrique.

Plus écolo que passionnante

En général, le prix plus élevé d'une automobile permet de compter sur des performances et une tenue de route supérieures à la moyenne. Dans le cas de la Prius, cette facture plus corsée se justifie par une consommation de carburant inférieure à la moyenne et un indice de pollution moins élevé. Dans le premier cas, c'est facile à vérifier : les visites à la pompe sont espacées. Dans le second cas, il faut faire confiance aux chiffres fournis par Toyota.

Curieusement, la Prius est l'une des rares voitures sur le marché qui consomme moins en ville que sur la grand-route. En effet, la consommation observée en ville a été de 4,6 litres aux 100 km tandis qu'elle était de 5,6 sur l'autoroute. C'est facile à expliquer puisque cette berline est beaucoup mieux adaptée à la circulation urbaine. Son moteur électrique permet d'économiser du carburant lorsqu'on roule à basse vitesse, alors que le moteur à essence est peu sollicité. D'ailleurs, dès qu'on met la clé de contact et qu'on veut lancer le moteur, c'est un silence impressionnant qui nous accueille puisque le moteur électrique est toujours activé en premier.

Le plus fascinant dans cette voiture, c'est le passage transparent du moteur électrique au moteur à combustion et le fonctionnement simultané des deux. Sans l'écran d'information placé au centre du tableau de bord, personne ne pourrait deviner quel mode est engagé. La présence d'une transmission à rapport variable est en partie responsable de ce phénomène. Soulignons au passage que l'habitacle est spacieux et que les places arrière permettent à deux adultes de s'asseoir confortablement.

Si les écologistes y trouvent leur compte, les amateurs de conduite vont rester sur leur appétit. Il est vrai que la Prius se montre agile en ville, mais il faut s'habituer à des freins parfois imprévisibles et à une direction un peu trop assistée. Enfin, ce n'est pas la voiture idéale pour effectuer des dépassements serrés, car il faut se contenter d'accélérations et de reprises assez pauvres. Il faut considérer la Prius comme une voiture urbaine et de banlieusard. Si vous devez effectuer de nombreux voyages sur de longues distances, vous découvrirez que son comportement sur l'autoroute n'est pas tellement réjouissant. En plus d'être sensible au vent latéral, elle se retrouve souvent à bout de souffle lorsque vient le temps de grimper une côte ou de doubler. De plus, les passages en mode « essence » et « électrique » se traduisent par de légers changements de vélocité qui agacent à la longue. Enfin, ni la distance de freinage ni la progressivité des freins ne sont le point fort de la voiture.

Fascinante sur le plan technique, d'un agrément de conduite acceptable en ville et médiocre sur la grand-route, la Prius est une voiture qui plaira aux verts mais qui décevra les autres. Compte tenu de sa faible popularité, il faut en conclure que les écolos sont rares dans notre pays.

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