Infiniti M 2011: Toujours l'image !

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2011

Il fut une époque où des marques moins prestigieuses réussissaient à obtenir des parts de marché plus que raisonnables chez les berlines de luxe. Les acheteurs accordaient moins d’importance au logo, alors que le produit ou les convictions semblaient primer un peu plus. De nos jours, plus on grimpe dans l’échelle des voitures de luxe, plus le logo, l’image et le prestige associés à une marque s’avèrent des éléments importants pour les acheteurs.

Alors que Infiniti a réussi à s’imposer un peu mieux avec sa gamme G, la M a toujours eu de la difficulté à se tailler une place de choix au royaume des berlines de luxe, face à des voitures comme la Mercedes-Benz de Classe E, la BMW de Série 5 ou la Audi A6. Malgré tout, la M est arrivée à séduire en raison de son style réussi, de ses dimensions généreuses et de sa conduite relativement emballante. C’est sans doute la M35x équipée du rouage intégral qui aura généré la majeure partie des ventes, un véhicule relativement abordable, mais surtout très bien adapté aux goûts des acheteurs.

Une nouvelle génération

Histoire de revitaliser sa berline porte-étendard, Infiniti nous présente pour 2011 la troisième génération de la M, un nouveau modèle entièrement revu, tant au chapitre mécanique qu’esthétique.  Comme c’était le cas avec l’ancienne génération, deux versions sont retenues pour le moment. Le modèle de base M35 fait donc place à la toute nouvelle M37, cette dernière adoptant le nouveau V6 de 3,7 litres greffé à bord de plusieurs nouveaux modèles Nissan et Infiniti. Malgré qu’il n’offre toujours pas l’injection directe, ce moteur s’avère plus qu’intéressant et ses 330 chevaux procurent à la voiture un comportement sportif à souhait.  Bien entendu, la M37x, avec son prix majoré d’environ 2 500 $, est certainement celle qui retiendra le plus l’attention grâce à son rouage intégral, une configuration qui représente, dans le cas de la M, près de 80 % des ventes au Canada.  Les amateurs de performances pourront se tourner vers la toute nouvelle M56, cette dernière succédant à la précédente M45 au chapitre des bombes de luxe. Ce V8 de 5,6 litres offrant l’injection directe trouve ici une première application chez le constructeur, qui vient également de le rendre disponible à bord du nouveau Infiniti QX 2010. Léger et moderne, ce moteur développe une puissance de 420 chevaux et un couple de 417 lb-pi, soit une puissance qui permet à la M56 2011 de se frotter aux grosses pointures du créneau en termes de chiffres.

Un bon coup au chapitre du style ?

La M 2011 délaisse les lignes un peu plus classiques de la précédente génération pour adopter un style plus fluide et dynamique.  En fait, on retrouve plusieurs éléments qui semblent inspirés du FX, le VUS haut de gamme du constructeur. On remarque indéniablement la ceinture de caisse élevée, les parties vitrées plus réduites, mais c’est surtout l’avant avec calandre à arche double, typique de l’Infiniti, qui procure cet effet, tout comme la grille à motif de vagues. Bien entendu, les jantes mettent bien en valeur la sportivité de la voiture et rehausse son style et ce, même à bord de la version de base.

Au chapitre des dimensions, la Infiniti M 2011 fait quelques gains et pertes. Elle conserve le même empattement, mais sa largeur a été augmentée de 55 mm, alors que sa longueur connaît un gain de 16 mm. À l’opposé, sa hauteur est réduite de 10 mm, élément qui contribue à lui donner un style plus trapu, surtout en raison de sa ceinture de caisse élevée. Certains apprécieront ses nouvelles lignes plus modernes, mais d’autres semblent préférer les lignes plus classiques de l’ancienne génération.  À l’intérieur, la nouvelle M propose aussi son lot de modifications, mais on se retrouve aisément puisque l’on reconnaît le style typique du tableau de bord de l’ancienne génération, surtout la partie centrale qui présente les commandes sur deux niveaux, tel un piano. Bon point pour Infiniti qui a décidé d’utiliser des commandes classiques et non pas un système de contrôle multifonctions tel qu’on en retrouve notamment chez BMW et chez Acura. En général, l’intérieur se veut supérieur à celui que l’on retrouvait dans la précédente génération, alors que l’on remarque la richesse des cuirs et des boiseries. Les coutures présentes ici et là rehaussent également l’aspect de l’habitacle et nous donnent réellement le sentiment d’être à bord d’une voiture de luxe.

Sur la route, on apprécie le confort et le silence de roulement de la M. Difficile d’avoir des reproches face à la M37 qui fait office de modèle de base. Ce moteur est l’un des plus intéressants sur le marché et à bord de la M, il offre amplement de puissance et de couple pour procurer une conduite dynamique. Ce moteur transmet sa puissance aux roues arrière via une excellente boîte à sept rapports, cette dernière favorisant également l’économie de carburant. En fait, malgré la puissance supplémentaire apportée par les deux nouveaux moteurs, la M 2011 affiche une consommation de carburant inférieure, soit environ 1,5 l/100 km en moyenne.

Si vous êtes amateurs des suspensions fermes et des directions ultra précises que l’on retrouve normalement chez les constructeurs germaniques, sachez que la M pourrait vous décevoir. Infiniti a préféré miser sur le confort et cet élément peut être compréhensible puisqu’il pourra avantager la M pour certains types d’acheteurs.  Par contre, on note l’absence de toute commande ou système permettant de moduler la fermeté de la suspension, ce qui aurait permis d’ajuster les réactions de la voiture en fonction des goûts du conducteur. Voilà un élément offert chez la concurrence.

Trop c’est trop !

Histoire de se démarquer de la concurrence, Infiniti semble avoir misé sur les assistants électroniques pour assurer votre sécurité.  On peut certes louer l’effort, mais parfois, trop c’est trop. Comme c’est le cas avec plusieurs autres véhicules, on retrouve un système de surveillance de l’angle mort qui vérifie la présence d’un véhicule dans les angles morts, mais dans le cas de la M, ce dernier est jumelé au système d’intervention sur l’angle mort, qui grâce au système de contrôle de traction, pourra faire revenir le véhicule dans sa voie en appliquant légèrement les freins. Ajoutez un système de contrôle de la traction assez intrusif merci et ne pouvant être entièrement désactivé, ainsi que quelques autres systèmes dont on vous épargne les détails, et vous obtenez en bout de ligne une voiture dont le plaisir de conduite est fortement inhibé.  Difficile dans ce contexte de véritablement profiter de la M56, qui avec ses 420 chevaux devrait rivaliser avec les grandes berlines sport de renom. À sa défense, cette dernière livre tout de même des performances appréciables et c’est surtout l’effet de « punch » une fois l’accélérateur enfoncé qui distingue cette motorisation.  Par contre, il faudra être prêt à voir une facture majorée de 14 000 $ pour obtenir ces quelques chevaux supplémentaires, ce qui nous semble passablement élevé.

Avec une telle débandade de systèmes d’aide à la conduite, il est difficile de comprendre pourquoi le constructeur n’a pas cru bon de munir la voiture de systèmes permettant de moduler la suspension, le temps de réponse de l’accélérateur ou bien la courbe de puissance. La seule nouveauté à ce chapitre est l’ajout d’un dispositif permettant de contrôler la transmission selon quatre modes : normal, sport, neige et éco, bien évidemment pour économie. En mode économie, on bénéficie de « l’éco-pédale », un système qui freine les ardeurs en appliquant une résistance sur l’accélérateur, mais il faut avouer que cela devient rapidement irritant et plusieurs décideront simplement de laisser la transmission en mode sport, là où elle semble le plus efficace.

Bien entendu, l’Infiniti M 2011 offre tout de même plusieurs éléments positifs, notamment son espace à bord et son confort sur route. Elle s’avère en général un produit très réussi susceptible de combler ses propriétaires. Par contre, son prix n’est pas des plus compétitifs par rapport à la concurrence et son logo n’a pas le prestige de plusieurs autres.

Feu vert

Consommation améliorée
Bon duo de moteurs
Habitacle soigné et raffiné
Bonne insonorisation

Feu rouge

Banquette arrière
non rabattable
Systèmes électroniques intrusifs
Peut devenir coûteuse
Logo pas aussi prestigieux que d’autres

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