Mercedes-Benz Classe G 2011: Machine à voyager dans le temps

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2011

Au cours des dernières années, la compagnie Mercedes-Benz a pratiquement transformé toute sa gamme de modèles, sauf un. En effet, depuis son arrivée sur notre continent, les années se succèdent et les véhicules de la Classe G demeurent inchangés. C’est d’autant plus anachronique qu’il s’agit du plus vieux modèle de cette marque offert sur notre marché. Ce vestige des années 70 se démarque par ses formes ultra carrées, son centre de gravité très élevé et son allure de baroudeur à nul autre pareil.

Malgré ses origines lointaines, ce modèle jouit d’une grande popularité auprès des gens qui ont les moyens de se payer un tel mastodonte. En effet, ce n’est pas tout le monde qui peut débourser 100 000 $ et plus pour un vestige du passé. Même si le premier modèle appelé Gelandewagon à été conçu il y a plus de trois décennies, il ne faut pas oublier de souligner que des améliorations aux chapitres de l’équipement, des accessoires (visant à améliorer le confort) et des groupes propulseurs (plus modernes) se sont succédés au cours de cette période, afin d’offrir le maximum de confort et de capacité hors route.

Comme jadis

Il y a toujours des personnes qui ont la nostalgie du passé. Pour eux, la Belle Époque était celle où les produits de consommation et les véhicules moteurs en particulier étaient plus solides, plus pratiques et même plus agréables à conduire. Ces gens ne se souviennent que des éléments positifs et oublient les irritants.  L’avantage du véhicule qui nous concerne, est qu’il est possible d’acheter ce vestige du passé avec la technologie d’aujourd’hui. Il s’agit donc d’un véhicule fabriqué sur un châssis autonome, afin d’avoir toute la robustesse nécessaire. Il faut se souvenir que le Gelandewagon a été initialement conçu pour les forces policières argentines et l’armée allemande. Ces origines pour le moins utilitaires expliquent la présence des parois latérales ultra plates, des pentures extérieures visibles et la minceur des portières. Lorsqu’on ferme celle-ci, on entend un bruit sec comme si on fermait une porte de coffre-fort.

Une fois à bord, il est étonnant de constater que l’espace réservé pour les coudes est assez réduit malgré les dimensions extérieures du véhicule. Par contre, aucun problème pour le dégagement de la tête. Bien entendu, comme toute Mercedes-Benz qui se respecte, la qualité des matériaux et de la finition est impeccable. De plus, au fil des années, la présentation intérieure s’est étoffée et s’est raffinée. On y retrouve tout ce qui est nécessaire pour le confort moderne. On ne peut s’empêcher d’imaginer quelles ont été les acrobaties techniques des ingénieurs, afin que soient insérés des éléments ultramodernes dans une carrosserie conçue il y a plus de 30 ans. Soulignons au passage que l’inclinaison du pare-brise est très minime, ce qui explique en partie que le coefficient de pénétration dans l’air n’est absolument pas aérodynamique. Finalement, bien que les sièges soient très luxueux et que l’habitabilité soit bonne, on a toujours l’impression d’être à bord d’un véhicule converti tant bien que mal à partir de quelque chose de très costaud et de très primitif. Ceci est un tour de force en soi.

Rien ne l’arrête

Nul besoin d’insister sur le fait que les acheteurs de ce gros VUS ne l’achètent pas pour ses qualités sportives ou sa vitesse de pointe. Ce sont plutôt pour sa robustesse tous azimut et ses capacités de conduite hors route. En effet, même si les BCBG en ont fait un habitué de Rodeo Drive à Beverley Hills, le « G » est capable de franchir pratiquement n’importe quel obstacle. Son rouage intégral permanent 4Matic n’est pas aussi costaud que celui disponible il y a quelques années, mais son efficacité a été démontrée à plusieurs reprises.

Le modèle de base, même si cette appellation fait sourire, est le G550 propulsé par un moteur V8 de 5,5 litres d’une puissance de 382 chevaux et couplé à une transmission automatique à sept rapports. Cette combinaison permet de boucler le 0-100 km/h en 9,7 secondes, ce qui est impressionnant compte tenu de son poids de 2 500 kg !

Pour répondre aux demandes de celles et ceux qui ne peuvent se contenter que du maximum à tous les égards, les ingénieurs ont concocté la 55 AMG avec son moteur V8 de cylindrée quasiment égale, mais produisant 500 chevaux grâce à la suralimentation. Ce monstre de puissance et de couple est offert avec une transmission automatique à cinq rapports, la seule assez robuste chez ce constructeur pour pouvoir gérer cette puissance. Bien entendu, les temps d’accélération sont égaux à ceux d’une voiture sportive de haut niveau, car on atteint 100 km/h, départ arrêté, en 5,5 secondes. Heureusement, on a eu la sagesse chez Mercedes-Benz de limiter la vitesse de pointe à 190 km/h pour la G550 et à 210 km/h pour la 55G.

Même avec toute cette puissance sous le capot, le comportement routier s’apparente davantage à celui d’un camion qu’à celui d’une grande sportive. De plus, la direction n’offre pas vraiment un bon feed-back de la route. Sans oublier, ce centre de gravité élevé que l’on doit toujours avoir en tête lorsqu’on décide d’augmenter la vitesse sur une route parsemée de virages.

Feu vert

Moteur puissant
Équipement complet
Habitacle luxueux
Comportement hors
route exceptionnel
Finition impeccable

Feu rouge

Consommation hors norme
Espace limité pour les coudes
Centre de gravité est élevé
Conception vétuste
Faible visibilité arrière

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