Ford Flex 2011: Y'a de la place en masse dans mon Jacuzzi…

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2011

Le Flex est une autre preuve que Ford a le vent dans les voiles. Alternative rieuse à la traditionnelle minifourgonnette, le véhicule excelle lorsqu’on l’équipe du V6 biturbo Ecoboost. Même si, pour cela, il faut allonger un tiers de plus en dollars… N’est-ce pas qu’on s’habitue à ce style radical, à ces rainures de flanc et à ce toit (optionnel) à la couleur distincte du reste de la carrosserie ? On s’habitue, mais le design du Flex reste frappant et se démarque agréablement d’un paysage automobile où, finalement, tous les utilitaires en viennent à se ressembler.

De base (sous les 30 000 $), le Flex est doté d’un V6 de3,5 litres qui développe 262 chevaux. C’est limite pour ce véhicule plutôt lourdaud – il fait osciller la balance d’environ 250 kilos de plus que l’Edge, avec qui il partage sa motorisation. Le 0-100 km/h demande au minimum neuf secondes et les reprises s’essoufflent vite, même avec un seul occupant à bord (imaginez quand la maisonnée est pleine…). La donne aurait pu être facilitée par un passage manuel des vitesses pour redistribuer la puissance à convenance, mais la boîte automatique six rapports n’en propose toujours pas.

Pour ce faire, il faut le moteur Ecoboost et alors seulement, on peut négocier soi-même les six rapports à l’aide de commandes au volant. Ces dernières ne sont pas instinctives (lisez notre texte sur le Lincoln MKT) mais au moins, la possibilité du changement à volonté existe. Cet Ecoboost ajoute au V6 de 3,5 litres non seulement la double (double !) turbocompression, mais aussi l’injection directe, pour des reprises douces et instantanées. Ah, là, tu parles d’une belle modernité… avec, en prime, une belle sonorité grondante ! Sous l’emprise de ces 355 chevaux (et quand même 350 lb-pi de couple), le Flex se démène de 0 à 100 km/h en deux secondes plus vite. Bon, Ford a beau vanter les mérites écologiques de cet Ecoboost qui, pour 40 % plus de puissance, est censé ne consommer guère plus que le V6 à aspiration naturelle, mais avec cette vigueur sous le pied droit, difficile de s’en tirer avec un combiné sous les 14 l/100 km.

Étrangement, la direction qui se fait électrique avec l’Ecoboost (elle demeure hydraulique avec le V6 de base) est plus intéressante à manier parce qu’on lui sent moins de flou en son centre. En présence d’une aussi looonnngue silhouette (plus de 5 mètres), on ne doit pas s’attendre à une quelconque inspiration des voitures de course. Même que chaussé des optionnelles roues de 20 pouces, notre Flex Ecoboost nous a un peu trop mollement « secoué le canadien » et en virage serré, il faut manifestement faire preuve de prudence. Le freinage est efficace, mais on en est quitte pour un museau qui plonge si on en fait usage brusquement.

C’est en dedans qu’on est beau…

Le Flex a tout le côté fonctionnel auquel on est en droit de s’attendre d’un véhicule du genre, avec notamment des banquettes qui se replient facilement (vive la commande automatique !) et de pratiques et nombreux rangements. Une fois la 3e rangée disparue dans le plancher, on retrouve autant de chargement que dans un utilitaire conventionnel, alors imaginez tout l’espace obtenu en rabattant la seconde banquette… Sans doute préférerezvous, comme nous, la version six passagers ; les sièges capitaines du centre sont aussi confortables que ceux à l’avant et ils ont le bonheur de s’avancer et se reculer, afin d’accorder encore plus de place aux occupants de la 3e rangée. Ces dernières places du fond ne sont généralement pas les meilleures en ville, mais elles ont ici le mérite d’un dégagement suffisant aux têtes pour que des adultes de taille moyenne y trouvent leur compte.

On aime peu les plastiques rêches et ça, Ford semble l’avoir compris. Voilà pourquoi les quelques revêtements de moyenne facture se retrouvent dans des endroits peu fréquentés par le bout des doigts. Le tout est bien assemblé et la planche de bord, nette et aérée, permet de vitement se familiariser avec les commandes.

Les sièges avant sont larges et confortables, bien qu’il leur manque du soutien pour nous empêcher d’en glisser latéralement. Merci aux grandes baies vitrées, de même qu’à l’optionnel toit panoramique (quatre panneaux de verre au toit), l’habitacle tout entier est bien éclairé. On ne reproche qu’un gros pilier B qui vient empirer les angles morts du conducteur. Depuis l’an dernier, le volant se fait télescopique, ce qui aide à dénicher la bonne position de conduite. Et on est encore plus gâté avec les pédales ajustables, disponibles dans les versions plus luxueuses.

Ecoboost : allÔ la facture…

De base, le Flex se montre raisonnablement bien équipé pour le prix. Mais la facture grimpe du tiers si on se laisse convaincre par l’Ecoboost. Dommage que cette belle motorisation se réserve exclusivement à la version Limited avec traction intégrale. On a alors évidemment droit à la totale, avec ces gizmos qu’on aime bien : cuir, hayon électrique, phares au xénon, radio satellite et stationnement automatisé. Mais si l’on ajoute le toit panoramique, le système de navigation, les sièges chauffants à l’arrière (oui, oui !), la console réfrigérée et les roues de 20 pouces, nous voilà dans les 55 000 $. Nous est donc d’avis qu’une version Ecoboost pourrait s’amener plus rapidement dans l’échelle des options.

Feu vert
Style carré et radical : on aime !
Aussi pratique qu’une
minifourgonnette.
Beaucoup, beaucoup
d’espace en 2e rangée
Habitacle bien conçu
Bon niveau d’équipements

Feu rouge
Motorisation limite (V6 de base)
Insonorisation moyenne dans
les versions de base
Consommation en carburant
plus élevée qu’annoncée
Moteur Ecoboost réservé à la
variante Limited AWD

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