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2,3 milliards...pour l'industrie automobile?

Est-ce que le principe d’une erreur n’est justement pas d'éviter de la répéter? Le gouvernement Carney vient de le faire : il reprend essentiellement le même programme de subventions pour l’achat de véhicules électriques qui avait été délaissé en janvier 2025, du jour au lendemain. J’avais réellement l’impression que l’industrie comme les grands décideurs avaient pourtant appris de la précédente situation en analysant plus profondément les impacts réels. Eh non…

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En fait, il faut clarifier en mentionnant que le plafond d’admissibilité à cette nouvelle subvention de 5 000 $ pour VÉ (ou de 2 500 $ pour les hybrides rechargeables) concerne les véhicules vendus moins de 50 000 $ (sauf pour les voitures fabriquées au Canada) et qu’il ne concerne que les véhicules provenant de pays avec qui le Canada a une entente de libre-échange. Cela dit, l’erreur se situe selon moi dans le message que l’on tente de passer à la population. Un message laissant croire que les acheteurs bénéficieront d’un « cadeau » de 5 000 $, alors que ces sommes se retrouveront directement dans les poches des constructeurs...

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Pourquoi cela? Il suffit de retourner dans le passé pour constater à quel point les fabricants ont abaissé leurs prix. Avec pour conséquence, une facture qui n’a jamais été aussi basse pour un VÉ qu’au moment d’écrire ces lignes. Le seul exemple du Chevrolet Equinox EV saute aux yeux : à l’automne 2024, son modèle de base vendu 51 525 $, coûtait mensuellement à l’achat sur 72 mois, et à un taux de 5,99%, la somme de 781 $ taxes incluses. Sans oublier l’ensemble des subventions qui totalisaient à ce moment, 12 000 $. Aujourd’hui, l’Equinox de base coûte 48 425 $, soit 3 100 $ de moins. On le finance à 0%, on lui octroie un rabais du constructeur de 7 000 $, ce à quoi s’ajoute la subvention provinciale de 2 000 $. Combien coûte-t-il mensuellement? Avec les taxes, 747 $. En fin de compte, environ 2 500 $ de moins que pour le véhicule pour lequel on se battait aux portes des concessionnaires, il y a tout juste 14 mois!

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Photo: Julien Amado

Vous souvenez-vous de l’engouement pour les VÉ? À l’époque où on nous disait qu’il fallait patienter deux ans pour - peut-être - espérer obtenir le véhicule désiré, financé à taux élévé et sans un sou de rabais? Une situation surréaliste qui avait eu pour conséquence de déstabiliser l’industrie en créant un marché hautement artificiel. Au fil des mois, les concessionnaires québécois avaient été inondés de VÉ qui, à partir de 2025, étaient soudainement devenus beaucoup plus difficiles à écouler.

De ce fait, les constructeurs ont dû mettre de l’eau dans leur vin, pour finalement proposer des offres leur permettant d’écouler des stocks devenus très lourds à supporter. Tranquillement, en 2025, l’industrie a compris qu’un marché non subventionné était de mise et qu’il était important d’offrir aux consommateurs ce qu’ils souhaitaient acheter. Les ventes de VÉ ont drastiquement chuté, alors que pourtant, les offres n’avaient jamais été aussi alléchantes. D’ailleurs, le cas de l’Equinox EV n’est pas unique. Il en va de même pour le Hyundai Kona Electrique, la Kia Niro EV, le Ford Mustang Mach-E. Nommez-les!

Photo: Kia

Sur cinq ans, le gouvernement Carney accorde donc 2,3 milliards de dollars à ce programme, en nous faisant miroiter de beaux rabais pour les consommateurs. Pour ce faire, il faudrait que l’Equinox EV de Chevrolet coûte réellement 5 000 $ de moins qu’en ce moment. Une facture finale, subventions et rabais manufacturiers inclus, qui passerait de 39 685 $ à 35 336 $ (5 000 $ étant en réalité 4 349 $ + taxes). Cela se traduirait donc, toujours à un taux de financement à 0%, par une mensualité sur 6 ans à 678 $ taxes incluses. Y croyez-vous? Moi, pas du tout. Vous pouvez être certain que GM réduira ses rabais et fera grimper ses taux. Car si le taux directeur oscille autour de 3,25%, cela signifie qu’un financement à 0% se traduit par un rabais supplémentaire.

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Le point positif

J’en suis convaincu, cette somme de 2,3 milliards puisée dans les poches des contribuables profitera surtout à l’industrie automobile, et non pas aux contribuables… Cela dit, cette subvention incitera peut-être les constructeurs à offrir des véhicules électriques plus accessibles et plus pragmatiques, que tous ces monstres à 80 000 $ ou 100 000 $ apparus au cours des dernières années. Des véhicules qui seront plus nombreux, et qui devront tirer leur épingle du jeu pour attirer les acheteurs. Surtout dans l’optique de l’arrivée prochaine d’une concurrence chinoise.

Photo: BYD

Maintenant, peut-on croire que les consommateurs se lanceront avec autant d’enthousiasme dans l’achat d’un VÉ comme ils l’ont fait en 2023 ou 2024? Probablement pas. En effet, si certains, aveuglés par ces faux rabais, y verront une occasion en or, il en sera autrement pour la majorité, qui risque d’être beaucoup plus analytique dans son choix. Bref, j’ose croire que si l’erreur se répète au gouvernement par la création d’une nouvelle subvention, elle ne se répétera pas nécessairement du côté des consommateurs. Certes, ils achèteront davantage de VÉ car l’offre sera plus grande et plus attrayante, mais ils achèteront en connaissance de cause et de façon réfléchie. Et non sous la pression d’une subvention à disparaître ou parce que certains médias tentent de leur enfoncer la voiture électrique dans la gorge…

Ainsi, si l’objectif du gouvernement Carney est de multiplier l’offre de véhicules plus accessibles, d’accord. Mais de grâce, que l’on ne tente pas de nous faire croire que l’argent des contribuables leur est retourné!

À voir aussi : Ottawa annonce le retour des aides à l’achat des véhicules électriques

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